Université d’été du CIO : La crise capitaliste mondiale et la lutte de classe

‘Nous nous tenons au seuil de grandes convulsions, les plus grandes de l’histoire mondiale, les puissants mouvements auxquels nous assistons ne sont que les précurseurs.’’ Voilà comment Peter Taaffe (membre du Secrétariat international du Comité pour une Internationale Ouvrière, CIO) a décrit la situation internationale actuelle lors de l’édition 2013 de l’école d’été du CIO au cours de la session plénière intitulée “Le monde capitaliste dans la tourmente – la crise et la lutte de classe aujourd’hui”. Les “puissants mouvements” dont il parlait sont les énormes mouvements de masse en Turquie, au Brésil, en Égypte et en Afrique du Sud qui se sont produits au cours de l’année écoulée et qui ont démontré la puissance colossale des masses une fois qu’elles partent en action. Ces mouvements ont pris le relais des manifestations contre l’austérité qui ont enflammé l’Europe ces dernières années.

Les occupations massives des places en Turquie ont été suivies par une action de masse de la part de la classe ouvrière. Des millions de personnes se sont mobilisées en Égypte pour le renversement du président Morsi, bien plus qu’au cours du déclenchement de la révolution il y a deux ans, bien que l’absence d’une direction indépendante de la classe des travailleurs ait aidé les chefs de l’armée à se saisir de cette occasion pour se réinstaller au pouvoir. La lutte entre les forces de la révolution et de la contre-révolution n’est toutefois pas terminée. Au Brésil, les manifestations de masse qui ont débuté en tant que protestation contre la hausse du prix des transports publics ont fait descendre la population de 120 villes dans la rue. À un moment, plus d’un million de personnes étaient dans les rues. Ils ont forcé le gouvernement à reconnaitre les immenses problèmes sociaux qui ravagent le pays.

Dans le passé, de tels mouvements en Amérique latine auraient pu conduire à des idées de “guérilla”, mais l’Amérique du Sud est aujourd’hui le continent qui a la plus grande urbanisation : 84 % de sa population vit en ville. La classe ouvrière et les pauvres des villes constituent l’écrasante majorité de la population et guident les mouvements de masse, bien que ces mouvements aient également leurs répercussions dans les zones rurales. Ce sont ces énormes changements qui sont en train de préparer les forces de la révolution partout dans le monde.

Ces événements – avidement suivis via les médias de masse et les médias sociaux par les travailleurs du monde entier – démontrent aussi la manière dont chaque pays du monde est actuellement connecté aux autres comme par des câbles d’acier. Les événements se produisant dans un pays, sur un continent ou dans une région exercent un effet hypnotique sur la manière dont les masses laborieuses conçoivent le monde. De la sorte, ils renforcent la nécessité de l’internationalisme, principe sur lequel est basé le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) et sur lequel il va croître.

L’essence du marxisme est de généraliser les expériences de la classe ouvrière et d’en tirer les leçons pour le mouvement des travailleurs, et dans notre cas surtout pour l’intervention du CIO, afin de servir de guide pour nos actions aujourd’hui comme à l’avenir. Sans une large compréhension des perspectives, nous serions comme un capitaine de navire sans boussole au milieu d’un océan déchainé.

Nous ne pouvons pas analyser les événements de manière pragmatique et empirique. Les marxistes doivent approcher la “réalité” d’une manière qui englobe tous les points de vue, qui considèrent une chose sous l’ensemble de ses facettes et nous pas sous un seul angle de vue. Sans cela, nous ne pouvons pas nous préparer pour le moment où les événements prendront soudainement un tout autre tour et revêtiront leur forme la plus importante : celle de la révolution.

Peter Taaffe a expliqué le fait que c’est notre méthode qui a permis au CIO de prévoir cette situation où le gouvernement de l’African Nntional Congress (ANC) en Afrique du Sud allait inévitablement ouvrir le feu sur les travailleurs. Le massacre de Marikana l’an dernier et les protestations et grèves de masse qui ont suivi ont totalement changé la situation dans le pays. De même que nous avions annoncé l’arrivée de mobilisations de masse et le renversement de Moubarak en Égypte, nous avions également anticipé le développement d’une nouvelle phase de la révolution, car nous avons une compréhension des lois de la révolution. Ce sont les masses qui font la révolution ; leur mécontentement envers les Frères musulmans les a fait redescendre dans les rues pour se débarrasser d’eux.

 Le caractère de la période actuelle

Nos conclusions sont basées non pas sur nos sentiments, mais sur la compréhension du caractère de la période actuelle, qui est marquée par la crise économique la plus dévastatrice jamais rencontrée, qui entre à présent dans sa cinquième ou sixième année. Nous vivons dans une société capitaliste où un quart de la jeunesse mondiale est sans travail, sans formation, sans expérience.

