Irlande : vent de révolte

Paul Murphy, député de notre sectionsoeur du Socialist Party, prenant la parole lors d’une manifestation contre la nouvelle taxe sur l’eau potable

L’Irlande est agitée par le vaste mouvement contre la mise en place de taxes sur l’eau qui entraînera la fin de la gratuité de celle-ci. Les comités de non paiement lancé par l’Anti-Austerity Alliance (Alliance Antiaustérité, AAA, campagne politique large initiée en grande partie par les militants du Socialist Party, l’organisation soeur de la Gauche révolutionnaire) ont été le catalyseur d’une révolte populaire quasiment jamais vue.

Des listes unitaires à la gauche du PS existent…

Dirigeants du Front de Gauche

Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, tous trois du Front de Gauche, avec Cécile Duflot d’Europe Ecologie – Les Verts, lors du meeting de soutien à Syriza du 19 janvier dernier (Albert Facelly)

Le Front de gauche a impulsé la constitution de candidatures unitaires (environ 1500). Le profil de ces candidatures est celui d’une opposition électorale de gauche au gouvernement, à la droite et anti FN. Le regroupement de forces s’est fait dans de nombreux départements avec le PCF, le PG, Nouvelle Donne et quelques rares fois avec le NPA.

Débrayages à Carrefour pour les salaires et les acquis

Au Carrefour de Marseille Meylan le 13 mars, 60% des employés en grève

Au Carrefour de Marseille Meylan le 13 mars, 60% des employés en grève

Ce vendredi 13 mars, les employés des hypermarchés Carrefour sont appelés par la CGT et la CFDT à débrayer une heure dans les magasins contre les dernières mesures introduites par la direction lors des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) et pour de meilleurs salaires.

Les NAO de cette année ont été marquées à Carrefour par la colère des employés ! De nombreux débrayages et grèves ont eu lieu à travers tout le pays, pour l’heure surtout sur les Market, pour protester contre la ridicule augmentation de salaire proposée par la direction : 0,5% ! … alors que celle-ci n’a de cesse de répéter aux actionnaires du groupe que les profits sont en hausse, qu’ils regagnent de la marge, des parts de marché, et autant de beaux discours qui plaisent à ces messieurs du CAC40. Et leur plaisent d’autant plus que c’est à coup de dizaines de millions d’euros d’argent public (avec le CICE notamment) et de milliers d’emplois supprimés que les actionnaires et les patrons du groupe se mettent des millions dans les poches. Ainsi si cette « augmentation » représente 7€ pour une caissière, c’est +10% sur les dividendes pour eux !

Carrefour se spécialise aussi dans l’embauche ultra précaire avec un recours forcené aux CDD et autres contrats de professionnalisation en magasin et à l’intérim, notamment au siège où 550 postes ont été supprimés en 2013. Pendant les NAO de cette année le patronat de Carrefour a introduit une mesure qui conditionnera l’obtention de deux primes, qui représentent environ un mois de salaire, non plus à 3 mois d’ancienneté mais à 12 : ils entendent ainsi voler aux employés 13 millions d’euros supplémentaires !

#Joptimisme ?!? Non pas vraiment, non !

Stop aux arnaques ! Il grand temps que les syndicats de Carrefour hypermarchés, market, city…, lancent une grande campagne nationale, pour une fois en s’asseyant un peu sur leurs querelles de chapelle (notamment entre la CFDT et FO – qui n’appelle même pas au mouvement d’aujourd’hui !), pour de véritables augmentations de salaire et des embauches en CDI en nombre suffisant pour assurer la charge de travail et contre les reculs que veulent nous imposer les patrons et les actionnaires !

Ni Valls, ni Sarkozy et Cie, ni Le Pen !

imagesLe gouvernement se prépare à se prendre une monumentale gifle lors des prochaines élections départementales fin mars. Tout cela sur fond de plans de licenciements ou de fermetures d’entreprises qui continuent, d’un chômage record, de magouilles politicardes dans tous les partis institutionnels, FN compris, et de continuation d’une politique qui s’appuie encore et toujours sur la division et la précarité de la situation d’une grande partie d’entre nous pour tenter de nous empêcher de riposter.

