FN : une irrésistible ascension ? Ne laissons pas faire !

manifestation-anti-fn-le-29-mai-2014-a-strasbourg

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Depuis 1984 le Front National obtient régulièrement plus de 10 % aux élections. Et pourtant à chaque fois on a l’impression que la caste politico-médiatique découvre ce phénomène ; du côté des politiques c’est la panique ! Mais du côté des travailleurs, c’est avant tout le ras-le-bol de ce cirque qui domine.

Le FN s’est installé dans le paysage médiatique et politique comme un parti « comme les autres », avec ses affaires de corruption, de vol d’argent public, ses ténors, ses crises… Pourtant il n’est quand même pas tout à fait un parti comme les autres car ses racines et le fond de son programme politique sont profondément racistes et anti-ouvriers.

Les politiques menées dans les villes qu’il dirige le démontrent. D’un côté, augmentation de l’arsenal répressif avec l’armement de la police, financé par la baisse des dépenses publiques. En clair : baisse des subventions aux associations opposées aux idées du FN (syndicats, association de parents d’élèves…) mais aussi fin de la gratuité des repas de cantine pour les plus pauvres au Pontet, harcèlement des syndicalistes et non remplacement des CDD dans toutes les mairies, baisse des heures sup’, fermeture du soutien scolaire à Mantes-la-Ville… l’austérité version FN !

Le FN monte car il n’y a pas de gauche digne de ce nom

On entend parler du FN tous les jours, mais c’est toujours pour exprimer le danger qu’il représente pour les postes politiques de certains, PS et LR confondus. Ils ont du mal à attaquer le FN sur son programme économique et social puisque le PS comme Les « Républicains » se sont succédés au pouvoir, aggravant année après année nos conditions de vie (austérité, chômage, précarité, racisme…). Et du point de vue sécuritaire et raciste, les mesures prises par le gouvernement après les attentats comme celle concernant la déchéance de nationalité ou le flicage des musulmans dans les lieux de travail vont plus loin que ce que demandait le FN. Tout ceci ne veut pas dire que le FN a accru son influence sur la politique en France comme les médias le disent tout le temps. En réalité, les partis qui défendent les intérêts des capitalistes (PS, LR ou FN) ont tous les mêmes recettes pour empêcher la colère sociale de s’exprimer, y compris le PS. La période actuelle le montre bien avec le nationalisme de Valls, la répression de Cazeneuve et la volonté guerrière de Hollande.

S’il y avait une gauche unifiée, combative, en soutien et à l’initiative des luttes des travailleurs pour de bonnes conditions de vie, à l’offensive contre l’austérité, clairement opposée au gouvernement pro-capitaliste du PS, alors les travailleurs ne seraient pas tentés par le discours populiste du FN. On a l’impression que c’est le monde à l’envers quand on lit dans le programme du FN : qu’il faut s’en prendre au « grand capital » ou que « le grand patronat utilise l’immigration pour faire baisser les salaires »… Bien sûr, eux veulent faire croire que les responsables sont les immigrés (et leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants !) et non le grand patronat. Mais qui, face à eux, défend des revendications qui unissent les travailleurs, milite pour la fraternité la plus grande, sans infantilisation des travailleurs ou moralisme béat ? Cette responsabilité est lourde de conséquences, car les régions PACA et Nord Pas de Calais risquent de passer au FN, et d’autres peut être, leur donnant ainsi un marchepied pour la présidentielle de 2017. Malgré leur opération esthétique de normalisation, il ne faut pas s’y tromper : s’ils arrivaient au pouvoir ce serait une politique encore plus violente qui serait mise en place. C’est dès maintenant qu’il faut mobiliser et militer contre cela !

Ce n’est pas la peur qui vaincra le FN, mais les luttes unies des travailleurs et des jeunes !

Quand on lutte ensemble, on cherche ce qui nous rassemble, et donc par exemple lutter pour un emploi décent pour tous ou contre des licenciements c’est de fait lutter contre le racisme. Seule une société débarrassée de l’exploitation et permettant à chacun de vivre dans de bonnes conditions et donc de s’épanouir, posera les bases pour en finir avec le racisme. Mais cela ne viendra pas grâce à des lois, ou des initiatives culturelles, ou en se repliant sur sa communauté. Pour lutter efficacement contre le racisme, il faut lutter contre le capitalisme, contre l’exploitation de l’homme par l’homme, contre la domination d’une minorité de privilégiés. Les travailleurs et les jeunes ont un ennemi commun : la bourgeoisie. C’est contre elle qu’il faut s’unir, pour construire une société juste et tolérante pour le bien-être de tous : le socialisme.

Par Virginie Pregny

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