C’est cette situation économique désespérée qui a donné l’impulsion initiale à la révolution en Égypte. Plus de 1.500 usines ont fermé depuis le début de la révolution en 2011. La moitié des 80 millions d’Égyptiens vivent sous le seuil de pauvreté ou en sont proches. Un journal, le jour où Morsi a été dégagé, titrait : ‘‘C’était une révolution de la faim.’’

Cependant, Peter Taaffe a prévenu du fait que le renversement de Morsi par l’armée – même si cela peut apparaitre au départ comme se faisant au nom de larges sections du mouvement de masse, en particulier des libéraux – représente un danger potentiel pour la classe ouvrière. Les travailleurs égyptiens ont révélé leur appétit phénoménal pour la lutte et pour l’organisation. Notre camarade David Johnson a ainsi expliqué dans la discussion que les syndicats indépendants sont passés en deux ans de 50.000 membres à 2,5 millions. Toutefois, un des dirigeants de ces syndicats a rejoint le cabinet dirigé par l’armée après le renversement de Morsi ! Le mouvement qui a renversé Morsi et les Frères musulmans avait derrière lui des figures de l’ombre des institutions d’Etat et du régime de l’ancien dictateur Moubarak.

La déchéance de Morsi et des Frères musulmans a forcé les puissances régionales du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à se repositionner. Leur attitude est guidée par la nécessité de trouver la première proposition semblant être la meilleure à même de servir la contre-révolution contre le mouvement révolutionnaire en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Les intérêts de ces puissances sont à présent en train de se polariser et de menacer les masses de la région, comme on le voit avec la sanglante guerre civile en Syrie.

L’armée égyptienne n’est pas en train de jouer le rôle de l’armée portugaise dans la révolution de 1974 au Portugal, la révolution des Œillets. Les soldats qui composaient cette armée avaient été radicalisés par les guerres d’indépendance néocoloniales. L’armée égyptienne, comme toutes les armées capitalistes, est là pour, en dernier recours, protéger la propriété privée et elle possède elle-même des parts très importantes de l’économie nationale, à l’instar de l’armée pakistanaise.

Le résultat le plus probable des évènements qui se déroulent en ce moment en Égypte est que les Frères musulmans et leurs collègues dans le reste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient vont être très affaiblis. Cela aura des conséquences en Tunisie, où le gouvernement Ennahda a lui-même beaucoup de problèmes à se maintenir au pouvoir. Après l’assassinat de Chokri Belaïd, un mouvement de grève générale a éclaté et près d’un million et demi de personnes sont descendues dans les rues du pays (qui comprend 11 millions d’habitants). [Depuis lors, un autre dirigeant de l’opposition de gauche, Mohamed Brahmi, a été assassiné et de nouvelles mobilisations de masse ont éclaté, NDLR]

Nous devons toujours insister sur la nécessité de l’indépendance de la classe ouvrière et de ses organisations par rapport à toutes les forces pro-capitalistes, et lutter pour la création de formes de lutte ouvrière indépendantes.

 Des explosions sociales

Ce n’est pas toujours une crise économique qui provoque le mouvement de masse. Le Brésil comme la Turquie ont connu une croissance économique ces dernières années. Mais les fruits de la croissance n’ont pas été équitablement distribués.

C’est ce facteur qui a été à la base des explosions sociales qui se sont produites dans ces deux pays. On y a vu non seulement des manifestations, mais également des occupations de places, des assemblées, etc. Nos camarades brésiliens se sont fortement investis dans cette lutte tout au long de cette déferlante politique et sociale. Contrairement à l’Europe, ce n’est pas une austérité étouffante qui a provoqué ces évènements révolutionnaires. L’importante croissance économique a renforcé le pouvoir de la classe ouvrière et des masses, qui ont révélé leur pleine puissance au cours de ces mouvements.

Avec l’intensification mondiale de la lutte de classe, l’État capitaliste a dû recourir à des mesures de guerre civile contre les droits et les conditions de vie de la classe ouvrière et des pauvres.

C’est de cela qu’a voulu nous avertir Edward Snowden grâce à ses révélations ; une surveillance massive est en train d’être mise en place contre la population et ses organisations, et des espions de la police sont implantés dans les mouvements et organisations ouvrières et anticapitalistes.

Bien que ces mesures sont antidémocratiques, les capitalistes ne peuvent pas établir aujourd’hui un État policier, à cause de l’opposition qu’une telle tentative de leur part susciterait. Mais la croissance des néofascistes d’Aube Dorée en Grèce illustre le danger qui fait face à la classe ouvrière à moyen et long termes. Les travailleurs doivent tout faire pour se battre contre les tentatives qui sont faites de grignoter ou d’attaquer leurs droits démocratiques et civiques, notamment contre les lois antisyndicales.

