Rivesaltes : victoire des postiers après plus de 7 mois de grève !

Grévistes de La poste de Rivesaltes lors d'une manifestation contre la loi travail, Perpignan, 9 mars 2016 crédit photo : Solidaires66

Grévistes de La poste de Rivesaltes lors d’une manifestation contre la loi travail, Perpignan, 9 mars
Photo : Solidaires66

Les postiers de Rivesaltes (Pyrénées Orientales) ont été en grève depuis le 30 novembre 2015 soit 214 jours de grève !

La grève avait commencé pour bloquer une nouvelle réorganisation des tournées. Les 12 postiers refusaient cette restructuration qui signifiait la suppression de deux emplois et l’allongement des tournées. Dès le début, la direction de la Poste a voulu briser la grève, et en quelques jours leur a envoyé 19 intérimaires – avec cinq voitures de location ! Ça donne le ton !

Ils ont enfin obtenu gain de cause après une lutte acharnée contre une réorganisation encore une fois désastreuse pour le Service public postal. Leur combat pour le maintien des emplois, pour des conditions de travail dignes et contre la répression antisyndicale est un exemple à saluer !

De la lutte pour des conditions de travail dignes à la lutte contre la répression patronale !

Comme après les grèves de l’automne telle que celle de la clinique Pont de Chaumes, après avoir dû céder, le patronat – et le gouvernement – sont revanchards. Ils cherchent à briser l’élan de la lutte, à faire payer ceux qui ont osé se révolter – notamment en attaquant en justice les représentants syndicaux.

À Rivesaltes, Alex Pignon, l’un des représentants syndicaux de la Cgt FAPT 66 a reçu un recommandé l’informant d’une décision de mise à pied de deux ans. Il s’agit d’une suspension du contrat de travail sans versement de salaire. Il est accusé d’une agression physique sur le directeur de La Poste de Rivesaltes, agression qui n’a jamais eu lieu. A la Poste, la mise à pied est l’outil de répression antisyndicale le plus utilisé.

La direction de la Poste a parié sur l’isolement et l’abattement. Mais plutôt que de se briser, le conflit s’est endurci. Les postiers grévistes de Rivesaltes ont décidé d’amplifier l’information sur leur lutte. Ils ont installé sur la place de la ville une grande tente pour réclamer l’abandon des sanctions disciplinaires. « C’est notre Nuit Debout. On se relaie toutes les nuits ici. C’est un combat collectif. On est déterminé à ne pas lâcher. Ce que l’on vit, c’est la politique générale de casse des syndicats. On ne lâchera pas ». Un autre représentant syndical, de Sud Poste 66, a même entamé une grève de la faim.

Finalement, la direction a perdu en ce début d’été. Elle a dû accepter vendredi 1er juillet de maintenir les tournées et même d’en ajouter une, d’embaucher en CDI un postier en contrat précaire et le paiement de 49 jours de grèves. Grâce à la lutte, la sanction contre le délégué CGT n’est plus aussi lourde qu’initialement prévue par la Poste. Il a reçu une mise à pied de trois mois dont un avec sursis. Grâce à la caisse de solidarité, ces mois lui seront payés.

La lutte a été très dure et âpre mais victorieuse. Les postiers de Rivesaltes soutenus par les syndicats Cgt et Sud et la population ont infligé une défaite à la direction de la Poste qui ouvre la voie pour tous les facteurs et factrices qui subissent ces restructurations sauvages et qui cherchent à mettre en échec la casse du service public postal et de leur métier.

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