Stoppons l’extrême droite et les fachos !

manifantifaparis23juin

Les groupes fascistes « 3ème voie » et «  Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires », desquels étaient issus les militants qui ont tué Clément Méric, ont été dissous suite à des procédures judiciaires.

Mais en quoi cette dissolution va-t-elle faire cesser l’existence du fascisme?

 Ces groupes d’extrême droite sont présents dans quelques villes et tentent de s’étendre dans d’autres lieux. Ils y font différents type d’actions, parfois de simples pétitions mais le plus souvent, ce sont des actions assez violentes, ciblant des lieux trop «  multiculturels  » à leurs yeux, et les organisations des travailleurs comme le piquet de grève des cheminots de Lyon-Perrache en 2010. En effet, la population des lieux où il sont implantés est cible de violence si elle refuse leurs «  idées  ». Souvent, s’organisent des manifestations et des pétitions appelant les mairies à fermer leurs locaux, comme celle pour la fermeture de «  la Traboule  » à Lyon, mais ces demandes n’aboutissent pas.

L’opinion générale n’adhère pas aux méthodes de ces groupuscules qui regroupent quelques centaines de membres, pas plus qu’elle ne soutient activement l’extrême droite sous quelque forme que ce soit. C’est en grande partie un soutien électoral, passif, par défaut et par rejet des partis au pouvoir depuis 30 ans.

Mais l’agitation de ces derniers mois, en particulier contre le mariage pour tous, a donné du champ à la droite réactionnaire et notamment aux groupuscules violents qui se mettent à parader sans crainte. Et l’audience de Le Pen et du FN augmente à mesure que les politiques anti-sociales, du PS comme de la droite, et les conséquences du capitalisme, notamment le chômage de masse, continuent de ravager la société.

La Gauche révolutionnaire fait un parallèle entre la société inégalitaire, engendrée par le capitalisme, et le racisme. Il est évident que notre position n’est pas celle que défendent tous les antifascistes, mais nous avons une volonté commune de lutter contre  : l’extrême droite ! Et cela passe par l’organisation de réponses de masse par de la population pour empêcher les fascistes de mener leurs actions dans la rue ou d’y faire régner la peur. Dans les quartiers où ils sont implantés, c’est par la force du nombre que les habitants pourront les faire reculer.

Lorsque l’extrême droite se réunit, elle le fait savoir, donc nous pouvons intervenir en masse pour empêcher leurs meetings.

Car ce ne sont pas des lois qui stopperont le fascisme, car si tel était le cas, cela ferait longtemps qu’il n’existerait plus. La dissolution des groupes ne les empêchera pas d’exister ou de se reformer, mais ce n’est pas non plus en exagérant le danger qu’ils représentent qu’on organisera correctement la lutte, leurs actions publiques doit voir en face d’elle des milliers d’opposants et sans découper cela de la lutte contre les politiques antisociales des différents gouvernements. De plus, on ne devraitpas dmaner à l’Etat la dissolution de groupes politques… aujourd’ui se sont des groupes fascistes,mais demain ça pourrait être des groupes socialistes révolutionnaires !

Au fur et à mesure de l’approfondissement de la crise économique et sociale en Europe, la question d’une alternative politique se pose. Dans de nombreux pays, l’extrême droite entame une percée électorale plus ou moins puissante, ouvrant la voie à des organisations semi-fascistes (commeAube doréen en Grèce). Nous n’en sommes pas là en France, mais les tromperies des politiciens, la corruption,… alimentent l’extrême droite faute d’une véritable alternative à gauche du PS, en défense des travailleurs et des couches populaires. N’ayant plus d’espoir dans le système, une partie du peuple tape du poing en votant extrême droite.

La Gauche Révolutionnaire ne pense pas que le vote sera la clé pour améliorer les conditions de vie de tous et c’est sur le terrain des luttes qu’elle s’engage pour combattre le racisme et le capitalisme. Même si il est important d’éviter la propagation de nouveaux élus frontistes, ce n’est pas en votant pour des défenseurs du système actuel que cela peut se faire. On peut comprendre que des gens votent pour faire barrage au FN, mais cela ne règle pas le problème de fond. Nous utilisons la méthode du front unique, qui consiste à lutter communément avec d’autres organisations de gauche, mais sur le terrain de la lutte des classes avec les jeunes et les travailleurs.