Tous ces développements ont suscité une large désillusion vis-à-vis du président Obama, qui a révélé qu’il est tout aussi antidémocratique et répressif que l’était George W Bush. Son impopularité est accrue par l’absence de la moindre amélioration des conditions de vie des travailleurs aux États-Unis. La récente faillite de la ville de Detroit illustre bien la profondeur de la crise.

Au niveau international, l’“assouplissement quantitatif” (le fait d’imprimer de l’argent) a eu l’effet de stabiliser la situation économique, jusqu’à un certain niveau. Mais, comme notre camarade Robin d’Angleterre l’a expliqué, cela a conduit à plus de spéculations, et de nouvelles “bulles” financières sont en train de gonfler à nouveau, qui pourraient éclater dans un futur proche.

Peter Taaffe a expliqué que la faible reprise de la position économique dans certains pays, la petite pause dans la lutte de classe et la réussite de la classe capitaliste à imposer ses mesures d’austérité malgré tout ont soulevé les questions : ‘‘Avons-nous trouvé la sortie ?’’ et ‘‘Le capitalisme serait-il parvenu à trouver un nouvel équilibre économique ?’’ Ce sont là les espoirs des capitalistes du monde entier.

Les marxistes ont toujours répété qu’il n’y a pas de “crise finale du capitalisme” : le capitalisme ne disparaitra que lorsque la classe ouvrière prendra le pouvoir. Mais si la classe ouvrière, à cause de la faiblesse ou de l’absence de sa direction, ne parvenait pas à prendre le pouvoir, on ne pourrait alors exclure une nouvelle phase de croissance pour le capitalisme dans le futur. Mais cela n’est clairement pas notre perspective à court terme.

Cela, les théoriciens du capitalisme sont forcés de l’admettre. Ils n’ont en réalité absolument aucune idée de la manière dont ils parviendront à se sortir de l’impasse dans laquelle est entrée leur système.

Dans toutes les grandes économies du monde, il y a peu ou pas de croissance. Et maintenant que l’économie chinoise commence à ralentir, cela aura un effet très profond en Chine – où la révolution sera à l’ordre du jour – comme dans le reste du monde, dans tous les pays qui soit fournissent des capitaux à la Chine (comme l’Allemagne), soit lui fournissent des matières premières, comme l’ont bien répété les camarades d’Australie et du Canada dont les pays ont récemment profité de la croissance chinoise, mais pour combien de temps encore ? Le camarade Raheem du Nigeria a quant à lui montré que les bénéfices tirés de la vente de matières premières, comme le pétrole nigérian, sont extrêmement mal redistribués : à peine 1 % de la population possède 80 % de la richesse de l’ensemble du pays, où70 % de la population vit dans la pauvreté !

 Une économie “Frankenstein”

Le camarade Zhang de Chine a décrit la montagne de dettes qui accable la Chine et son économie comme étant similaire au monstre de “Frankenstein” – énorme, monstrueuse et hors de contrôle ! Peter a montré que les travailleurs chinois commencent à bouger, avec des grèves, des manifestations, et même l’emprisonnement d’un patron qui voulait fermer son usine sans payer d’indemnités de licenciements à ses travailleurs !

La révolution ne survient pas de manière automatique à un moment du ralentissement ou de la croissance, mais au passe d’une période à une autre. Le consensus parmi les économistes capitalistes est que nous sommes maintenant dans une “dépression”. Vu l’ampleur de l’austérité et les tentatives de convaincre la classe ouvrière de inéluctabilité d’une période sans croissance, de nouvelles attaques pourraient décourager la lutte.

Mais il y a une réelle perspective d’un approfondissement de la crise. La “reprise” aux États-Unis est la plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale. Et les dettes colossales des banques du monde entier sont toujours là. Tant que nous sommes sous le capitalisme, il y aura un chômage de masse permanent ou semi-permanent.

Le Japon a tenté une “opération croissance” récemment, mais qui s’essouffle déjà. La dévaluation de sa monnaie par le Japon pose le problème d’une guerre des devises ; le protectionnisme, dont la dernière illustration est le conflit entre l’Europe et la Chine sur la question de l’importation de panneaux solaires, a lui aussi le vent en poupe.

Une question centrale du point de vue du capitalisme est qu’il n’y a pas de “marché”. C’est la conséquence du contrecoup massif de la dette, et de l’arrivée de la déflation.

Le magazine The Economist commentait : ‘‘D’ici 2020, il y aura 900.000 milliards de dollars d’actifs financiers dans le monde, comparé à 90.000 milliards de dollars de PIB mondial. Le résultat de tout ceci sera une économie mondiale inondée de manière structurelle par des capitaux et du même coup, un manque d’autant plus grand de créneaux dans lesquels investir.’’

