Les vampires capitalistes en bavent… Le sang humain bientôt une marchandise ?

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Les capitalistes ne connaissent aucune limite morale à leur soif de profit. Une multinationale pharmaceutique Suisse (Octapharma) a ainsi entamé des démarches judiciaires pour que le plasma thérapeutique-SD soit considéré comme un médicament. Elle a obtenu gain de cause auprès de la Cour de Justice Européenne auprès de laquelle le Conseil d’Etat s’était adressé sous prétexte qu’il s’agissait d’une directive européenne, pratique pour ne pas se mouiller.

Résultat, l’Etablissement Français du Sang, organisme public qui recueille les dons anonymes et gratuits de sang, si utiles pour sauver des milliers de vies, n’a plus le droit de produire le plasma thérapeutique-SD depuis octobre dernier et perd son monopole public qui garantissait la gratuité.
Le gouvernement Valls n’entend évidemment pas s’opposer aux multinationales car l’application de la décision va permettre de justifier la suppression de 500 à 1200 postes sur les 9800 que compte l’EFS d’ici 2016. Pire encore, il a demandé à l’EFS « d’aider » les industriels en conservant et distribuant leurs produits ! Les conséquences, c’est que les malades vont désormais payer et que les multinationales vont trouver une nouvelle source de profit en achetant le sang de donneurs et en le revendant selon les lois du marché.

Le sang doit rester gratuit et le don bénévole, et non être l’otage de ce commerce ignoble !

Une première grève des salariés de l’EFS a lieu le 27 janvier.

Signez la pétition en ligne !

Exigeons le refus de l’application de cette directive,
Défendons le service public de don du sang !

Grèce: La perspective d’une victoire de SYRIZA enflamme les espoirs des travailleurs

tsipras_hopeLa lutte de masse de la classe des travailleurs pour l’application de politiques anticapitalistes et socialistes sera vitale

Le 19 janvier, six jours à peine avant les élections générales grecques, socialistworld.net (site internet du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO)) a discuté avec Andros Payiatsos, membre de la section grecque du CIO.

La dernière fois que nous avons discuté, vous nous avez parlé de la campagne de chantage et d’intimidation lancée afin de décourager les électeurs de voter pour SYRIZA. Comment les choses se sont-elles développées sur ce point ?

La classe dirigeante et ses représentants politiques sont démoralisés. Ils ont effectivement lancé une campagne d’intimidation à large échelle, mais il est absolument évident que cela n’aura aucun effet significatif et que SYRIZA constituera le prochain gouvernement. La question qui se pose encore est de savoir s’il s’agira d’un gouvernement minoritaire ou majoritaire. La classe dirigeante tente encore de développer sa campagne d’intimidation, mais elle est très faible et inefficace. Ses efforts visent maintenant à essayer de « domestiquer » SYRIZA afin de s’assurer que l’organisation de gauche radicale agisse dans les limites qu’elle lui impose.

Aujourd’hui, quel semble être le résultat le plus probable des élections ?

En Grèce et sur la scène internationale, il est généralement admis que SYRIZA remportera ces élections. Cette dernière semaine, une légère augmentation du soutien pour SYRIZA (d’environ 1%) a encore pris place dans les sondages. Mais il s’agit essentiellement d’une stabilisation de l’avance de SYRIZA. En tenant compte des abstentions, le soutien de SYRIZA se situe autour des 25-27%. Sans les abstentions, son soutien s’élève à environ 30 à 33%. C’est un score qui se rapproche du seuil qui permettrait à à SYRIZA d’être en mesure de constituer un gouvernement majoritaire.

Quelles sont les alternatives à un gouvernement SYRIZA majoritaire ?

La direction de SYRIZA considère que les « Grecs indépendants » – une scission populiste «patriotique» de la Nouvelle Démocratie (le principal parti capitaliste de droite) – représente le partenaire de coalition le plus probable. Ce parti a adopté une position opposée au Mémorandum et à la Troïka dès ses débuts. [La  »troïka » est terme désignant l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, trois organisations chargées de superviser la mise en place des mesures d’austérité par le gouvernement grec suite aux prêts d’urgence accordés à la Grèce par le FMI et d’autres gouvernements européens à des conditions drastiques, NDT]

La plupart de la gauche n’est pas disposée à coopérer avec SYRIZA. Le Parti communiste (KKE) rejette même la possibilité de soutenir par le vote de ses parlementaires la possibilité que SYRIZA forme un gouvernement. C’est une position sectaire désastreuse.

