Le travail le dimanche et le travail de nuit doivent redevenir des exceptions !

travail-dimanchePrésentée comme telle par les journaux, notamment avec le dessin de Plantu dans le monde, faisant l’amalgame entre fondamentalistes et militants CGT ; la question du travail le dimanche opposerait des gentils patrons qui essaient d’offrir un moyen pour leurs salariés de gagner un peu plus en travaillant le dimanche ou le soir et les méchants syndicalistes qui essaient d’empêcher ces mêmes salariés de travailler « librement ». Tout comme d’ailleurs ces mêmes syndicalistes veulent empêcher qu’on puisse acheter un parfum à 23h ou un tournevis le dimanche. La réalité, c’est une tendance qui s’accentue à banaliser les périodes de travail tardives ou dominicales pour les rendre « normales », et faire qu’un dimanche ou une soirée soit au bout du compte payé pareil qu’un mardi de 13h à 17h.

Une bataille patronale commencée il y a longtemps.

Dès les années 1970, des grandes surfaces remettent en cause cette la législation et manifestent leur volonté d’ouvrir le dimanche. Le but ? faire reculer peu à peu la législation. Les dérogations au principe du repos dominical se multiplient. Un rapport du Conseil économique, social et environnemental de 2007 en dénombre 180. En 2009, la loi du 10 août, tout en réaffirmant le principe du repos du dimanche dans l’intérêt des salariés, adapte le régime des dérogations avec la création de 607 zones déclarées touristiques en France (41 zones et 566 communes classées d’intérêt touristique) et celle de 20 périmètres d’usage de consommation exceptionnel (PUCE) installés dans les agglomérations de Paris, Lille et Marseille. Les préfets peuvent accorder des dérogations pour les entreprises ce qui se fait  « à la tête du client » .

Le travail du dimanche, gain ou jeu de concurrence pour le entreprises ?

Cette loi est aujourd’hui contestée et jugée trop complexe par le patronat qui a soutenu toutes les dérogations… Le débat sur l’ouverture le dimanche a été relancé par une décision du Tribunal de Bobigny qui interdit à des magasins de bricolage d’ouvrir le dimanche en région parisienne suite à une plainte de l’enseigne Bricorama. Les magasins de bricolage contestent cette interdiction alors que les jardineries bénéficient d’une dérogation permanente. La tactique de Bricorama est de dire « soit tous peuvent être ouverts, soit aucun ». Dans la réalité, c’est suite à la condamnation en justice de l’ouverture de ses 32 magasins en Île de France le dimanche que Bricorama a lancé cette plainte, soi-disant contre Leroy-Merlin et Castorama mais en espérant bien obtenir jurisprudence pour que tous puissent ouvrir. Déjà entre enseignes de grandes surfaces, certains ont porté plainte contre les autres pour ouverture illégale le dimanche car du coup ils « prennent » leurs clients qui n’iraient pas dans leur magasin pendant la semaine. C’est pour cette raison que le système actuel, avec des dérogations et les autorisations, les arrangent ; car si tous les magasins étaient ouverts le dimanche, une entreprise n’augmenterait pas son chiffre d’affaire par rapport à une autre. Cet argument est d’ailleurs celui utilisé pour protéger les petits commerces et les marchés en interdisant l’ouverture des Hyper le dimanche. Et ceci dit, ce n’est pas en augmentant la durée d’ouverture des magasins que les travailleurs vont plus « consommer » vu la baisse continuelle du pouvoir d’achat – due notamment aux bas salaires. Dans certains magasins, il est dit que 30% du chiffre d’affaire serait fait le dimanche, chiffre impossible à vérifier, mais on peut quand même dire que ce qui est vendu le dimanche pourrait l’être le samedi.

Travail du dimanche et de nuit , dérégulation pour profits maximum.