C’est là l’explication de la vague de privatisations mondiale : les capitalistes cherchent à faire des profits sur le dos d’anciens services ou industries étatiques. Cela va produire une catastrophe sociale. Mais les capitalistes espèrent ainsi trouver un débouché à tous les capitaux qu’ils ont accumulés, ce qui inclut près de 2000 milliards de dollars détenus par des banques américaines qui ne paient aucune taxe.

Peter a conclu en disant que nous sommes dans une période de longue crise prolongée. Cette crise va à son tour mener à une intensification des conflits entre puissances capitalistes pour la domination du globe, surtout au Moyen-Orient, en Asie-Pacifique, et en Afrique.

 Des vagues de mouvements révolutionnaires radicalisés

Au cours de cette nouvelle période, nous allons voir vague après vague de mouvements révolutionnaires radicalisés. Des dizaines de milliers de travailleurs avancés et des millions de gens issus des masses sont en train de méditer et d’apprendre les leçons du Brésil, de la Turquie, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Cependant, leur compréhension politique est toujours à un point historiquement bas, en raison de toute une série de facteurs, y compris les effets rémanents de l’effondrement du stalinisme et la rapide plongée dans la crise qui a stupéfait la classe ouvrière. La camarade Didi du Brésil a expliqué la manière dont les dirigeants ouvriers ont aidé à semer la confusion : en 1992, ils avaient dirigé des mouvements contre le gouvernement, ce qui avait mené à sa chute, mais cette année, ils n’ont fait que semer la confusion à cause du manque de direction. Mais les capitalistes eux-mêmes comprennent le caractère de cette crise, et certains d’entre eux sont très clairs sur le fait qu’ils craignent une révolution, et en particulier une révolution socialiste.

Ils vont tout faire pour détourner les mouvements ou les empêcher de prendre un tour révolutionnaire. Le camarade Robert Bechert du Secrétariat international, dans sa conclusion de la discussion, a commenté le fait que certains “experts” comparent ces mouvements aux mouvements révolutionnaires de 1848 ou de 1968, mais font tous les efforts possibles pour éviter toute comparaison avec 1917 et avec la période révolutionnaire qui a suivi la Première Guerre mondiale ! Les mouvements de masse de l’année passée étaient il est vrai impressionnants, mais les marxistes ne doivent pas se laisser “intoxiquer” par les premiers succès, mais juger sobrement quel programme et quelle stratégie sont nécessaires afin de garantir le fait que la classe ouvrière et les pauvres pourront atteindre leurs objectifs.

Peter a dit que les capitalistes n’ont pas tenu compte des marxistes, mais qu’une petite poignée de marxistes dans un pays comme l’Afrique du Sud est parfois tout ce qu’il faut pour déclencher une transformation de masse.

Il y a du scepticisme et de l’opposition de la part de la nouvelle génération à l’idée de “partis” en général, qui sont identifiés aux partis pro-capitalistes, à leur politique et à leur énorme corruption. Les camarades Andros de Grèce, et Kevin d’Irlande ont expliqué à quel point les travailleurs veulent se battre contre l’austérité, mais en même temps sont toujours ahuris par la période précédente et par leur faible niveau de compréhension, ce qui agit partiellement comme un frein à l’idée de la lutte.

Andros en particulier, a montré qu’il y a eu des explosions sociales très importantes en Grèce, mais que le manque de direction ne nous a jusqu’ici infligé que des défaites dans la bataille contre l’austérité. La direction de Syriza (la coalition de gauche radicale qui a failli remporter les élections l’année passée) est en train de virer très à droite. Mais il est possible que de nouveaux dirigeants, y compris des marxistes, se voient propulsés à l’avant de la scène par le mouvement au cours de la période à venir.

Les dernières remarques de Peter ont fait état de la volatilité de la situation politique, qui a suscité de nouvelles campagnes et organisations, comme le mouvement Occupy, les Indignados en Espagne, le mouvement Cinq Étoiles en Italie,… Dès que les masses voient un instrument pour se battre pour leurs propres intérêts – surtout à une échelle de masse – et qui est incorruptible, elles accourent se ranger sous sa bannière. Dans quelques années, en regardant en arrière, il aura été clair que l’impasse actuelle n’aura été qu’une phase transitoire.

De nouvelles formations de masses vont inévitablement apparaitre, étant donné le chemin qui reste à parcourir à la classe ouvrière. Ces formations mèneront à la création de partis révolutionnaires de masse.

Nos tâches à présent sont de construire le Comité pour une Internationale Ouvrière et de nous préparer tous ensemble, avec la classe ouvrière, à jeter les fondations de nouveaux partis révolutionnaires de masse et d’une Internationale de masse.

Kevin Parslow, Socialist Party (CIO-Angleterre et Pays de Galles)

Stoppons l’extrême droite et les fachos !

manifantifaparis23juin

Les groupes fascistes « 3ème voie » et «  Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires », desquels étaient issus les militants qui ont tué Clément Méric, ont été dissous suite à des procédures judiciaires.