Nous avons besoin d’un grand mouvement d’ensemble qui ne découpe pas les problèmes en plusieurs parties. Cela ne nous empêche pas de nous positionner sur des questions spécifiques telle que le racisme, mais l’extrême droite ne reculera que si une force politique se construit et organise largement la population dans les quartiers, dans les lieux de travail pour défendre nos intérêts contre les capitalistes et leur système, pour un emploi pour tous et toutes, un logement décent… et défende ainsi, que la majorité de la population pourra s’émanciper de sa condition de classe exploitée.

Mathieu J

L’islam politique : des courants contre-révolutionnaires.

nahdadégageLa Tunisie ne compte pas moins de 9 partis islamistes, dont Ennahda, au pouvoir depuis 2011, qui a en fin de compte confisqué la Révolution au moyen des élections. Qu’ont en commun les partis islamistes ?

L’Islam politique consiste d’abord dans le choix de la doctrine musulmane comme fondement de l’action politique, mais il peut aller jusqu’à transformer le système politique et social d’un État en imposant comme unique source du droit une interprétation stricte de la charia à l’ensemble de la société. Entre ces deux extrêmes, tous les cas de figure sont possibles, des partis de centre-droit comme le Parti de la justice et du développement, aux partis réformistes comme le Parti de l’unité et de la réforme ou le parti des conservateurs progressistes en passant par les partis centristes comme le Mouvement tunisien de l’action maghrébine.

Bien qu’Ennahda ait fait alliance, pour gouverner, avec des partis de centre-gauche, et qu’il tienne à se distinguer d’autres courants de l’Islam politique comme les salafistes, il apparaît néanmoins d’une part comme un parti très conservateur, avec de nombreux éléments ultra-réactionnaires en son sein. Il garde sa position gouvernementale au sommet de l’Etat ce qui le rend susceptible notamment de remettre en question le statut des femmes dans la société tunisienne dans le futur, comme de remettre en cause les libertés démocratiques ou syndicales. Et il paraît avoir partie liée à l’islamisme radical : l’opinion publique considère, depuis l’assassinat de Chokri Belaïd, qu’Ennahda s’est doté avec les salafistes un bras armé pour soutenir le régime.

Les salafistes sont des fondamentalistes religieux qui veulent modeler, par la force, la société sur un Islam « pur » (selon eux…) et qui mènent une opposition violente aux États arabes qui ont des velléités divergentes, trop tolérantes ou laïques. Les Frères musulmans sont plus ambigus en ce sens qu’ils ont un programme social officiellement égalitariste et qu’ils ne refusent pas (pour le moment), comme le font les salafistes, le concept de démocratie parlementaire.

La question se pose de savoir pourquoi la Révolution tunisienne a permis un succès électoral de l’Islam politique dans un premier temps. Il y a deux raisons majeures à cet état de fait : la Révolution n’avait, et n’a toujours pas, de programme politique de sorte que lorsqu’il s’est agi de voter, l’électorat s’est tourné vers les partis d’opposition en place qui étaient islamistes, d’autant que ceux-ci d’une part apparaissaient comme « les martyrs » de Ben Ali, d’autre part, parce que ces partis, sous Ben Ali, aidés de l’extérieur par le Qatar par exemple, soutenaient les plus misérables des Tunisiens par des œuvres de charité rendues possibles par une partie de l’argent qatari, l’autre partie allant quand même pour le train de vie des dignitaires nahdaouis (charité bien ordonnée commence par soi même!).

En Occident, des voix s’élèvent pour critiquer les rapports d’Ennahda avec l’islamisme radical, mais pour autant, l’Occident y trouve son compte : d’une part, peu importe qui gouverne en Tunisie, l’essentiel étant que les entreprises puissent bénéficier de contrats juteux ; d’autre part, si les régimes trop extrémistes mettaient un terme à ceux-ci, il serait toujours temps de soutenir ceux qui s’opposeraient à eux.

Il nous appartient de faire une autre lecture de la situation des islamistes en Tunisie : une révolution ne peut pas « accoucher de la vieille société » par les élections, ni par la prétendue « démocratie » parlementaire, instrument bourgeois d’un État bourgeois.