On nous dit aussi : « les pauvres travailleurs en horaires décalés, comment vont-ils faire pour pouvoir faire leurs courses ? » Les horaires actuels d’ouverture permettent quand même de pouvoir obtenir ce dont on a besoin, même quand on travaille en horaires décalés. La précarisation est un cercle vicieux. Plus les travailleurs ont des horaires de fou plus on peut imposer ailleurs le même type d’horaires. Si l’exception du travail la nuit ou le dimanche devient la règle, alors les maigres compensations (majoration de l’heure de travail, repos compensateur, primes) ne seront plus nécessaires pour imposer cette organisation du travail aux salariés, et d’autre part il faudra des transports, des services… qui correspondent et cela fait d’autres travailleurs précarisés. Et cette précarisation n’a qu’un seul but : faire plus de profit. La mise en place du travail de nuit et les 3X8 par exemple n’avait que pour but d’accroître la productivité et de rentabiliser les machines au détriment de la santé des hommes et des femmes. Maintenant les usines automobiles suppriment les équipes de nuit car les entreprises du secteur vendent moins de voitures, ou demandent un assouplissement des règles du travail de nuit (suppression des primes par exemple), et surtout licencient ces mêmes hommes et femmes à la santé dégradée. Le travail de nuit et du dimanche doit rester l’exception – et uniquement pour les métiers socialement indispensables comme les hôpitaux , les pompiers, etc.

Travail du dimanche : quelle réalité et quels avantages pour les travailleurs?

La loi accorde aux salariés des PUCE que le travail dominical se fasse sur la base du volontariat ; mais dans ces zones, il n’y a de contrepartie du fait des accords d’entreprise. Pour toutes les dérogations permanentes, il n’y a aucune compensation obligatoire. C’est ce que réclament les patrons des magasins de bricolage. Dans les commerces alimentaires, avec l’ouverture le dimanche et le décalage du jour de repos, les salariés peuvent légalement travailler jusqu’à 12 jours de suite sans être payés plus le dimanche !
Et pour les PUCE ou autres secteurs où le volontariat existe, ce n’est que sur le papier. Si les salaires n’étaient pas si bas, les temps partiels aussi fréquemment imposés, voire l’embauche conditionnée à ce « volontariat » , on trouverait moins de « volontaires » pour travailler le dimanche dans les enseignes de bricolage comme ailleurs. Par exemple, deux tiers des salariés de Castorama travaillent pour moins de 1 291 euros à plein temps. Des groupes comme Castorama sont tellement riches qu’ils peuvent se permettre de payer 120 000 euros d’astreinte judiciaire pour chaque magasin ouvert le dimanche en contravention à la loi. Ils bénéficient à plein régime des réductions et exonérations de cotisations sociales, car les salaires sont en dessous du seuil de 1.6 fois le SMIC. L’urgence c’est donc d’augmenter les salaires.

Les syndicats ont ils donc raisons d’être contre le travail du dimanche?

Oui. Pour toutes les raisons ci-dessus mais aussi d’autres non traitées ici (vie sociale et familiale, exploitation de la précarité et du manque d’aide sociale pour les étudiants…).
Dans beaucoup d’entreprises et de magasins des luttes ont eu lieu contre l’ouverture du dimanche, l’ouverture des commerces la nuit… Une majorité des travailleurs y étaient opposée et ont réussi par leur grève et le soutien des clients à obtenir satisfaction.
Mais dans le cas où ce sont des magasins qui sont ouverts depuis longtemps le dimanche la situation peut parfois se poser différemment. En effet, certains on pu gagner de réelles majorations salariales, même si c’est rare, ou des repos compensateurs. Une généralisation du système de dérogations et autres autorisations revient en fait à aider les patrons de ces magasins à revenir sur ce qui a été acquis par les salariés.
On l’a dit, la précarité entraîne la précarité. On comprend donc l’argument de « l’intérêt général » de l’intersyndicale qui a astreint en justice Sephora pour le travail nocturne ou d’autres pour le travail du dimanche. Mais le problème, c’est qu’en privilégiant le juridique, on finit toujours par perdre et on ne construit pas de rapport de force. La tactique de Bricorama en est un exemple, mais on ne peut pas passer non plus au dessus de l’intérêt de chaque travailleur, il faut les amener à s’organiser et à lutter. Il est possible de concilier les deux et c’est à ça que doivent servir en priorité les syndicats élus par les travailleurs et qui doivent les représenter. Par exemple, comment s’adresser aux travailleurs qui craignent pour leur majoration de 25% de l’heure travaillée le dimanche ? Pas en se battant pour un retour aux heures payées normalement mais en exigeant des majoration bien plus importantes et en organisant la lutte pour des augmentations de salaire. Au lieu d’obtenir la fermeture uniquement par le tribunal, l’intersyndicale aurait dû se concentrer sur le développement de la lutte et n’aller au juridique qu’en appoint des luttes ou quand celles-ci sont trop difficiles à mener du fait de la répression patronale, qui est très forte dans le commerce. Et le fait qu’il n’y ait pas de mobilisation pour le respect de l’interdiction est révélateur même si le collectif des bricoleurs du dimanche et un certain nombre de salariés sont utilisés par leurs patrons. La fermeture n’est pas un gain si il y a diminution de salaire ; surtout quand ceux-ci sont bas. L’attitude des syndicats devrait plutôt être de proposer aux travailleurs de lutter partout pour des augmentations de salaires, un vrai volontariat et une vraie compensation financière et de repos où cela n’existe pas. Pas sur que les patrons affrètent des cars pour aller manifester comme ils viennent de le faire. Bien sûr si les salariés deviennent en majorité pour la fermeture le dimanche il faut lutter pour. Ils est probable que cela le devienne bientôt car quand le travail du dimanche sera devenu la norme, les patrons voudront nous retirer les compensations comme aujourd’hui on veut retirer tous les avantages aux cheminots, aux travailleurs d’Air France, ou comme en Grande Bretagne où des supermarchés sont ouvert 24h/24 et 7j/7 sans qu’il n’y ait plus aucune compensation salariale.