Partis traditionnels : ça va leur faire mal

Le ras-le-bol est énorme. Le PS, qui prouve tous les jours son incapacité totale à être autre chose que le relais politique des revendications du Medef et consorts, va indubitablement voir ses scores s’effondrer. On voit fleurir, çà et là, des tracts de campagne pour « la gauche » dont on doitaller lire au verso les tout petits caractères pour savoir que c’est un tract du PS. Ils ont beau essayer de jouer sur les chiffres du chômage du mois de janvier pour dire que « le redressement est en marche », eux-mêmes estiment qu’ils vont se faire éliminer dès le premier tour dans un quart des cantons où ils se présentent. Et effectivement ce ne sera guère étonnant. Tout simplement parce qu’il y en a marre de leur politique !

Quant à la droite, embourbée tout comme la « gauche » dans ses guerres internes, n’arrive pas à apparaître comme une alternative – et pour cause, tant on sait à quel point leur programme économique et social est le même que le gouvernement: « réduction des déficits », comprendre encore des milliers de suppressions d’emplois dans la Fonction publique, fermetures d’hôpitaux, gel des salaires ; attaques sur les droits du travail, le CDI, répression des syndicalistes et des mouvements environnementaux… Le grand « come-back » Sarkozy, avec exactement les mêmes propositions que lors de sa campagne pour 2012, a tellement été un échec qu’il a tenté de s’engager dans une bataille des acronymes avec son ridicule « FNPS », comme si ça allait faire une ligne politique… On aurait presque envie d’en rire.

Le FN continue de profiter de la situation et du vide politique

Ainsi, comme aux européennes, le FN part dans ces élections avec un triomphalisme écrasant – ils n’ont d’ailleurs jamais eu autant de candidats à présenter lors de ce scrutin. Mais encore une fois, le soi-disant « plus grand parti de France » ne sera pas le FN, ce sera l’abstention. Une chose est claire aujourd’hui, c’est que ce scrutin ne rameutera pas les foules, tant le dégoût est grand. Jusqu’à 10 millions de personnes sont non inscrites ou mal inscrites (inscrites sur leur ancien lieu de résidence par exemple) sur les listes électorales. Il suffit de regarder les chiffres, significatifs, de l’élection législative partielle qui a eu lieu en février dans le Doubs : à l’exception de Lutte Ouvrière et des Verts, qui se présentaient seuls cette fois-là, absolument tous les partis ont perdu des voix par rapport aux législatives de 2012. Le FN n’a pas échappé à la tendance avec 13% de voix en moins…. mais un pourcentage qui a été mécaniquement augmenté par la faible participation (environ 40%).

Pour autant, la situation politique va être marquée par les scores électoraux et les forts pourcentages que le FN va certainement faire. Une partie des travailleurs va possiblement utiliser ces élections pour montrer son ras-le-bol. Malheureusement, en l’absence d’une opposition de gauche intransigeante face à Hollande-Valls et au patronat et d’une volonté de riposte face à leur politique, alors qu’il y a franchement de quoi faire, c’est le FN qui va pouvoir en partie récolter les voix de ceux qui ne voient pas de porte de sortie à une situation quotidienne qui s’empire pour la majorité.

Il nous faut (vraiment) une voix politique à nous

Dénoncer le FN comme « antirépublicain », gesticuler ou en appeler à « l’amour de la France » pour contrer ce parti est désespérément illusoire. Ce qu’il faut dénoncer dans le FN, c’est que les Le Pen sont des millionnaires, que leur parti a les mêmes pratiques que les autres, qu’il défend le même système économique basé sur l’exploitation de la majorité au profit d’une minorité, qu’ils veulent tout autant nous diviser entre nous pour nous endormir et empêcher de lutter ; et faire activement campagne pour cela.