Si les Grecs indépendants ne disposent pas de suffisamment de députés, alors SYRIZA serait poussé à collaborer avec des partis considérés comme « Troikans » (c’est-à-dire des partis qui ont déjà soutenu ou appliqué les politiques d’austérité infligées à la Grèce par la troïka), comme « La Rivière » ou encore le nouveau parti de l’ancien Premier ministre du PASOK (social-démocratie) George Papandreou, le « Mouvement social-démocrate ».

Quelle est la réaction de la classe dirigeante face à la probabilité croissante d’une victoire de SYRIZA ?

Elle cherche à s’assurer qu’un gouvernement SYRIZA puisse être le plus stable et efficace possible en fonction de leurs intérêts. De larges sections des porte-paroles du capitalisme en Grèce et ailleurs disent aujourd’hui qu’il est « temps de négocier », qu’il faut  »faire preuve de souplesse », etc. L’objectif poursuivi est d’incorporer SYRIZA à l’establishment et de freiner les dangers que SYRIZA peut représenter pour les intérêts du capital en termes d’émancipation de puissants mouvements de masse opposés à l’austérité.

La réaction de la classe dirigeante n’est cependant pas uniforme et il est important de le constater. Par exemple, la classe dirigeante allemande et celle des pays qui l’entourent sont toujours partisanes de la ligne dure et sont contre toute négociation sérieuse. Elles seront sans doute prêtes à faire des concessions à un gouvernement SYRIZA au cours de négociations, mais d’un caractère très limité.

Comment SYRIZA réagit à cette pression ?

Sa direction répond exactement de la façon espérée par la classe dirigeante. L’ensemble du programme du parti est devenu absolument flou. Même certaines réformes considérées comme très basiques sont maintenant remises en question.

Par exemple, le leader de Syriza, Alexis Tsipras, dans une interview récente, a réagi au sujet de la lutte majeure de la population de Halkidiki contre l’exploitation de mines d’or. Il n’a pas pris de position claire mais a déclaré que « la loi sera appliquée » et que « les contrats seront examinés ». Qu’est-ce que cela signifie ?

En ce qui concerne le salaire minimum, l’un des principaux points du programme de SYRIZA, rien n’est aujourd’hui clair concernant son instauration. Il est question d’une mise en œuvre progressive. Vis-à-vis des privatisations et du licenciement de milliers de travailleurs du secteur public, la direction affirme simplement « nous allons étudier la légalité de ce qui s’est passé. »

Compte tenu de tout cela, l’enthousiasme réel pour SYRIZA est limité dans la société. Mais il existe aussi ce sentiment qu’il n’y a pas de choix, qu’il faut voter pour SYRIZA et lui donner si possible un gouvernement majoritaire sur base de l’impression que même si 10% des promesses sont appliquées, les choses seraient toujours meilleures qu’actuellement.

Dans quelle mesure Xekinima (la section grecque du Comité pour une Internationale Ouvrière) participe aux élections et pourquoi?

Nous soutenons SYRIZA et avons lancé une grande campagne en ce sens. Nous avons produit 150.000 bulletins de quatre pages ainsi qu’une édition spéciale de notre journal rééditée suite à une première vente de l’ensemble des exemplaires, ce qui est impressionnant compte tenu de la brièveté d’une campagne électorale qui, dans les faits, n’aura duré que 11 jours !