Non au travail forcé le dimanche

Non au travail de nuit sauf dans les secteurs socialement nécessaires (santé par exemple)

Pour des majorations salariales fixées par les revendications des travailleurs en cas de travail le dimanche, idem pour les repos compensateurs

Pour l’embauche à temps plein et en CDI de tous les salariés du commerce qui le souhaitent

Pour la hausse du SMIC à 1500 euros nets

Les travailleurs ne doivent pas se laisser abuser par ces patrons qui les poussent à manifester et qui demain les licencieront sans remords : on voit ce que cela donne à Virgin !

Grève dans une des plus grosses entreprise d’Egypte

Tara Todras-Whitehill for The New York Times A demonstration on Sunday marked 100 days since the mass killing at Rabaa al-Adawiya, a square in Cairo where security forces fired on protesters while trying to break up an Islamist sit-in.

Une manifestation dimanche 24 novembre 2013, marquant les cent jours d’une manifestation pour empêcher un rassemblent des Frères musulmans, au Caire où la police a tiré à balles réelles sur les manifestants. Alors qu’une nouvelle loi interdisant quasiment les manifestations et rassemblement vient d’être voté, les travailleurs égyptiens tentent de défendre leur révolution. Photo : Tara Todras-Whitehill (New York Times)

 Les travailleurs des cristalleries d’Asfour, 18 000 salariés, premier producteur mondial, installées dans le quartier de Shubra au Caire, en étaient jeudi 21 novembre à leur 11ème jour de grève pour exiger :

– Un doublement du salaire qui passerait de 1 000 LE (livres égyptiennes) à l’embauche à 2 000 et alors que les ouvriers de cette entreprise gagnent 1 200 LE (le salaire minimum promis par le pouvoir actuel dans le public devrait être de 1 200 LE au 1er janvier 2014) après 10 ans d’ancienneté.

– Des contrats à durée indéterminée pour tous les précaires. En sachant que 11 000 des 18 000 salariés n’ont que des contrats à durée déterminée, devant être renouvelés chaque année.

– La réintroduction des ouvriers licenciés lors d’une grève l’an dernier.

– Des primes de départ ( car l’entreprise envisage de licencier à l’occasion d’une modernisation – les salariés étaient encore 28 000 il y a quelques années) conséquentes de plus de 30 000 LE, plus une somme allouée par année de travail en cas de départ négocié. Les travailleurs du site insistent sur le fait que beaucoup de salariés sont malades – en particulier des poumons – après quelques années de travail dans cette entreprise aux conditions de travail lamentables, et qu’ils ne pourront pas retrouver de travail.

Malgré les attaques de voyous payés par le patron, le site était toujours bloqué après que les salariés aient refusé les propositions du ministre du travail venu les voir le 21 novembre qui promettait pour sa part de meilleures conditions de travail, une santé mieux protégée, des embauches de précaires, la réintégration des licenciés mais rien de sérieux sur les salaires.

Par ailleurs les ouvriers du textile de l’usine textile de laine de Samanour ( 5 000 salariés) à Mahalla ont repris le travail le 19 novembre après que le gouvernement ait promis que leurs salaires de septembre seraient payés ( ce pour quoi ils étaient entrés en grève), que les ouvriers arrêtés parce qu’ils bloquaient les voies ferrées seraient relâchés et une somme de 10 millions de LE allouée à l’entreprise par l’État pour l’aider à aller de l’avant.