Par Ghislaine Carle

Paru dans l’Égalité n°160 (Mai-juin 2013)

SOCIALISME 2013 JOURNEE DE DEBATS MARXISTES

Samedi 6 avril : Socialisme 2013 Halle aux toiles, Rouen

Comme chaque année la Gauche révolutionnaire organise une journée de débats marxistes. Cette année, il s’agit d’aborder des éléments de la situation de cette période crise du capitalisme, révolutions, contre révolutions et notre programme.

11h : Femmes et socialisme ; lancement d’une nouvelle brochure du CIO.

Ce sera l’occasion de développer notre approche entre les questions d’oppression spécifique des femmes et nos revendications en lien avec la perspective socialiste

14h : Ils donnent toujours aux riches et aux patrons et nous continuons de payer la crise : Résistance contre les licenciements et les attaques de ce gouvernement de menteurs.

L’état de la France, la crise, ses conséquences et les mensonges du gouvernement, retour sur les attaques luttes défensives, discrédit d’Hollande et affaiblissement économique et politique en Europe, espace ouvert pour la droite et le Fn…

Une exposition sur Chavez et notre brochure

16h15-18h15 : Commissions

– 1793 : une année clé de la révolution française. 

La constitution de 1793 : Les forces politiques en présence, les leçons à en tirer.

– Diffusions d’extraits du film « Les nouveaux chiens de garde ». Les médias, et la machine à nous faire rentrer dans le moule, un des rouages de propagande et de contrôle du capitalisme.

 

18h30 : Meeting international : les révolutions au Maghreb et au Moyen Orient.

20h : Apéro dinatoire

Marx et Engels : défendre les travailleurs, c’est défendre leur milieu

Certains, dès le 19e siècle déjà, ont cependant refusé de se laisser enfermer dans de faux problèmes comme d’opposer l’écologie à la technique ou de dire que le combat environnemental dépasse les clivages politiques. Parmi eux se trouvaient Karl Marx et Friedrich Engels, les auteurs du Manifeste du Parti Communiste.

 Friedrich Engels disait par exemple : « qu’il s’agisse de la nature ou de la société, le mode de production actuel tient uniquement compte du résultat immédiat manifeste ». Pour eux, c’est le capitalisme, et non l’industrie, qui est le véritable virus à la base de la dégradation de l’environnement. Les intérêts à court terme de la minorité qui possède les moyens de production et contrôle la société vont à l’encontre de ceux de l’humanité, avec des conséquences évidentes pour le respect du milieu de vie.

En prenant exemple sur l’agriculture, Marx déclarait par exemple, bien avant l’utilisation massive des pesticides : « Tout l’esprit de la production capitaliste, axée sur le gain d’argent immédiat, est en contradiction avec l’agriculture, qui doit desservir l’ensemble des besoins permanents des générations humaines qui se chevauchent». Il précisait : « Chaque progrès de l’agriculture capitaliste représente un progrès non seulement dans l’art de dépouiller le travailleur, mais dans celui d’appauvrir la terre ; toute amélioration temporaire de la fertilité des sols rapproche des conditions d’une ruine des sources durables de cette fertilité ».

Engels, dans son ouvrage La dialectique de la nature, allait dans le même sens : « Nous ne dominons nullement la nature à l’instar du conquérant d’un peuple étranger, comme si nous étions placés en-dehors de la nature (…) toute la souveraineté que nous exerçons sur elle se résume à la connaissance de ses lois et à leur juste application, qui sont notre seule supériorité sur toutes les autres créatures. En effet, chaque jour, nous apprenons à mieux pénétrer ses lois et à reconnaître les effets plus ou moins lointains de nos interventions (…). » Il avertit cependant qu’arriver à une solution « exige de nous autre chose qu’une simple connaissance », et « nécessite le bouleversement total de notre production, y compris l’ordre social actuel dans son ensemble (…) Le profit obtenu par la vente est le seul et unique mobile du capitaliste (…) ce qui advient ultérieurement de la marchandise et de son acquéreur est le dernier de ses soucis. Il en va de même quand il s’agit des effets naturels de ces agissements».

Tous deux ont finalement démontré que la société industrielle et la nature ne sont pas incompatibles. Mais la production industrielle doit être organisée de manière consciente, planifiée dans les intérêts de tous et avec la participation de tous, afin d’éliminer les gaspillages et la logique de profit à court terme qui définit notre société actuelle. C’est cette dernière qu’il faut changer de fond en comble, radicalement. Toute position intermédiaire ne saurait être que l’équivalent d’une aspirine donnée à un cancéreux.