Dans le cadre de  »l’Initiative des 1000″ (une coalition de groupes de gauche unis autour d’un programme anticapitaliste radical), nous avons discuté avec SYRIZA du dépôt de candidats sur leurs listes. Nous n’avons malheureusement pas été en mesure de le faire. La direction de SYRIZA accepte de s’allier à d’autres forces de gauche, mais dans le cadre d’un partenariat à caractère symbolique, sans réelle chance d’obtenir des élus. Elle a exclu de nous permettre de déposer des candidats dans des endroits où nous aurions été en mesure de mener une campagne puissante et efficace. Nous avons défendu que s’il y avait collaboration avec d’autres forces de gauche, SYRIZA devait leur donner la possibilité d’obtenir de bons résultats. Il est inutile de leur retirer leurs bastions et de ne leur permettre que d’avoir des candidats là où ils ont peu, voire aucune, de chances d’être élus. En plus de cela, la durée de la campagne était très limitée. Sur cette base, tant Xekinima que d’autres camarades de  »l’Initiative des 1000 » ont décidé de ne pas se présenter.

Cette attitude de la direction de SYRIZA est indicative d’une tendance générale. Par exemple, 50 personnes non-membres de SYRIZA ont été incluses sur les listes du parti à travers le pays. Parmi eux, un seul se situe à la gauche de SYRIZA! La direction désire disposer d’un groupe parlementaire contrôlé par l’aile droite du parti.

La principale raison pour laquelle nous soutenons SYRIZA malgré ses limites est que sa victoire aura un effet libérateur sur la classe des travailleurs et les mouvements sociaux en général. La classe des travailleurs espère que les attaques antisociales cesseraient avec un gouvernement SYRIZA et que la tendance s’inverserait, dans une certaine mesure au moins, pour que quelques unes des revendications du mouvement de masse soient satisfaites. Ainsi, malgré le manque de clarté de la part de la direction du parti et le fait qu’elle s’accommode de certaines exigences de la classe dirigeante, nous croyons qu’une victoire de SYRIZA représentera un changement significatif dans le rapport de forces entre les classes au sein de la société grecque. Cela pourrait avoir un effet catalyseur et ainsi ouvrir la voie à une nouvelle période de lutte de classe.

Peut-être que SYRIZA ne modifiera par la législation du travail, qui a été complètement déréglementée, mais les travailleurs sortiront en rue afin de réclamer leur droit à ne pas être licenciés, leur droit à la journée de huit heures, le droit au paiement des heures supplémentaires, le droit à la négociation collective,… Peut-être Tsipras n’est-il pas prêt à s’opposer à la compagnie minière « Eldorado Gold » à Halkidiki, mais la population de Halkidiki n’aura pas d’autre choix que de se battre pour exiger que l’entreprise stoppe ses travaux. Nous nous attendons à ce que des mouvements similaires se produisent dans toute la classe ouvrière grecque. Peut-être que Tsipras ne sera pas prêt à en finir avec le TAIPED, l’organisme qui supervise toutes les privatisations « accélérées » exigées par les créanciers du pays, mais les travailleurs sentent qu’ils peuvent maintenant passer à l’action pour résister à ces ventes scandaleuses qui concernent des entreprises publiques, des plages, des montagnes et des forêts.

Quels que soient les compromis que désire faire la direction de SYRIZA, les travailleurs sentiront qu’ils disposent d’un bien meilleur environnement pour se battre et défendre leurs droits. C’est la raison fondamentale qui justifie de d’accorder un soutien critique et conditionnel à SYRIZA.

Nous avons très clairement expliqué que nous n’appelons pas à voter pour SYRIZA en tant que tel, nous appelons à l’instauration d’un programme socialiste révolutionnaire radical, ce qui représente la seule voie viable pour un gouvernement SYRIZA.

Pour Xekinima, que devrait faire un gouvernement SYRIZA dans les jours qui suivront son élection ?

Il faudra bien entendu immédiatement paralyser le paiement de la dette publique et déchirer le protocole d’accord avec la troïka (le mémorandum). Cela est fondamental pour tout plan visant à lutter contre la misère du peuple grec.

Il faudrait immédiatement modifier les législations du travail et des universités (pour rendre aux campus universitaires la liberté d’expression, de réunion, etc.); augmenter le salaire minimum pour revenir à ce qu’il représentait avant le début de l’austérité de la troïka; fermer le Taiped, l’organisme responsable des privatisations des services publics, de la nature et des ressources naturelles du pays; geler et abroger toutes les privatisations qui ont eu lieu au cours de ces dernières années; mettre un terme aux projets controversés actuellement en construction comme à Halkidiki, etc.