Par Jacques Chastaing

Photo : Tara Todras-Whitehill

Rythmes scolaires : une contestation importante

 manifestation-rythmes-scolaires-paris-L-qAShj1 La contestation contre les rythmes scolaires ne se fait pas contre l’évident besoin d’alléger le travail d’un enfant ou d’un jeune mais parce que cette réforme ne s’attaque pas aux principaux problèmes. Les programmes ne sont pas allégés et le principe des évaluations régulières n’est pas remis en cause. La fatigue due à une obligation de rythme soutenu et au stress qu’occasionne, à tout âge, le fait d’être jugé en permanence reste la même. Les difficultés scolaires ne sont toujours pas prises sérieusement en charge par l’Education Nationale qui laisse dans un profond malaise les enfants concernés.  Les classes restent surchargées à tous les niveaux de la scolarité avec pour conséquence du bruit, de l’agitation générant un épuisement plus important que dans un environnement calme. Et puis si les horaires quotidiens de l’école primaire ont changé, c’est un véritable casse -tête pour les parents qui travaillent et qui doivent aller chercher leurs enfants ou les faire garder.

Le capitalisme permet-il autre chose ?

Les vrais leviers à utiliser pour s’attaquer à la fatigue scolaire des enfants et des jeunes se heurtent aux intérêts des capitalistes qui ont besoin d’une école «efficace», favorisant une sélection rapide, un investissement financier minimum et une entrée rapide sur le marché du travail. Alléger les programmes scolaires est une solution pour retrouver un rythme de travail moins éprouvant et limiter l’échec scolaire mais pour que la formation finale d’un jeune reste identique, cela implique d’augmenter le temps complet de scolarité d’une année sans faire reculer le moment de prendre sa retraite pour éviter que le futur salarié soit pénalisé. En faisant ça on s’attaquerait aux intérêts des capitalistes car l’entrée sur le marché du travail serait retardée et le salaire indirect versé sur une vie de travail serait augmenté. De même, diminuer l’effectif par classe et favoriser la prise en charge de la difficulté revient à investir fortement une part de la richesse pour permettre à tous les élèves de suivre, alors que le capitalisme fait tout pour maintenir la sélection pour qu’elle cadre au plus près aux besoins des entreprises en terme de main d’œuvre, diplômée ou non. Et si on veut voulait réduire le temps de présence en collectivité des jeunes enfants (école, garderie, ce qui devrait être au choix de chacun), force serait d’adapter le rythme de travail des parents avec des enfants scolarisés, sans perte de salaire. Là encore c’est le patronat qui refuse de diminuer la part de profit qu’il fait pour en redistribuer une part aux salariés. Un gouvernement vraiment au service des travailleurs de leurs enfants et des jeunes aurait pris ces premières mesures pour qu’enfin on lutte contre la fatigue scolaire et se serait attaqué aux profits des capitalistes pour les mettre en place. Vincent Peillon s’est contenté de changer l’emploi du temps des élèves, du moins en apparence !

Une réforme pour transformer le système éducatif

Avec cette réforme le gouvernement a cherché à renforcer l’adaptation de l’école au capitalisme, tout en ménageant les parents et les enseignants évidemment sensibles à la fatigue des enfants. C’est un échec pour sa côte de popularité (54% des français souhaitent l’abandon de la réforme et 21% seulement sont pour)! Mais si cette réforme était maintenue, elle ferait vraiment évoluer le système scolaire vers une école encore plus axée sur les seules compétences « utiles » à un futur travailleur (pour caricaturer «lire», «écrire», «compter» et «utiliser l’ordinateur»), en laissant de côté les enseignements qui ouvrent l’esprit, apprennent à réfléchir (et à contester), à créer, à se cultiver, à faire du sport… A terme, des Communes, en développant les activités péri-scolaires pourront prendre en charge ces enseignements et l’Education Nationale les délaisser, aggravant les inégalités sur le territoire dues à la richesse des Communes et de leurs habitants, voire une disparition de ces activités pour certaines communes ne pouvant faire mieux qu’un goûter. La tentation des collectivités locales sera alors grande d’offrir àdes entreprises privées le marché juteux des activités péri scolaires avec l’externalisation des missions surtout si la même logique suit pour le collège en 2015 avec le chantier de la rénovation.

