Grève [victorieuse !] de la cuisine à l’Auberge Dab, Paris 16è

Auberge dab

Piquet de grève de l’Auberge Dab en grève le 12 février (photo LouizArt)

Au coeur d’un quartier bourgeois de Paris, les travailleurs cuisiniers, commis, plongeurs de la très chic Auberge Dab sont en grève depuis le 11 février. Le grève dérange et c’est tant mieux ! D’autant plus que leurs revendications restent une base pour une vie décente:

  • Arrêt de modifications des plannings sans respecter le délai de prévenance,
  • Augmentation collective des salaires pour les commis de cuisine 1950 € pour les ½ chef de partie 2100 € pour les chefs de partie 2600 € pour les plongeurs 1900 € pour les seconds de cuisine 3250 €,
  • Une prime d’ancienneté de 15 % du salaire par mois à partir de 3 ans dans l’entreprise,
  • Arrêt de l’utilisation des plongeurs pour faire le travail de cuisine,
  • Le respect du personnel dans ensemble,
  • Arrêt du retrait de 154 € au titre d’avantages en nature pour l’ensemble du personnel et application du même traitement pour tous soit 1 avantage en nature repas et 1 indemnité compensatrice repas,
  • La prise en charge totale des tenues des chefs de rangs, achat et nettoyage,
  • Nous demandons qu’avant d’embaucher d’autres chefs de partie de l’extérieur, les postes soient proposés en interne aux personnels qui sont déjà en poste et qui sont en capacité d’accéder à ces postes,
  • Un treizième mois de salaire.

Ce restaurant et trois autres du quartier appartiennent au même patron. Quand les baux commerciaux se négocient à plusieurs centaines de milliers d’euros dans ce quartier, il est incompréhensible de refuser une vraie augmentation des salaires ! Depuis le début de la grève, la direction a proposé seulement 100 € de plus !

Pour la plupart des travailleurs, il s’agit de leur première grève. Ils sont de tous âges et anciennetés dans cette entreprise. Certains ont même 20 ans de boîte et un salaire de 1200 € ! Ils sont déterminés et conscients de la nécessité de cesser ces conditions de travail indignes. C’est une lutte extrêmement importante et significative car dans le secteur de la restauration et la cuisine c’est la précarité qui règne (y compris chez les « étoilés », voir à ce sujet notre précédent article : « Le revers des médailles »).

Leur piquet est tenu et soutenu tous les jours, par la CGT Union Locale Paris 16e. Parce qu’une grève se gagne avec persévérance et soutien, ils ont besoin de nous !

Comme les militant-e-s de la Gauche Révolutionnaire, venez les soutenir sur leur piquet au 161 avenue de Malakoff, 75016. Métro/RER Porte Maillot.

Caisse de grève en ligne: https://www.lepotcommun.fr/pot/ouzgrakd

Faites passer l’info !

Pauline Isambert

 

EDIT : Après 4 jours de grève et un piquet dynamique devant le restaurant de l’Auberge DAB de la Porte Maillot, un accord a été conclu. Le personnel de cuisine a obtenu des augmentations conséquentes qui vont dès février de 55 à 250 euros mensuels, selon les qualifications. C’est notamment grâce à la lutte unifiée de la cuisine et de l’implantation de longue date de la section CGT Commerce que cette grève a pu être victorieuse rapidement. Nous saluons les camarades pour leur victoire, en espérant que cette lutte en entraînera d’autres !

Amazon licencie un salarié pour avoir soutenu les gilets jaunes : non à la répression !

greve_amazon_000-00_03_02_05-4075805A la plate-forme d’Amazon de Montélimar un salarié a été licencié pour « manquement à son devoir de loyauté envers sa société », suite à une publication Facebook soutenant les gilets jaunes et appelant au blocage économique, qu’il avait partagée sur son mur. Ce n’est pas la première fois qu’Amazon licencie un salarié pour ces raisons. En effet le 27 décembre dernier un salarié de l’entrepôt Amazon de Lauwin-Planque dans le Nord a subit la même répression de la part de son entreprise. D’autres licenciements pour des raisons semblables ont encore eu lieu par la suite.