Cela risque sans aucun doute de provoquer une réaction de l’establishment capitaliste national et international. Y faire face avec succès requiert de procéder à la mise en œuvre de mesures anticapitalistes audacieuses, de nationaliser les banques et les secteurs dominants de l’économie et de planifier l’économie sur base de la satisfaction des besoins de la population et non de la soif de profits. Pareil processus doit être réalisé sous contrôle et gestion démocratiques des travailleurs.

Cela doit également être lié aux luttes des travailleurs à travers l’Europe. Nous sommes certains que si SYRIZA va de l’avant avec un tel programme, l’effet serait majeur à l’échelle internationale, en particulier pour la classe ouvrière d’Europe du Sud. Cela pourrait jeter les bases d’une alternative socialiste internationale à l’Union Européenne capitaliste et à la domination de la troïka.

Dans la campagne électorale, SYRIZA se réfère aux aspects internationaux de ses politiques, à Podemos (le nouveau parti de gauche en Espagne) et à d’autres mouvements «progressistes» à l’échelle internationale. Malgré que le programme de SYRIZA soit si doux et conciliant, il pourrait toujours avoir un grand impact à l’échelle européenne et internationale. Cela montre ce qui pourrait être réalisé si le programme défendu était plus radical. Le potentiel est présent, très clairement. À l’heure actuelle, les politiques de SYRIZA sont de type néo-keynésiennes et cherchent à trouver la fin de l’austérité dans le cadre du système capitaliste.

Dans les conditions de la crise capitaliste, un tel programme n’est pas viable. Seul un programme de rupture anticapitaliste peut offrir une véritable voie à suivre. Ce serait possible avec l’intervention massive de la classe ouvrière et des masses populaires qui pourrait, sous certaines conditions, pousser SYRIZA beaucoup plus loin vers la gauche que ce que sa direction envisage ou peut imaginer. Les efforts de Xekinima au lendemain des élections iront dans cette direction.

Il faut un mouvement de grèves et de manifestations le plus large possible pour stopper ce gouvernement !

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Alors que le chômage continue d’augmenter, que les 50 milliards de coupes du  »pacte de responsabilité » se font sentir dans les services publics et les collectivités et que tout augmente en ce début
d’année, la colère n’a jamais été aussi grande parmi les travailleurs.

Beaucoup ont regardé les journées de grève générale en Belgique et en Italie avec envie. Depuis l’élection de Hollande cela n’a été qu’attaques contre les travailleurs et cadeaux au patronat, et pourtant nous n’avons eu que quelques journées de mobilisation sur l’ANI ou sur la nouvelle casse de la Sécu. Mais il n’y a jamais eu d’appel clair à la grève tous ensemble et un flou volontaire dans les mots d’ordre par les directions syndicales – pas même par celles qui n’ont pas signé les accords dont seul les reculs seront vraiment appliqués. On le voit bien avec l’abandon du plancher de 24 heures pour le travail à temps partiel.

Pourtant en 2014 le nombre de grèves a augmenté, beaucoup de secteurs se sont mobilisés et continuent (postiers, cheminots, hospitaliers…) mais il y a aussi eu beaucoup de grèves contre les plans de licenciements et des victoires sur les salaires comme dans les hôtels de luxe parisiens. Lorsque les partis à la gauche du PS ont appelé à la « Marche contre l’austérité » en novembre, beaucoup s’en sont saisi même si elle ne portait malheureusement que peu de perspectives pour lutter contre ce gouvernement, comme une véritable journée de grève.

Ce qu’il manque c’est un plan de bataille, une stratégie pour stopper ce gouvernement

Il est déjà très fragile avec une majorité de plus en plus restreinte au fur et à mesure qu’il met en place une politique libérale et d’austérité. Il marche sur des oeufs et n’a pas annoncé d’autres mesures que la loi Macron à la fin de l’année car cela fait déjà beaucoup– même si Hollande veut minimiser en disant que ce n’est pas la loi du siècle. Même Macron a dû rappeler à l’ordre Gattaz qui veut évidemment placer le curseur le plus à droite possible, parlant de supprimer l’obligation de devoir justifier un licenciement.