Mais en quoi cette dissolution va-t-elle faire cesser l’existence du fascisme?

 Ces groupes d’extrême droite sont présents dans quelques villes et tentent de s’étendre dans d’autres lieux. Ils y font différents type d’actions, parfois de simples pétitions mais le plus souvent, ce sont des actions assez violentes, ciblant des lieux trop «  multiculturels  » à leurs yeux, et les organisations des travailleurs comme le piquet de grève des cheminots de Lyon-Perrache en 2010. En effet, la population des lieux où il sont implantés est cible de violence si elle refuse leurs «  idées  ». Souvent, s’organisent des manifestations et des pétitions appelant les mairies à fermer leurs locaux, comme celle pour la fermeture de «  la Traboule  » à Lyon, mais ces demandes n’aboutissent pas.

L’opinion générale n’adhère pas aux méthodes de ces groupuscules qui regroupent quelques centaines de membres, pas plus qu’elle ne soutient activement l’extrême droite sous quelque forme que ce soit. C’est en grande partie un soutien électoral, passif, par défaut et par rejet des partis au pouvoir depuis 30 ans.

Mais l’agitation de ces derniers mois, en particulier contre le mariage pour tous, a donné du champ à la droite réactionnaire et notamment aux groupuscules violents qui se mettent à parader sans crainte. Et l’audience de Le Pen et du FN augmente à mesure que les politiques anti-sociales, du PS comme de la droite, et les conséquences du capitalisme, notamment le chômage de masse, continuent de ravager la société.

La Gauche révolutionnaire fait un parallèle entre la société inégalitaire, engendrée par le capitalisme, et le racisme. Il est évident que notre position n’est pas celle que défendent tous les antifascistes, mais nous avons une volonté commune de lutter contre  : l’extrême droite ! Et cela passe par l’organisation de réponses de masse par de la population pour empêcher les fascistes de mener leurs actions dans la rue ou d’y faire régner la peur. Dans les quartiers où ils sont implantés, c’est par la force du nombre que les habitants pourront les faire reculer.

Lorsque l’extrême droite se réunit, elle le fait savoir, donc nous pouvons intervenir en masse pour empêcher leurs meetings.

Car ce ne sont pas des lois qui stopperont le fascisme, car si tel était le cas, cela ferait longtemps qu’il n’existerait plus. La dissolution des groupes ne les empêchera pas d’exister ou de se reformer, mais ce n’est pas non plus en exagérant le danger qu’ils représentent qu’on organisera correctement la lutte, leurs actions publiques doit voir en face d’elle des milliers d’opposants et sans découper cela de la lutte contre les politiques antisociales des différents gouvernements. De plus, on ne devraitpas dmaner à l’Etat la dissolution de groupes politques… aujourd’ui se sont des groupes fascistes,mais demain ça pourrait être des groupes socialistes révolutionnaires !

Au fur et à mesure de l’approfondissement de la crise économique et sociale en Europe, la question d’une alternative politique se pose. Dans de nombreux pays, l’extrême droite entame une percée électorale plus ou moins puissante, ouvrant la voie à des organisations semi-fascistes (commeAube doréen en Grèce). Nous n’en sommes pas là en France, mais les tromperies des politiciens, la corruption,… alimentent l’extrême droite faute d’une véritable alternative à gauche du PS, en défense des travailleurs et des couches populaires. N’ayant plus d’espoir dans le système, une partie du peuple tape du poing en votant extrême droite.

La Gauche Révolutionnaire ne pense pas que le vote sera la clé pour améliorer les conditions de vie de tous et c’est sur le terrain des luttes qu’elle s’engage pour combattre le racisme et le capitalisme. Même si il est important d’éviter la propagation de nouveaux élus frontistes, ce n’est pas en votant pour des défenseurs du système actuel que cela peut se faire. On peut comprendre que des gens votent pour faire barrage au FN, mais cela ne règle pas le problème de fond. Nous utilisons la méthode du front unique, qui consiste à lutter communément avec d’autres organisations de gauche, mais sur le terrain de la lutte des classes avec les jeunes et les travailleurs.

Nous avons besoin d’un grand mouvement d’ensemble qui ne découpe pas les problèmes en plusieurs parties. Cela ne nous empêche pas de nous positionner sur des questions spécifiques telle que le racisme, mais l’extrême droite ne reculera que si une force politique se construit et organise largement la population dans les quartiers, dans les lieux de travail pour défendre nos intérêts contre les capitalistes et leur système, pour un emploi pour tous et toutes, un logement décent… et défende ainsi, que la majorité de la population pourra s’émanciper de sa condition de classe exploitée.