Une opposition naissante qui doit se joindre à d’autres

Le personnel (enseignamanifryhtmesnts et territoriaux) et les parents ont fortement contesté cette réforme les 13 et 14 novembre, mais aussi l’an dernier. Vincent Peillon a été totalement sourd à cette opposition légitime. Le combat pour la suppression de cette réforme s’annonce rude car il s’agit d’une réforme emblématique pour le ministre Peillon. De nouvelles journées sont en discussion. L’intersyndicale (CGT, FO et SUD) et le SNUIPP, présent dans seulement 40 départements lors de la grève 14 novembre, appelle nationalement à une journée de grève le 5 décembre. Ce doit être l’occasion de porter un débat susceptible de réunir l’ensemble des travailleurs autour d’une même revendication pour et aider à prendre conscience de l’affrontement nécessaire avec le capitalisme pour avoir un système éducatif qui cherche l’épanouissement de tous les jeunes.

  • Retrait de la réforme Peillon !
  • Titularisation des personnels précaires des écoles (Atsem, animateurs etc.)

Lors des assemblées générales et de la grève, il faut mettre en avant la nécessité de se joindre aux autres secteurs du privé et du public pour une lutte tous ensemble contre la politique du gouvernement et les attaques des patrons (licenciements, gel des salaires,,,) et de discuter de la préparation d’une journée de grève : tout le monde en même temps et le même jour.

 Par Luc Dechivré

Un logement de qualité pour tous !

dalLe secteur de l’immobilier est en mutation. Depuis le début du millénaire, 4 millions de nouveaux logements ont été construits. On dénombre 2,3 millions de logements vides en 2012, soit une augmentation de 400 000 en 12 ans.

En trente ans, la possibilité d’être propriétaire de biens immobiliers a évolué selon les classes sociales. Pour les milieux les plus modestes, il s’agit d’ avoir le moins possible de charges à payer à la retraite. Pourtant, ils sont deux fois moins nombreux à pouvoir s’offrir cette possibilité. Les classes moyennes, qui se souciaient moins d’avoir à mettre de côté pour leurs vieux jours, ont massivement fait le choix d’accéder à la propriété à cause de la flambée des prix. Les plus riches ont également fait ce choix, il sont deux fois plus nombreux à être propriétaires. Aujourd’hui, toutes classes sociales confondues, le nombre de foyers en cours d’accès à la propriété est en baisse significative : seulement 1 foyer sur 5 est un primo accédant. Les charges liées au logement ont fortement augmenté en proportion sur le budget des ménages aux revenus les plus faibles, pour être quasi nulles pour les plus riches.

Les 150 000 nouveaux logements par an pendant 5 ans, cadeau du gouvernement aux investisseurs!

Des fonds publics pour soutenir la construction et la rénovation de logements sociaux, c’est bien ! Mais pour les financer, l’Etat a fait un grand emprunt auprès des banques liées elles-mêmes aux agences immobilières, gestionnaires et syndics de parcs immobiliers. Est-ce de la philanthropie? La spéculation immobilière et la crise économique aboutissent à la nécessité de créer des logements sociaux : il y a une liste de 1,7 millions de foyers en attente d’attribution. Cela ouvre la voie, à côté des HLM publics, à un secteur bien lucratif pour les promoteurs, surtout qu’ils sont sponsorisés par l’Etat pour trouver les terrains, financer les travaux et s’assurer du versement des loyers. C’est un moyen sûr pour faire fructifier de l’argent sans avoir la crainte d’offrir des crédits à des foyers qui seront peut-être insolvables en raison de la conjoncture économique défavorable.

Un encadrement des loyers dans le privé «organisé» par la loi Duflot est à double tranchant : il réduira des loyers vraiment excessifs mais permettra aux propriétaires d’augmenter des loyers modestes.

L’accès à la propriété sans inégalité, est une lutte de longue date. Mais dans la dernière période, la spéculation dans ce secteur est telle que le nombre de logements vides et de résidences secondaires a augmenté de 37% en 13 ans.

Arrêtons de laisser se creuser le fossé entre les grosses fortunes et la majorité : un logement de qualité pour tous !

Réquisition des logements vides pour la collectivité!

Imposons la rénovation des habitations à la charge des spéculateurs!

Pour une baisse du prix des loyers et des charges, à maximum 15% des revenus !