Plusieurs secteurs ont déjà prévu des mobilisations. L’intersyndicale des transports routiers a prévu une grève reconductible à partir du 18 janvier entre autres sur les salaires. Les cibles prioritaires sont les dépôts de carburants, les centrales d’achat et les grands axes routiers. Une manif nationale des cheminots a lieu aussi le 29 janvier contre les effets néfastes pour les usagers comme les cheminots de la réforme ferroviaire. Il y aura la mobilisation dans l’Éducation qui va reprendre, avec des mobilisations dans certaines académies jusqu’à la grève du 3 février. Le 26 janvier lorsque la
loi Macron sera présentée au parlement, une journée de grève et de mobilisation est prévue surtout dans les grandes villes et à Paris.
Il faut que les différents secteurs sous attaques se retrouvent pour lutter ensemble car la politique antisociale du gouvernement touche tous les travailleurs, et d’autant plus avec la loi Macron qui planifie la casse du Droit du travail.

Tout les militants syndicaux et politiques combatifs pourraient appeler à se joindre dès maintenant à la date du 26 pour en faire une journée de grève nationale contre la loi Macron. Des responsables politiques et syndicaux ont d’ores et déjà annoncé une « bataille » sur cette loi. Soutenir, populariser et appeler à cette grève du 26 à l’échelle nationale est donc la moindre des choses.
Cette journée devrait être appelée comme une première journée de grève qui bloque le commerce et les transports et pourrait avoir un fort impact pour inverser le rapport de force et montrer qui crée les richesses. Il faudrait dans la foulée annoncer les suites de manière offensive, et mobiliser pour une vraie grève nationale, tous ensemble, qui bloque totalement l’économie, la production, la circulation des marchandises, et ainsi lancer le signal que la guerre est engagée pour stopper ce gouvernement et toute sa politique.

Non aux nouveaux «assouplissements» sur le travail de nuit et du dimanche

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Macron sur RTL le 11 décembre :
«Faites deux secondes l’épreuve du réel : doublez le salaire, voyez si un petit magasin peut payer le double. »

Macron prévoit de passer le nombre de dimanches où les magasins pourront ouvrir de 5 à 12 par an : c’est trois mois de dimanches travaillés ! Il y a aussi la mise en place des « zones touristiques internationales » et des « zones commerciales » dans les endroits « à fort potentiel économique » (soit potentiellement partout) où les « compensations » sont faibles voire inexistantes, comme c’est déjà le cas dans les gares par exemple. Pendant les entretiens d’embauche dans ces endroits, on pose déjà la question fatale : « Pourrez-vous travailler le dimanche ? »… on repassera pour le soi-disant « volontariat ».

Quant aux fameuses « compensations », elles seront négociées boîte par boîte et non pas par convention collective… et 0,50€ de plus ou une minute de repos compensateur par heure, c’est une « compensation ». Prenons les choses à l’envers: si les salaires permettaient de vivre décemment, s’il n’y avait pas autant de temps partiel imposé, voudrait-on sacrifier notre dimanche, un des seuls jours qu’il reste à une grande partie des travailleurs, pour avoir du temps pour soi, se reposer, se cultiver, passer du temps en famille…?

Dans ces zones, le travail jusqu’à minuit serait la norme (il est certain que pouvoir s’acheter un rouge à lèvres à 23h30 c’est hyper important). Les risques pour la santé sont énormes quand on travaille tard comme ça : le risque d’accident du travail est multiplié par 2, les risques cardiovasculaires de 1,5 à 2,8. Il y a de nombreux troubles du sommeil, mais aussi alimentaires avec des risques de surpoids deux à trois fois plus importants… Et il y a aussi le fait de pouvoir rentrer chez soi à cette heure-ci ce qui n’est pas une mince affaire quand on habite loin de son lieu de travail (ce qui est particulièrement le cas si on travail chez les bourges à Bd Haussmann).