URSS et Chine « populaire »

Bien évidemment, quant on met en avant comme solution de détruire le capitalisme pour résoudre, entre autres, les problèmes environnementaux, un simple regard porté sur la pollution qui sévit en ex-Union Soviétique ou en Chine ne pousse pas à aller plus avant sur cette voie. Actuellement, un cinquième de la population russe vit dans une région tellement sinistrée écologiquement qu’elle est un danger pour la santé. De même, les pluies acides couvrent un tiers du territoire chinois.

Pour nous, le « socialisme » qui a été appliqué dans ces pays n’a finalement été qu’une caricature sanglante caractérisée notamment par un productivisme à outrance. Pour fonctionner, une économie planifiée a besoin de démocratie comme un corps a besoin d’oxygène. En ce sens, le règne dictatorial de la bureaucratie dans ces pays n’a pas eu uniquement comme conséquence la répression, les déportations et le goulag mais aussi des dégâts causés à l’environnement qui devront encore être supportés par de nombreuses générations. De plus, tant le passage brutal de la Russie à l’économie capitaliste que la transition accélérée sur la même voie qui se déroule actuellement en Chine n’ont en rien atténué cette situation. Bien au contraire.

Sauver l’environnement par la lutte collective

En définitive, le peu de mesures qui ont été prises sont concentrés dans les pays développés, là où la pression de l’opinion publique et parfois les mobilisations populaires ont pu porter. Mais la pollution n’entre que légèrement en ligne de compte dans les politiques des gouvernements et des dirigeants des multinationales. Sinon, une autre politique serait mise en œuvre, basée sur le développement des transports publics, une meilleure utilisation des transports ferroviaires et fluviaux, une relocalisation des activités de production,…

En France, la première législation face aux effets toxiques aux environs des usines date de 1810, bien avant toute loi en faveur des travailleurs et même des enfants. Si les travailleurs ont réussi entre-temps à obtenir des améliorations de leurs conditions de travail, c’est par leur lutte collective pour arracher des acquis aux exploiteurs des industries et de la finance. La lutte pour la sauvegarde de notre planète doit suivre la même voie. Par la lutte, retirons des mains des profiteurs la direction de la société !

 Article par NICOLAS CROES (PSL- CIO Belgique)

Une riposte tous ensemble !

Edito de l’Egalité n°160 (mars-avril 2013)

Plus de milliardaires, plus d’austérité, plus de licenciements, plus de chômage…

La crise, ce n’est décidément pas pour tout le monde …

Il nous faut une riposte tous ensemble

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1426, c’est le nombre de milliardaires sur la planète en 2013, triste record, puisqu’ils sont 200 de plus qu’en 2012. Et parmi eux, la première des 138 femmes milliardaires, passant à la 9ème place avec 6 milliards de plus que l’an dernier, Liliane Bettancourt, veuve du fondateur de L’Oréal et actionnaire principal de Nestlé….

Dans le même temps, Pôle emploi dénombrait au total 2,906 millions d’allocataires, un chiffre en hausse de 1,3 % sur un mois et de 7,4 % sur un an. Pour le 21e mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a augmenté en janvier en métropole. Ils sont désormais 3,169 millions, proche du record de 1997 (3,19 millions). Et déjà une troisième personne se suicide devant pôle emploi de désespoir. La crise, définitivement ce n’est pas tout le monde !

Au delà de la colère !

Effarant, révoltant… comment qualifier le fossé qui se creuse entre riches et pauvres ? Les mots manquent mais ce qui nous manque par dessus tout ce sont des actes pour contrecarrer ces inégalités. Le gouvernement Hollande se prétend pourtant celui de la justice face à la crise. Mais la très grande majorité de ses actions politiques confortent les inégalités : accord compétitivité emploi, 30 milliards de cadeaux aux grandes entreprises sous forme de crédits d’impôts….Que dire aussi du traitement des plans de licenciements par le gouvernement et son ministère du redressement productif. La menace de nationalisation d’Arcelor tuée dans l’oeuf est un exemple de l’inconsistance de Montebourg. Sur les dossiers PSA et Petroplus, il s’enlise davantage. Alors il peut toujours faire des échanges avec le patron de Titan licencieur des Good Year d’Amiens : on ne l’écoute plus. Montebourg est devenu le ministre des causes perdues d’avance !