Cette société, détenue par la première fortune mondiale – 137 milliards de dollars – Jeff Bezos, aimerait pouvoir exploiter librement ses employés, avec de plus petits salaires et des contrats de plus en plus précaires. Mais souhaiterait qu’en plus, ces mêmes salarié-e-s subissent sans rien dire et restent sagement à leur poste de travail plutôt que de défendre leurs droits, leurs vies, menacés par le système capitaliste, sous peine d’être viré-e-s pour faute grave.

Mêmes études = mêmes droits! Non à l’augmentation des frais d’inscription à la fac

c2aae0b_RUlNkubaLkJBTESaRoUAAc_RDans la continuité de la sélection à la fac mise en place par Parcoursup, le premier ministre Édouard Philippe a annoncé une augmentation des frais d’inscription pour les étudiants hors Union Européenne. Avec cette mesure discriminatoire, le coût des études passerait de 170 € à 2770 € pour une année de licence, et de 243 € à 3770 € pour une année en Master!

Cela va discriminer les étudiant‑e‑s étranger‑e‑s et touche très durement les pays à monnaie faible (Maghreb, Afrique noire etc.). Face à un tel scandale qui de fait est également raciste, la mobilisation a déjà commencé et plusieurs manifestations ont déjà eu lieu. Et on n’est pas naïfs, on sait très bien que si le gouvernement veut faire passer cette mesure, c’est pour augmenter les frais d’inscription de tout le monde après.

Nous revendiquons les études gratuites et de qualité pour toutes et tous, peu importe notre nationalité ou même notre âge. La fac, elle est à nous, elle doit être ouverte à toutes et tous !

Faisons de 2019 une grande année de lutte contre la politique de Macron

640x410_mardi-5-fevrier-des-manifestants-ont-defile-dans-les-rues-de-paris-a-l-appel-de-syndicats-mais-aussiMacron a annoncé lors de ses voeux qu’il maintiendrait le cap des réformes mais il a déjà perdu. Le plus jeune président sera aussi le plus rapidement illégitime. Il n’avait pas vu venir ce vaste mouvement populaire des gilets jaunes qui ne rentre dans aucune case et que personne ne contrôle. Il l’a traité avec mépris et répression, et se retrouve avec une révolte. Même les capitalistes du CAC 40 ont vu le danger. Ces grands patrons ont eu très peur en voyant des milliers de gilets jaunes « incontrôlables » voulant marcher sur l’Élysée et manifester dans leurs beaux quartiers. Ils ont appelé Macron pour qu’il cède un peu mais sont aussi venus à son secours car ils attendent encore beaucoup de lui et ils n’ont pas de remplaçant pour le moment.

Syrie, le dépouillement du moyen orient sur le dos des peuples

343f9ee_qPJqw5ZunJK8Tw5HWsBGpvb-La défaite de Daesh marque un tournant qui sera encore au détriment de la population et des Kurdes. L’actualité c’est le retrait des troupes US de Syrie annoncé par Trump. Cette annonce a été vécue comme une trahison par les Kurdes. En effet, les frappes de l’armée US ont aidé les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, en partie dirigées par les unités de défenses kurdes, les YPG-YPJ) à combattre Daesh – qui, contrairement à ce que dit Trump, n’est pas totalement vaincu. Il y a encore des poches de résistance à l’Est du pays et en Irak, ce qui permettrait à ces barbares de revenir terroriser et piller les populations.

Changer réellement la société!

GJ jaccuseMacron, le 31 décembre dernier, a voulu faire peur en qualifiant de « foule haineuse » les « gilets jaunes » mobilisés. La classe dominante tente de serrer les rangs mais est affolée devant les dimensions révolutionnaires du mouvement actuel. Elle multiplie les provocations et entend restreindre encore nos libertés démocratiques, comptant sur un essoufflement pour le moment peu probable mais pour combien de temps. Comment avancer ? Le mouvement doit s’unifier autour de revendications claires, qui s’attaquent vraiment aux ultra-riches et aux capitalistes, et se doter de structures démocratiques permettant de décider collectivement.

Non aux bas salaires et autres injustices!

Les inégalités croissantes, les salaires trop bas, c’est notre problème principal. Les actions des gilets jaunes contre les multinationales comme Amazon ou la grande distribution symbolisent cela. Il faut donc prendre sur leurs profits et réclamer une hausse immédiate des salaires, du SMIC à 1800 € net. C’est la première des revendications, celle qui nous unit tous et toutes.

Article publié dans l’Egalité 193