On prétend nous faire croire que l’ouverture des magasins le dimanche augmenterait la consommation : aura-t-on comme par magie plus d’argent ? Bien au contraire.
En réalité plus les travailleurs ont des horaires de fou, plus on peut imposer ailleurs le même type d’horaires. Si l’exception du travail la nuit ou le dimanche devient la norme, alors il est on ne peut plus clair que les patrons, lorgnant sur leurs profits, feront pression pour que les maigres compensations (majoration de l’heure de travail, repos compensateur, primes) disparaissent. Et d’autre part il faudra des transports, des services, etc. correspondants et cela fera encore plus de travailleurs précarisés.

Les travailleurs du commerce se sont déjà bien rendus compte du piège et ont été nombreux à se mobiliser et à faire grève en région parisienne les 16 novembre et 16 décembre (voir les rapports sur notre site). Galeries Lafayette, BHV, Gibert Joseph, Printemps, Fnac, Monoprix… la mobilisation n’a fait qu’aller crescendo. Une nouvelle grève est prévue le 26 janvier, date à laquelle le projet de loi sera à l’Assemblée. Il est crucial qu’elle soit une réussite et qu’y participent le plus largement possible les travailleurs du commerce, mais aussi ceux du nettoyage, de la logistique, de la sécurité, etc. et qu’elle puisse être un point de départ de luttes pour augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail partout, y compris dans la grande distribution.

Par Cécile

La loi Macron : un projet historique de recul pour les droits des travailleurs

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Parce que la loi Macron ce n’est pas que les professions réglementées et l’ouverture des magasins le dimanche et la nuit. C’est un recueil d’attaques contre les salariés et leurs droits.
Macron veut mettre les travailleurs à la rue en réduisant la protection du bail à deux ans après un changement de propriétaire. Cette loi va permettre une plus grande spéculation sur ce marché et accroître la crise du logement.

Inversons la courbe du chômage, facilitons les licenciements et ouvrez
votre ligne de bus !

Sans rire c’est la proposition pour relancer l’activité et l’emploi. Des sociétés pourront ouvrir des lignes de bus (avec des tarifs libres donc chers). Comme si ça allait créer des dizaines de milliers d’emplois (précaires) dans les zones mal desservies alors que ça devrait être le boulot de l’État de développer des services publics dont on a besoin.
Alors que le gouvernement a déjà facilité les licenciements avec l’ANI en 2013, la loi prévoit que pour les licenciements de 2 à 9 personnes dans les entreprises de plus de 50 salariés la DIRECCTE (inspection du travail) n’a plus à vérifier si les représentants du personnel ont été « réunis, informés et consultés ». Dans le cas où le tribunal administratif aurait annulé la décision de validation ou d’homologation du plan de licenciement la loi prévoit qu’il soit reconnu quand même… Donc plus aucune possibilité judiciaire de contester.
Les entreprises en redressement ou en liquidation qui font partie d’un groupe n’auront plus d’obligation de reclassement au niveau du groupe, mais seulement dans l’entreprise. En clair il suffira d’organiser la faillite d’une filiale pour licencier.

La casse organisée du droit du Travail

L’existence même de la médecine du travail aussi est remise en cause: la visite médicale pourra être tous les quatre ans chez le généraliste dont ce n’est pas le travail! Le but étant de licencier plus facilement pour inaptitude.
Et la casse des Prud’hommes continue en donnant plus de pouvoir aux juges professionnels qui pourront reprendre les dossiers si les conseils font défaut. Et on retire la possibilité de les élire puisqu’ils seront désormais désignés par les syndicats selon la représentativité. L’Inspection du travail est encore attaquée avec moins d’effectifs et encore moins de pouvoirs accordés aux inspecteurs de terrain au profit des directeurs des DIRECCTE ou aux juges.
Pour finir on encourage la répression syndicale en supprimant la peine d’emprisonnement associée jusqu’ici au délit d’entrave à l’action syndicale.

[INTERVIEW] Vers un gouvernement Syriza ?