Par contre, la véritable orientation économique du gouvernement Hollande, elle, prend forme. Il annonce des réformes encore plus clairement dans la droite ligne de Sarkozy et Fillon avec une réforme des retraites pour l’été 2013 entraînant un départ à 62 ans dès 2015…., une réforme de la formation professionnelle amenant les entreprises privées à se servir de plus en plus librement dans la main d’œuvre au chômage sans garantie d’embauches, une réforme de l’école, une refonte de la gestion des hôpitaux et de la santé…

Il est temps de montrer notre force !

Le départ de Sarkozy, on s’en doutait, n’a pas changé fondamentalement les choses. Comment mettre un coup d’arrêt à ces politiques faites pour sauver la peau aux capitalistes ? Aujourd’hui, au delà de la colère et de la rage, c’est bien de stratégie qu’il faut discuter dans le camp de ceux et celles qui veulent résister et défendre les intérêts des travailleurs, travailleuses, de leurs familles, des jeunes et de la majorité de la population !

La crise des capitalistes nous la payons tous les jours davantage dans la galère de nos conditions de vie, de travail, d’études ou de retraite. En Europe, au Portugal, en Irlande, malgré les tentatives d’étouffer la résistance, les travailleurs et la population s’organisent. L’Egypte est en train de connaître une nouvelle phase à sa révolution car la population ne voit pas l’ombre d’une amélioration de ses conditions de vie et n’est plus prête à lâcher sa liberté après le renversement de la dictature. La Tunisie prend la même voie.

Certains à gauche du PS ou dans les directions syndicales parlent de résister et lancent une campagne anti-austérité pour défendre ceux qui subissent la crise. Il faut prendre la mesure de ce que serait une telle campagne : il faut se préparer à lutter tous ensemble car les attaques que nous subissons sont majeures et multiples. Partout, il faut discuter, organiser des réunions publiques, et utiliser des initiatives de mobilisation pour avancer des revendications sur lesquelles nous regrouper et nous mobiliser. En avant !

Venezuela : la lutte continue

Hugo Chavez est mort, mais la lutte continue !

Des millions de travailleurs vénézuéliens, de pauvres et de jeunes pleurent la mort du président vénézuélien, Hugo Chavez

Par Tony Saunois, Secrétaire Général du Comité pour une Internationale Ouvrière

À une époque où le fossé entre les politiciens de l’establishment qui défendent les grandes entreprises et les super-riches d’une part et les masses d’autre part semble se creuser inexorablement, la figure de Chavez se détachait de ce processus. En fait, à l’ère des mesures d’austérité, les décisions qu’il a prises pour lutter contre la pauvreté ont agi tel un phare.

Les travailleurs et les jeunes du Venezuela sont rejoint dans leur peine par de nombreux autres à travers le monde qui ont été inspirés par le régime d’Hugo Chavez et l’ont soutenu en tant qu’alternative à l’impérialisme, au néolibéralisme et au capitalisme. Face à cela, les plus pernicieux des commentateurs capitalistes n’ont jamais ménagé ni leur peine, ni leur temps, ni leur encre pour décrire leur haine de ce régime.

La douleur du deuil et la colère des masses contre ces attaques doivent être canalisée dans une nouvelle étape de la lutte de la classe ouvrière pour le socialisme au Venezuela et à l’étranger.

L’hypocrisie des commentateurs capitalistes

Depuis sa mort, de nombreux articles ont dénoncé le régime vénézuélien et Chavez ‘‘l’autocrate’’, le ‘‘dictateur’’, le ‘‘caudillo’’. Certains ont tenté de dépeindre sa mort comme la fin d’un autre régime socialiste en faillite. Le torrent de bile de ces commentateurs avait tout d’abord été préparé dans l’espoir que Chavez serait défait aux élections présidentielles d’octobre 2012. Mais tout cela a dû être mis de côté. Contrairement aux attentes des médias dominants internationaux et des politiciens capitalistes, Chavez avait remporté un troisième mandat avec 55% des suffrages, avec un taux de participation de 80%. Les politiciens capitalistes en place en Europe ne peuvent que rêver d’un tel résultat.

Ces mêmes commentateurs s’étaient fait remarquer par leur silence assourdissant lors de la tentative de coup d’Etat de 2002 réalisé avec le soutien de l’impérialisme américain. Lorsque ces champions autoproclamés de la démocratie s’en prennent à Chavez, ils laissent soigneusement de côté le fait qu’il a fait face à pas moins de 17 élections et référendums depuis 1998, et qu’il en a remporté 16.