Pour autant, la simple dénonciation du FN ne sera jamais suffisante – il faut mettre un terme aux conditions qui permettent à ce parti de se développer et à l’offensive déterminée du patronat et de ce gouvernement contre nos conditions de vie ! Si l’on ne combine pas l’un à l’autre, alors l’opposition au FN ne pourra être qu’une sorte d’idéal moral, comme quoi « c’est pas bien », mais sans apporter aucune solution concrète aux problèmes quotidiens qu’on rencontre. C’est bien les travailleurs, à Sanofi, Thalès, Michelin… à travers leurs grèves, qui ont réussi à arracher à leurs patrons des augmentations de salaire. C’est bien les profs et les parents d’élèves avec leurs mobilisations qui ont empêché la fermeture de classes en ZEP ou permis d’obtenir plus de moyens pour certaines écoles.

C’est cette alternative-là, l’opposition franche et résolue à toute la politique du gouvernement à travers les luttes, qu’il faudra défendre et porter dans la prochaine période et dans les manifestations qui auront lieu après les élections!

Par Cécile

Environnement Algérie : extraction des gaz de schistes à hauts risques…. politiques !

manifestation contre les gaz de shiste en algérie

Manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste à In-Salah

Au Maghreb, le nombre de forages s’accélère et notamment en Algérie qui voit la manne pétrolière se réduire avec la baisse du prix du pétrole, les revenus pétroliers assurant 95 % des recettes en devises du pays. Le pays a fait depuis décembre 2014 ses premiers forages de prospection de gaz de schistes dans le Sud algérien. Et les premières luttes des habitants ont commencé.

Des populations du Sahara algérien en lutte

Depuis plus de 60 jours, la mobilisation a commencé notamment à In-Salah, près du premier site d’exploration dans le Sahara algérien, à 1 500 km au sud d’Alger. Début janvier 2015 les habitants ont exigé un moratoire sur les forages. Ils ont occupé une place rebaptisée Somoud (résistance). Malgré la fatigue, la répression et l’interdiction de manifester notamment le 17 janvier dernier à Alger, les manifestants opposés à l’exploitation du gaz de schiste ne lâchent pas. Ils ont été dispersés fin février de la place où ils faisaient un sit-in. Pourtant le 1er mars, les manifestants ont repris leur action. La place Somoud se situe face à la sous-préfecture d’In-Salah, incendiée après l’intervention de la police ayant fait des dizaines de blessés. D’autres manifestations ont eu lieu à Tamanrasset, Til… ? Le chef de brigade chargé de la protection de la base de Haliburton à 10km d’In Salah aurait crié aux manifestants le 28 février « Nous sommes là pour protéger ceux qui viendront fracturer le second puits, vous n’y pourrez rien »!

La mobilisation et la confrontation sont donc très fortes. Les populations sont bien conscientes des risques pour leur région et leur vie. La technique nécessite une très grande quantité d’eau et des solvants pour libérer les gaz dans le schiste. Dans un pays qui manque d’eau, mettre en place la fracturation hydraulique signifie risquer de polluer les réserves d’eau actuelles et futures. C’est tout simplement meurtrier pour les habitants qui seront les premiers touchés et durablement!

A In-Salah on peut lire: « Nous ne sommes pas les enfants de Paris !»

Les scandales de corruption autour de l’énergie pleuvent en Algérie. L’entreprise publique Sonatrach opère avec des partenaires comme Anadarko (USA), ENI (Italie), Shell (Anglo-néerlandais) ou BP (GB). L’ex-ministre algérien de l’énergie est en exil aux États-Unis, sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Il aurait facilité des transactions entre la firme pétrolière italienne Saipem et Sonatrach pour un montant de 8 milliards d’euros avec près de 205 millions d’euros de commissions, placés en Suisse!