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Des élections générales se tiendront le 25 janvier

Interview d’Andros Payiatsos, Xekinima (Section grecque du Comité pour une Internationale Ouvrière)

Suite à l’impossibilité d’élire un président, une crise institutionnelle a éclaté fin de l’année dernière en Grèce, pays en proie à une austérité sauvage. Des élections générales anticipées sont de ce fait appelées le 25 janvier. Cette situation suscite une grande panique de la classe capitaliste internationale qui semble perdre la main. En effet, le parti de gauche radicale Syriza se retrouve en tête des sondages, car il est considéré comme la meilleure opportunité pour riposter contre l’austérité.

Pourquoi ces élections ont-elles été appelées ?

Officiellement, cela fait suite aux élections présidentielles. En Grèce, le président est élu par une majorité de 60% au Parlement. La constitution précise que si le Parlement se retrouve dans l’incapacité d’élire un président, des élections générales doivent alors être organisées et le président peut alors être élu par une majorité simple au nouveau Parlement.

Toutefois au-delà de cette question, la raison fondamentale de la crise actuelle porte sur les politiques du gouvernement qui se sont heurtées à un mur de briques. La société rejette ces politiques et cela s’est reflété au Parlement, où le PASOK (le parti traditionnel de l’ex-social-démocratie) et la Nouvelle Démocratie (parti de droite capitaliste) ont perdu une grande partie de leurs députés. Ces députés sont devenus indépendants et n’ont plus voté avec le gouvernement. En outre, les partis gouvernementaux ne sont pas parvenus à diviser les partis plus petits que sont Gauche Démocratique et Grecs Indépendants en dépit de leurs intenses tentatives en ce sens. Ils n’ont de ce fait pas réussi à recueillir les 60% nécessaires à l’élection d’un nouveau président et ainsi rester au pouvoir jusque 2016, année où devait se finir l’actuelle législature.

Que devrait-il normalement se produire avec ces élections ?

Le plus probable est une victoire de Syriza.

Pourtant, la classe capitaliste, tant grecque qu’internationale, a lancé une grande campagne basée sur la peur pour tenter d’empêcher que cela n’arrive. Celle-ci argumente – comme cela était attendu – que si Syriza remporte les élections, la Grèce serait alors expulsée de l’Euro, que cela équivaudrait à un cauchemar absolu, que tout l’enfer se déchainerait sur le pays, etc. Le premier ministre a notamment déclaré qu’avec une victoire de Syriza, la Grèce deviendrait similaire à la Corée du Nord. Cette campagne atteint des sommets de ridicules.

Cependant, l’effet sur la population ne sera pas le même qu’en 2012. Les gens sont maintenant suffisamment en colère que pour voter pour Syriza malgré cette campagne de peur. L’establishment est donc en pleine panique concernant l’issue de ces élections, et notamment la Nouvelle Démocratie.
Mais rien n’est encore joué. Papandreou (le précédent premier ministre et ancien président du PASOK) veut créer une scission au sein du PASOK et constituer un nouveau parti. Cette scission se présente comme étant l’aile gauche du parti. Elle accuse le parti d’abandonner les principes socialistes, en dépit du fait que Papandreou est précisément le premier ministre qui a mis la Grèce sous la coupe de la Troïka. Le soutien dont pourrait bénéficier ce nouveau parti représente encore une question ouverte.
Notons que l’avance de Syriza sur la Nouvelle Démocratie tourne autour des 3-4% dans les sondages. Bien que l’évolution la plus probable soit une victoire pour Syriza, il est difficile de prédire quelle sera son ampleur. Sera-t-il possible de former un gouvernement majoritaire ou devront-ils composer avec un gouvernement minoritaire devant compter sur les votes des parlementaires de la Gauche Démocratique (s’ils sont élus), des Grecs Indépendants ou du nouveau parti de Papandreou ? Toutes ces forces sont acquises à l’establishment.

Comment pensez-vous que Syriza agirait au gouvernement?

À certains égards, la direction de Syriza préfèrerait l’emporter sans disposer de la majorité absolue. Ce cas de figure lui permettrait de blâmer les parlementaires d’autres partis pour ne pas être en mesure de mener des politiques plus radicales.