Ces commentateurs, et les politiciens capitalistes qui sont derrière eux, ne peuvent pas supporter le fait qu’un dirigeant qui parle de ‘‘socialisme’’ et de ‘‘révolution socialiste’’, un dirigeant qui a fait face à l’impérialisme américain et à la classe capitaliste, puissent attirer à lui un soutien populaire aussi massif. Ils craignaient également le mouvement révolutionnaire potentiel des masses sur lequel reposait Chavez.

“Por ahora” – ‘‘Pour l’instant”

Chavez n’est pas apparu sur la scène politique en tant que dirigeant disposant d’une idéologie et d’un programme bien définis. Il a embrassé diverses idées de façon empirique – sous la pression des événements au fur-et-à-mesure de leur déroulement.

Chavez a été porté au pouvoir en 1998 avec une majorité écrasante. Initialement, il ne parlait que de ‘‘révolution bolivarienne’’ et de la réforme de l’ancien système corrompu. Chavez, tout comme des milliers de personnes au Venezuela dont les jeunes officiers dont il faisait partie, a été radicalisé par le « Caracazo » qui a secoué le Venezuela en 1989.

Carlos Perez avait alors remporté les élections en s’opposant au néolibéralisme du Fonds Monétaire International. Mais ce dernier a fait volte-face et a appliqué la ‘‘thérapie de choc’’ du néolibéralisme, déclenchant un soulèvement de masse des citadins pauvres. L’armée a été déployée et environ 3000 personnes ont été abattues. Les opposants de droite de Chavez n’ont que peu de choses à dire sur ces événements. Chavez, de son côté, a été radicalisé et affectées par ces horreurs. En 1992, il a dirigé une révolte populiste militaire de gauche contre le gouvernement assassin de Perez. Suite à la défaite de ce coup d’Etat, il a proclamé la révolution ‘‘terminée. Pour l’instant.’’ Ce ‘‘Por ahora’’ était destiné à être dans l’esprit des masses.

Sorti de prison deux ans plus tard, il a construit son soutien et a pu parvenir au pouvoir lors des élections de 1998, les masses du pays exigeant la fin du néolibéralisme et un véritable changement.

Les réformes limitées, mais populaires, que son gouvernement a introduits grâce à la richesse pétrolière du pays ont suffi à faire enrager l’élite dirigeante qui a tenté un coup d’Etat en 2002, suivi par un lock-out patronal. Après 48 heures, le coup d’Etat s’est effondré et Chavez a été ramené à Caracas et au pouvoir. Lors du coup d’Etat, les masses ont envahi la rue pour s’opposer au nouveau régime de droite tandis qu’une révolte a explosé parmi les rangs de l’armée et des officiers subalternes.

Le coup d’Etat de droite de 2002

L’effondrement du coup d’Etat de droite dirigé par Pedro Carmona a porté un coup décisif à la classe dirigeante et au capitalisme. La classe ouvrière et les pauvres ont eu l’occasion de prendre en main la gestion de la société. Malheureusement, à ce moment-là, Chavez a choisi de faire appel à ‘‘l’unité nationale’’ pour conclure un accord avec des sections de la classe capitaliste. Le lock-out patronal a été rompu après une lutte de 12 mois. A chaque fois, Chavez a été sauvé par le mouvement de masse issu de la base.

Ces événements ont extrêmement radicalisé Chavez qui, en 2005, a commencé à parler de ‘‘révolution socialiste’’. C’est dans cette période qu’il a également fait référence aux idées de l’un des dirigeants de la révolution russe, Léon Trotsky, ainsi qu’à celles de Karl Marx et qu’il a appelé à la fondation d’une Cinquième Internationale.

Cela a empli de rage tant la classe dirigeante vénézuélienne que l’impérialisme américain. Des nationalisations et des nationalisations partielles de sociétés importantes ont été appliquées. La mise en place d’un service de santé de base ainsi que la généralisation de programmes d’éducation et d’alphabétisation ont énormément amélioré la popularité du gouvernement. De manière significative, à l’élection de 2006 – à la suite de ce virage à gauche – Chavez a remporté sa plus grande victoire électorale avec plus de 62% des voix!