Mathieu J

L’islam politique : des courants contre-révolutionnaires.

nahdadégageLa Tunisie ne compte pas moins de 9 partis islamistes, dont Ennahda, au pouvoir depuis 2011, qui a en fin de compte confisqué la Révolution au moyen des élections. Qu’ont en commun les partis islamistes ?

L’Islam politique consiste d’abord dans le choix de la doctrine musulmane comme fondement de l’action politique, mais il peut aller jusqu’à transformer le système politique et social d’un État en imposant comme unique source du droit une interprétation stricte de la charia à l’ensemble de la société. Entre ces deux extrêmes, tous les cas de figure sont possibles, des partis de centre-droit comme le Parti de la justice et du développement, aux partis réformistes comme le Parti de l’unité et de la réforme ou le parti des conservateurs progressistes en passant par les partis centristes comme le Mouvement tunisien de l’action maghrébine.

Bien qu’Ennahda ait fait alliance, pour gouverner, avec des partis de centre-gauche, et qu’il tienne à se distinguer d’autres courants de l’Islam politique comme les salafistes, il apparaît néanmoins d’une part comme un parti très conservateur, avec de nombreux éléments ultra-réactionnaires en son sein. Il garde sa position gouvernementale au sommet de l’Etat ce qui le rend susceptible notamment de remettre en question le statut des femmes dans la société tunisienne dans le futur, comme de remettre en cause les libertés démocratiques ou syndicales. Et il paraît avoir partie liée à l’islamisme radical : l’opinion publique considère, depuis l’assassinat de Chokri Belaïd, qu’Ennahda s’est doté avec les salafistes un bras armé pour soutenir le régime.

Les salafistes sont des fondamentalistes religieux qui veulent modeler, par la force, la société sur un Islam « pur » (selon eux…) et qui mènent une opposition violente aux États arabes qui ont des velléités divergentes, trop tolérantes ou laïques. Les Frères musulmans sont plus ambigus en ce sens qu’ils ont un programme social officiellement égalitariste et qu’ils ne refusent pas (pour le moment), comme le font les salafistes, le concept de démocratie parlementaire.

La question se pose de savoir pourquoi la Révolution tunisienne a permis un succès électoral de l’Islam politique dans un premier temps. Il y a deux raisons majeures à cet état de fait : la Révolution n’avait, et n’a toujours pas, de programme politique de sorte que lorsqu’il s’est agi de voter, l’électorat s’est tourné vers les partis d’opposition en place qui étaient islamistes, d’autant que ceux-ci d’une part apparaissaient comme « les martyrs » de Ben Ali, d’autre part, parce que ces partis, sous Ben Ali, aidés de l’extérieur par le Qatar par exemple, soutenaient les plus misérables des Tunisiens par des œuvres de charité rendues possibles par une partie de l’argent qatari, l’autre partie allant quand même pour le train de vie des dignitaires nahdaouis (charité bien ordonnée commence par soi même!).

En Occident, des voix s’élèvent pour critiquer les rapports d’Ennahda avec l’islamisme radical, mais pour autant, l’Occident y trouve son compte : d’une part, peu importe qui gouverne en Tunisie, l’essentiel étant que les entreprises puissent bénéficier de contrats juteux ; d’autre part, si les régimes trop extrémistes mettaient un terme à ceux-ci, il serait toujours temps de soutenir ceux qui s’opposeraient à eux.

Il nous appartient de faire une autre lecture de la situation des islamistes en Tunisie : une révolution ne peut pas « accoucher de la vieille société » par les élections, ni par la prétendue « démocratie » parlementaire, instrument bourgeois d’un État bourgeois.

Par Ghislaine Carle

Paru dans l’Égalité n°160 (Mai-juin 2013)

SOCIALISME 2013 JOURNEE DE DEBATS MARXISTES

Samedi 6 avril : Socialisme 2013 Halle aux toiles, Rouen

Comme chaque année la Gauche révolutionnaire organise une journée de débats marxistes. Cette année, il s’agit d’aborder des éléments de la situation de cette période crise du capitalisme, révolutions, contre révolutions et notre programme.

11h : Femmes et socialisme ; lancement d’une nouvelle brochure du CIO.

Ce sera l’occasion de développer notre approche entre les questions d’oppression spécifique des femmes et nos revendications en lien avec la perspective socialiste

14h : Ils donnent toujours aux riches et aux patrons et nous continuons de payer la crise : Résistance contre les licenciements et les attaques de ce gouvernement de menteurs.

L’état de la France, la crise, ses conséquences et les mensonges du gouvernement, retour sur les attaques luttes défensives, discrédit d’Hollande et affaiblissement économique et politique en Europe, espace ouvert pour la droite et le Fn…

Une exposition sur Chavez et notre brochure

16h15-18h15 : Commissions

– 1793 : une année clé de la révolution française. 