Ce ne serait toutefois qu’un prétexte. La direction de Syriza s’est clairement droitisée depuis les élections de 2012. Dans le reste de l’Europe, Syriza est présenté comme un parti radical, très à gauche, voire même d’extrême-gauche. Mais en Grèce, la méfiance et le manque d’enthousiasme sont grands parmi les masses. La population observe que les dirigeants de ce parti font tout leur possible pour parvenir à un accord avec les forces du marché – la Troïka, l’Union Européenne et l’establishment national. Il n’est d’ailleurs pas exclu que Syriza puisse encore glisser plus loin vers la droite une fois au pouvoir afin de rester au sein de la zone euro.

Face à ce risque, nous aurons l’intervention des mouvements de masse. Les problèmes de société sont gigantesques avec des millions de personnes se trouvent dans une situation absolument désespérée. Ils devront se battre, et ils vont se battre, pour pousser vers la gauche un gouvernement Syriza. Ainsi, malgré le fait que la direction Syriza se droitise et recherche d’un compromis avec les forces des marchés à l’échelle internationale, il est possible qu’elle soit poussée vers la gauche sous la pression du mouvement de masse.

Que pense Xékinima de la riposte nécessaire face à la campagne de peur au sujet de l’euro, etc. ?
Nous pensons qu’il est impossible d’avoir un programme favorable à la classe des travailleurs – abandonner l’austérité, sortir de la crise économique sur base du secteur public, refuser les politiques néolibérales de l’Union Européenne – et de rester en même temps dans la zone euro telle qu’elle existe aujourd’hui.

Il n’y a que deux possibilités. Soit un appel de masse internationaliste sera lancé – par les forces radicalisées de la classe ouvrière et le gouvernement de gauche grecque et les forces de gauche européenne – afin de lutter pour arracher des changements majeurs dans une orientation socialiste à travers le continent. Soit, si cet appel ne se produit pas (et est refusé par la direction de Syriza) ou s’il n’a pas suffisamment de temps pour se développer, alors le pays se retrouvera à l’extérieur de la zone euro.

Un retour à une monnaie nationale ne serait cependant pas nécessairement une catastrophe si cela s’accompagne de politiques socialistes menées en Grèce par un gouvernement de gauche basées sur des nationalisations des secteurs clés de l’économie et la planification démocratique de l’économie sous contrôle et gestion des travailleurs. Dans ces conditions, un appel internationaliste devrait continuer à être lancé vers un changement socialiste majeur en Europe. Nous croyons que cette approche doit être soumise ouvertement à la classe ouvrière grecque afin de la préparer aux batailles qui se profilent.
Malheureusement la direction de Syriza ne se prépare à aucune de ces deux options. Elle crée simplement un optimisme artificiel : « ne vous inquiétez pas, rien ne se passera, nous garantissons que le pays va rester dans la zone euro ». C’est une grave erreur.

Comment la lutte devrait-elle être organisée sous un gouvernement Syriza ?

Dans le contexte actuel, aucune lutte isolée ne peut l’emporter. La coordination consciente des luttes est primordiale. Elles doivent se lier à la base et à la gauche de Syriza afin de pousser le parti vers la gauche. Des structures démocratiques doivent être crées dans la société et au sein des mouvements de sorte que la base puisse avoir voix décisive.

Pour se débarrasser de la Troïka et du gouvernement actuel, ces luttes doivent être aux mains de l’ensemble de la gauche. Malheureusement, celle-ci est divisée. Une partie de la responsabilité de cela incombe à la direction de Syriza, qui ne cherche pas à construire véritablement un front uni. Mais la société et la classe ouvrière vont se déplacer en masse pour voter pour Syriza.

Xekinima, section grecque du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) fait partie de ce mouvement. Dans le cadre de ‘‘l’Initiative des 1000’’, nous appelons à voter pour Syriza. Nous soutenons que les luttes doivent viser l’application d’un programme socialiste : nationaliser les banques, nationaliser les leviers économiques, planifier l’économie. Tout cela doit être sous contrôle et gestion démocratiques des travailleurs, sinon nous connaitrons la corruption que nous avons déjà vue à l’œuvre dans le secteur étatique. Sur cette base, les luttes peuvent être victorieuses et constituer une énorme source d’inspiration pour les masses dans le reste de l’Europe.