Par Matthieu J
L’Égalité n°163 (oct-dec 2013)

Goodyear Amiens nord : les salariés toujours en lutte!

goodyearDepuis 7 ans, de journées de grève en procédures judiciaires, les ouvriers de l’usine de pneus Goodyear d’Amiens n’ont cessé de lutter pour défendre leurs emplois et ont réussi à stopper les différents plans sociaux de la direction.

Depuis 7 ans, ils tiennent tête à toutes les provocations et manœuvres de la direction.

Ces dernières semaines sont particulièrement difficiles pour eux: après l’annonce de la fermeture de l’usine en janvier, le tribunal de commerce a validé pour la première fois le dernier plan social qui prévoit 1173 licenciements. Et ces jours ci, la direction a décidé que la procédure d’information- concertation sur le plan était terminée, bafouant ouvertement le code du travail, puisque 3 CHSCT sur 4 n’ont pas été consultés. Il faut dire que l’accord ANI voulu par le MEDEF, soutenu par le gouvernement, approuvé par quelques syndicats ouvre la porte pour passer au dessus de ces instances et facilite grandement les licenciements. Les patrons de Goodyear ne s’en sont pas privés. La CGT (et la CFDT) ne baissent pas les bras et les poursuit en justice dans les semaines qui viennent pour procédure illicite. Le PSE n’est pas finalisé comme veut le faire croire la direction et une décision de justice peut encore l’annuler fin décembre..

Ils ne sont pas licenciés et pourtant on les convoque à une cellule de reclassement !

C’est la dernière provocation des patrons après les insultes de Titan qui traitent les ouvriers de fainéants et veut bien reprendre la boite mais avec zéro employés!Lundi 18 novembre, le PIC (point d’information conseil, de fait la cellule de reclassement) a ouvert à Boves près d’Amiens dans 700 m2 de locaux flambants neufs. Elle organise la venue des salariés dans des cars avec des rotations toutes les 2 heures et même le soir! La CGT n’a pas laissé passer.200 salariés se sont mobilisés lundi 18 pour l’ouverture du PIC et seulement une petite dizaine de salariés se sont rendus aux entretiens. Les paroles des ouvriers qui étaient devant résument bien leur colère «si on va au PIC, ça veut dire qu’on accepte le PSE et s’adressant à la directrice de SODIE (boite de reclassement) «on se bat depuis 7 ans pas pour un chèque mais pour nos emplois. Vous vous faites du fric sur notre malheur!»

La fatigue, la colère sont grandes. Mais la lutte continue. Le site est bloqué depuis lundi 18 novembre sans grève, les salariés venant sur le piquet après leurs heures de travail. Le 21 novembre un nouveau CCE a lieu avec un point Titan demandé à l’ordre du jour par la CGT. Des combats en justice vont aussi continuer. Et face aux offensives patronales, les Goodyear comme souvent ont pris à nouveau contact avec des salariés d’autres boîtes victimes de licenciements pour des actions communes.

Une 1ère victoire des agents de nettoyage à Madrid.

3515261_3_32f4_les-trois-societes-prives-assurant-la_869d48a1b782d3e624b03035c253876fLes agents de nettoyage des rues et jardins ont mis fin dimanche 17 novembre à douze jours de grève à Madrid, dont les rues étaient jonchées de détritus. Les services de nettoyage des voies publiques et des jardins de cette ville de 3,2 millions d’habitants étaient en grève illimitée depuis le 5 novembre contre un plan social qui prévoyait la suppression de 1 134 postes sur presque 7 000, venant s’ajouter aux 350 déjà supprimés en août, et une baisse des salaires pouvant aller jusqu’à 40 %. Il faut savoir que ces agents sont payés environ 1200 euros.
Les entreprises concernées (OHL-Ascan, FCC et Sacyr-Valoriza) se sont engagées à ne procéder à aucun licenciement. En échange, les employés acceptent le principe de 45 jours de chômage non rémunérés par an équivalent à 17% de baisse du salaire et à un blocage des salaires sur cinq ans. Les 350 postes supprimés en août ne seront malheureusement pas récupérés. Les travailleurs ont du faire face à la mairie qui a tenté de briser la grève en employant une entreprise publique pour ramasser les déchets et d’imposer un service minimum ce qu’elle aimerait mettre en place à l’avenir.

Pour le respect du droit de grève , les emplois , les salaires la lutte continue!