Alors quand la rumeur est arrivée que Total soit de ceux qui font les forages, la colère a redoublé contre ce symbole de l’impérialisme de l’expuissance coloniale. Le ministre des Affaires étrangères de France, Fabius, a dû rétropédaler : Total ne serait officiellement pas de la partie. Total a déclaré « n’avoir jamais participé à des activités de forage de puits à objectifs gaz de schiste, ni à Ahnet ni ailleurs en Algérie » et a aussi effacé de son site web la référence à un forage algérien. Les slogans ciblent les sociétés étrangères et notamment françaises. La lutte pourrait devenir hautement politique contre les privatisations, la corruption du régime de Bouteflikha et leurs liens avec les grandes firmes capitalistes. La population ne veut plus se faire dépouiller et polluer.

Intensifier la lutte, s’en prendre au capitalisme !

Les procès pour pollution, les luttes contre les forages se développent un peu partout. Ces luttes prennent d’autant plus un caractère vital que les conditions de survie sont déjà très difficiles. Mondialement près de 400 millions de personnes vivraient sur des bassins de schistes.

Un moratoire pourrait temporairement stopper l’exploration et l’exploitation. Mais en réalité il faut imposer l’interdiction de l’exploitation des gaz de schistes. Et pour cela, le seul moyen est d’exproprier les multinationales et les consortiums qui opèrent. La priorité est aussi le contrôle et la gestion par les habitants des entreprises privées, et publiques, telle que la corrompue Sonatrach algérienne.

Cette destruction sauvage des ressources est profondément liée à la vision à court terme des capitalistes en recherche permanente de profits immédiats quoi qu’il en coûte. «Déjà» les premiers gisements des années 2000 aux Etats-Unis se tarissent… Planifier durablement l’utilisation des ressources n’est pas possible dans le système capitaliste qui tend à tout vendre. Le sol et le sous-sol doivent être propriété collective des habitants et contrôlés par eux. Seule une société socialiste, débarrassée de cette vision capitaliste à court terme et anarchique, permettra d’utiliser et de préserver les ressources dans le même temps.

Par Leïla

Chapelle Darblay : 120 jours de lutte et un premier succès pour les salariés

chapelle darblay

Les salariés de UPM – Chapelle Darblay en manifestation dans l’agglomération rouennaise le 17 février

A l’usine UPM de papier de Grand-Couronne près de Rouen, 196 emplois (55% de l’effectif) sont toujours menacés. La direction voulait mettre en place dès ce premier trimestre son PSE mais c’était sans compter sur la détermination des salariés pour sauver leurs emplois.

Il faut dire que lutter est une tradition chez les ouvriers des deux usines de Seine Maritime comme pendant la lutte qui dura 3 ans de 1980 à 1983.La gauche est au pouvoir et la direction annonce 360 licenciements. Les ouvriers se mettent en grève, occupent l’usine de St Étienne du Rouvray. Ils font tourner les machines et sortent du papier. Ils prouvent ainsi que l’usine est
viable !

Au bout de 3 ans le gouvernement cède et propose un nouveau plan de sauvegarde des emplois. Les deux usines sont modernisées.
Et cette année, les salariés se battent aussi sur tous les fronts, contre le PSE et pour la défense des emplois mais aussi pour des augmentations de primes mensuelles et de vacances obtenues après avoir retenu la direction en janvier.

À l’appel de la CGT, ils ont bloqué Rouen avec les dockers le 10 février et étaient en tête de la manifestation régionale pour l’emploi le 17 février aux côtés d’autres salariés.

Toute cette détermination leur a donc permis le 23 février d’obtenir un sursis jusqu’en juin. La machine 3 qui devait fermer et donc amener ces licenciements tournera jusqu’au 20 juin. Aucun licenciement n’aura lieu avant le 30 juin.

Mais ce n’est pas la solution pérenne que les ouvriers veulent c’est à dire aucun licenciement et ils vont donc continuer leurs actions et journées de grève en mars et avril.