La constitution de 1793 : Les forces politiques en présence, les leçons à en tirer.

– Diffusions d’extraits du film « Les nouveaux chiens de garde ». Les médias, et la machine à nous faire rentrer dans le moule, un des rouages de propagande et de contrôle du capitalisme.

 

18h30 : Meeting international : les révolutions au Maghreb et au Moyen Orient.

20h : Apéro dinatoire

Marx et Engels : défendre les travailleurs, c’est défendre leur milieu

Certains, dès le 19e siècle déjà, ont cependant refusé de se laisser enfermer dans de faux problèmes comme d’opposer l’écologie à la technique ou de dire que le combat environnemental dépasse les clivages politiques. Parmi eux se trouvaient Karl Marx et Friedrich Engels, les auteurs du Manifeste du Parti Communiste.

 Friedrich Engels disait par exemple : « qu’il s’agisse de la nature ou de la société, le mode de production actuel tient uniquement compte du résultat immédiat manifeste ». Pour eux, c’est le capitalisme, et non l’industrie, qui est le véritable virus à la base de la dégradation de l’environnement. Les intérêts à court terme de la minorité qui possède les moyens de production et contrôle la société vont à l’encontre de ceux de l’humanité, avec des conséquences évidentes pour le respect du milieu de vie.

En prenant exemple sur l’agriculture, Marx déclarait par exemple, bien avant l’utilisation massive des pesticides : « Tout l’esprit de la production capitaliste, axée sur le gain d’argent immédiat, est en contradiction avec l’agriculture, qui doit desservir l’ensemble des besoins permanents des générations humaines qui se chevauchent». Il précisait : « Chaque progrès de l’agriculture capitaliste représente un progrès non seulement dans l’art de dépouiller le travailleur, mais dans celui d’appauvrir la terre ; toute amélioration temporaire de la fertilité des sols rapproche des conditions d’une ruine des sources durables de cette fertilité ».

Engels, dans son ouvrage La dialectique de la nature, allait dans le même sens : « Nous ne dominons nullement la nature à l’instar du conquérant d’un peuple étranger, comme si nous étions placés en-dehors de la nature (…) toute la souveraineté que nous exerçons sur elle se résume à la connaissance de ses lois et à leur juste application, qui sont notre seule supériorité sur toutes les autres créatures. En effet, chaque jour, nous apprenons à mieux pénétrer ses lois et à reconnaître les effets plus ou moins lointains de nos interventions (…). » Il avertit cependant qu’arriver à une solution « exige de nous autre chose qu’une simple connaissance », et « nécessite le bouleversement total de notre production, y compris l’ordre social actuel dans son ensemble (…) Le profit obtenu par la vente est le seul et unique mobile du capitaliste (…) ce qui advient ultérieurement de la marchandise et de son acquéreur est le dernier de ses soucis. Il en va de même quand il s’agit des effets naturels de ces agissements».

Tous deux ont finalement démontré que la société industrielle et la nature ne sont pas incompatibles. Mais la production industrielle doit être organisée de manière consciente, planifiée dans les intérêts de tous et avec la participation de tous, afin d’éliminer les gaspillages et la logique de profit à court terme qui définit notre société actuelle. C’est cette dernière qu’il faut changer de fond en comble, radicalement. Toute position intermédiaire ne saurait être que l’équivalent d’une aspirine donnée à un cancéreux.

URSS et Chine « populaire »

Bien évidemment, quant on met en avant comme solution de détruire le capitalisme pour résoudre, entre autres, les problèmes environnementaux, un simple regard porté sur la pollution qui sévit en ex-Union Soviétique ou en Chine ne pousse pas à aller plus avant sur cette voie. Actuellement, un cinquième de la population russe vit dans une région tellement sinistrée écologiquement qu’elle est un danger pour la santé. De même, les pluies acides couvrent un tiers du territoire chinois.

Pour nous, le « socialisme » qui a été appliqué dans ces pays n’a finalement été qu’une caricature sanglante caractérisée notamment par un productivisme à outrance. Pour fonctionner, une économie planifiée a besoin de démocratie comme un corps a besoin d’oxygène. En ce sens, le règne dictatorial de la bureaucratie dans ces pays n’a pas eu uniquement comme conséquence la répression, les déportations et le goulag mais aussi des dégâts causés à l’environnement qui devront encore être supportés par de nombreuses générations. De plus, tant le passage brutal de la Russie à l’économie capitaliste que la transition accélérée sur la même voie qui se déroule actuellement en Chine n’ont en rien atténué cette situation. Bien au contraire.