Cette évolution a eu un effet extrêmement positif en mettant la question du socialisme à l’avant plan au Venezuela et, dans une certaine mesure, également en Amérique latine et à l’étranger. L’idée de la ‘‘révolution’’ et même du ‘‘socialisme’’, de même que de réformes radicales, sont largement dominants dans la conscience de la majorité des Vénézuéliens. Il s’agit d’un héritage positif de Chavez. Il ya un clair rejet de toute idée d’un retour à ‘‘l’ancien régime’’.

Blows to capitalism, but no decisive break

Cependant, en dépit de cette phraséologie radicale, Chavez et le gouvernement bolivarien, en réponse à la crise économique mondiale qui a commencé en 2007, n’ont pas réagi en développant un programme de rupture anticapitaliste, mais ce sont plutôt déplacés dans la direction inverse.

La classe capitaliste avait été ébranlée, mais sans être vaincue. Elle est donc restée au contrôle des leviers économiques. De l’intérieur de la République bolivarienne a aussi surgi une nouvelle force : la ‘‘boli-bourgeoisie’’, une couche puissante de la société qui est devenue riche sur le dos du mouvement chaviste.

Cela, en combinaison avec l’émergence d’une puissante bureaucratie et de la détérioration de la situation économique, a assuré que, malgré les réformes populaires (que le Comité pour une Internationale Ouvrière a soutenues), d’énormes problèmes sociaux de pauvreté, de chômage, de corruption et de criminalité ont demeuré présents. Ces problèmes perdurent et découlent de l’échec à renverser le capitalisme.

Un mécontentement et une frustration généralisée se sont développé en conséquence de cela et en combinaison avec l’approche de haut en bas et administrative de la bureaucratie, avec une absence de contrôle et de gestion démocratiques des travailleurs dans le processus révolutionnaire, alors que Chavez bénéficiait d’un soutien massif. Les récentes grèves des enseignants et des travailleurs du métal ont été réprimées par l’Etat, toutes ces mesures ayant donné une arme à la droite pour combattre le régime.

Transformer les aspirations socialistes en réalité

Si le candidat de droite Henrique Capriles et la droite vénézuélienne espèrent que la mort de Chavez va se traduire en une opportunité aisée pour eux de prendre le pouvoir, ils se trompent. Malgré le mécontentement présent, l’idée de soutenir le processus révolutionnaire, celle du socialisme et la volonté de défendre les réformes sont profondément ancrées dans la société vénézuélienne.

A court terme, le plus probable est la victoire électorale de Nicolas Maduro, le vice-président nommé par Chavez comme son successeur. Le ralliement des partisans de Chavez et des masses pauvres pour vaincre la droite est déjà en développement [depuis l’écriture de cet article, un million de personnes ont participé aux funérailles de Chavez, NDT]. Capriles et la droite font, tout comme Maduro, appel au calme, à la paix et à l’unité. La droite ressent sa faiblesse et prend bien garde à ne pas provoquer de réaction parmi les masses.

Alors que certains commentateurs de droite ont instrumentalisé la mort de Chavez pour déverser leur haine anti-socialiste, d’autres sections du capitalisme et de l’impérialisme ont été plus prudents. Les déclarations prudentes du président américain Barack Obama ainsi que du secrétaire d’Etat aux affaires étrangères britannique William Hague ont pour objectif d’ouvrir une nouvelle ère de coopération avec un futur gouvernement dirigé par Maduro. Ils sont parvenus à la conclusion que la droite a peu de chance de remporter les élections et ont donc laissé la porte ouverte tenter de collaborer avec le nouveau gouvernement ‘‘chaviste’’.

Maduro et les autres dirigeants n’auront pas la même autorité que Chavez. Une nouvelle ère s’ouvrira avec ces élections. Les divisions entre courants différents au sein du mouvement chaviste peuvent éclater après la tenue des élections. Des sections de la classe dirigeante sont à la recherche de cela afin de finalement vaincre le mouvement chaviste.

Ces perspectives soulignent la nécessité urgente de l’unité de la classe ouvrière et des pauvres contre la droite. Les masses doivent reprendre le processus révolutionnaire en leurs propres mains avec des organisations indépendantes et un programme pour transformer les ‘‘aspirations socialistes’’ soulevées par Chavez en réalité. La mort de Chavez ne marque pas la fin de la lutte. Un nouveau chapitre va maintenant commencer.