Sauver l’environnement par la lutte collective

En définitive, le peu de mesures qui ont été prises sont concentrés dans les pays développés, là où la pression de l’opinion publique et parfois les mobilisations populaires ont pu porter. Mais la pollution n’entre que légèrement en ligne de compte dans les politiques des gouvernements et des dirigeants des multinationales. Sinon, une autre politique serait mise en œuvre, basée sur le développement des transports publics, une meilleure utilisation des transports ferroviaires et fluviaux, une relocalisation des activités de production,…

En France, la première législation face aux effets toxiques aux environs des usines date de 1810, bien avant toute loi en faveur des travailleurs et même des enfants. Si les travailleurs ont réussi entre-temps à obtenir des améliorations de leurs conditions de travail, c’est par leur lutte collective pour arracher des acquis aux exploiteurs des industries et de la finance. La lutte pour la sauvegarde de notre planète doit suivre la même voie. Par la lutte, retirons des mains des profiteurs la direction de la société !

 Article par NICOLAS CROES (PSL- CIO Belgique)

Une riposte tous ensemble !

Edito de l’Egalité n°160 (mars-avril 2013)

Plus de milliardaires, plus d’austérité, plus de licenciements, plus de chômage…

La crise, ce n’est décidément pas pour tout le monde …

Il nous faut une riposte tous ensemble

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1426, c’est le nombre de milliardaires sur la planète en 2013, triste record, puisqu’ils sont 200 de plus qu’en 2012. Et parmi eux, la première des 138 femmes milliardaires, passant à la 9ème place avec 6 milliards de plus que l’an dernier, Liliane Bettancourt, veuve du fondateur de L’Oréal et actionnaire principal de Nestlé….

Dans le même temps, Pôle emploi dénombrait au total 2,906 millions d’allocataires, un chiffre en hausse de 1,3 % sur un mois et de 7,4 % sur un an. Pour le 21e mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a augmenté en janvier en métropole. Ils sont désormais 3,169 millions, proche du record de 1997 (3,19 millions). Et déjà une troisième personne se suicide devant pôle emploi de désespoir. La crise, définitivement ce n’est pas tout le monde !

Au delà de la colère !

Effarant, révoltant… comment qualifier le fossé qui se creuse entre riches et pauvres ? Les mots manquent mais ce qui nous manque par dessus tout ce sont des actes pour contrecarrer ces inégalités. Le gouvernement Hollande se prétend pourtant celui de la justice face à la crise. Mais la très grande majorité de ses actions politiques confortent les inégalités : accord compétitivité emploi, 30 milliards de cadeaux aux grandes entreprises sous forme de crédits d’impôts….Que dire aussi du traitement des plans de licenciements par le gouvernement et son ministère du redressement productif. La menace de nationalisation d’Arcelor tuée dans l’oeuf est un exemple de l’inconsistance de Montebourg. Sur les dossiers PSA et Petroplus, il s’enlise davantage. Alors il peut toujours faire des échanges avec le patron de Titan licencieur des Good Year d’Amiens : on ne l’écoute plus. Montebourg est devenu le ministre des causes perdues d’avance !

Par contre, la véritable orientation économique du gouvernement Hollande, elle, prend forme. Il annonce des réformes encore plus clairement dans la droite ligne de Sarkozy et Fillon avec une réforme des retraites pour l’été 2013 entraînant un départ à 62 ans dès 2015…., une réforme de la formation professionnelle amenant les entreprises privées à se servir de plus en plus librement dans la main d’œuvre au chômage sans garantie d’embauches, une réforme de l’école, une refonte de la gestion des hôpitaux et de la santé…

Il est temps de montrer notre force !

Le départ de Sarkozy, on s’en doutait, n’a pas changé fondamentalement les choses. Comment mettre un coup d’arrêt à ces politiques faites pour sauver la peau aux capitalistes ? Aujourd’hui, au delà de la colère et de la rage, c’est bien de stratégie qu’il faut discuter dans le camp de ceux et celles qui veulent résister et défendre les intérêts des travailleurs, travailleuses, de leurs familles, des jeunes et de la majorité de la population !

La crise des capitalistes nous la payons tous les jours davantage dans la galère de nos conditions de vie, de travail, d’études ou de retraite. En Europe, au Portugal, en Irlande, malgré les tentatives d’étouffer la résistance, les travailleurs et la population s’organisent. L’Egypte est en train de connaître une nouvelle phase à sa révolution car la population ne voit pas l’ombre d’une amélioration de ses conditions de vie et n’est plus prête à lâcher sa liberté après le renversement de la dictature. La Tunisie prend la même voie.

Certains à gauche du PS ou dans les directions syndicales parlent de résister et lancent une campagne anti-austérité pour défendre ceux qui subissent la crise. Il faut prendre la mesure de ce que serait une telle campagne : il faut se préparer à lutter tous ensemble car les attaques que nous subissons sont majeures et multiples. Partout, il faut discuter, organiser des réunions publiques, et utiliser des initiatives de mobilisation pour avancer des revendications sur lesquelles nous regrouper et nous mobiliser. En avant !