2019, un vent de révolution?

gilets-jaunes revolte non revolutionLa mobilisation des gilets jaunes a tous les aspects d’une révolte profonde et qui n’est pas terminée. Il y a même des éléments révolutionnaires. Elle est à la fois l’expression de changements profonds parmi des couches larges de travailleurs, de retraités… qui soudain se sont retrouvées prêtes à lutter et à contester collectivement la politique de Macron. Dans la lutte contre les capitalistes et leurs politiques, lorsque la situation est devenue intenable pour une grande partie de la population, l’étincelle qui met le feu aux poudres est souvent étonnante, loin des habitudes pour ceux qui ne voient la lutte des classes que comme un scénario répétitif. Or, parfois, la lutte des classes provoque des manifestations un samedi, ou des occupations de ronds-points.

Mais ce qui importe, c’est le caractère déterminé, rebelle. Et maintenant, ce caractère est bien affirmé, visible dans ces foules qui refusent de reculer à la moindre provocation autoritaire de la police. Il faut alors redoubler d’efforts pour développer les aspects révolutionnaires de la lutte actuelle, que ce soit dans les mobilisations des gilets jaunes ou dans les grèves à venir, pour déboucher sur un mouvement de masse qui combatte non seulement la politique de Macron mais aussi le capitalisme et sa dictature de l’exploitation.

La prudence est toujours nécessaire lorsqu’un mouvement aux contours sociaux et politiques flous se produit, mais cette prudence ne doit pas être de l’inaction ou de l’hostilité basée sur des impressions. C’est pour cela que dès la semaine précédant le 17 novembre (le premier jour d’action), la Gauche révolutionnaire a édité un tract appelant à se joindre au mouvement, à ne pas le limiter aux seules injustices fiscales, à ne pas laisser l’extrême droite déverser sa division raciste.

Une révolte prévisible

Sans prétendre pronostiquer le moment exact où éclaterait cette révolte, nous analysions qu’elle se produirait rapidement. Notre article dans l’Égalité de mai 2017, écrit au lendemain de l’élection de Macron s’intitulait « La révolte qui vient ». Il disait notamment : « Macron n’a pas de vrai soutien dans la population, ni pour son programme (…). À une échelle de masse, ce qui grandit, c’est le rejet du fonctionnement de cette société et de ses institutions ». Et plus loin « Des conditions s’assemblent pour une révolte majeure ». C’est ce qui se déroule depuis novembre.

Car la situation est complètement dominée par la gigantesque crise du capitalisme qui a éclaté en 2008. Une crise dont les capitalistes sont incapables de sortir et qu’ils ont fait payer avec une violence énorme aux travailleurs et à la population par la hausse des taxes diverses, la suppression de centaines de milliers d’emplois, le gel des salaires.

La crise, c’est un appauvrissement complet des travailleurs pour maintenir de hauts profits pour les multinationales et leurs gros actionnaires. Toute la société est écrasée par cette dictature du capital. La violence, la répression, s’abattent sur la moindre lutte, la moindre contestation du système.

C’est cela qui détermine la situation, et qui indique que ce n’est pas fini, bien au contraire. Les masses sont obligées d’agir, car elles ne peuvent plus survivre ainsi. Elles doivent mette fin à l’humiliation quotidienne que représente le fait de toujours devoir négocier sa survie face aux taxes, aux banques et aux patrons-dictateurs.

Une situation mûre pour une révolution ?

Des millions de travailleurs, de jeunes, se reconnaissent dans les aspirations des gilets jaunes. Les tentatives de la droite et de Le Pen d’en faire un mouvement raciste, ne s’attaquant pas aux riches, échouent à chaque fois. De même, les bureaucraties syndicales et de la vieille gauche sont incapables d’enrayer le mouvement ou de le canaliser vers des mesures limitées.

Il se révèle peu à peu que les masses ne veulent plus être gouvernées par ces pantins du capitalisme qui montre chaque jour son incapacité à apporter une réponse aux problèmes fondamentaux (environnement, pauvreté…), personnifié par Macron et son caractère borné.

Si la classe des travailleurs se saisit de la possibilité offerte, alors tout deviendra possible et ce pourrait être les débuts d’une véritable révolution socialiste, qui mettra à bas la dictature des multinationales et des actionnaires.

C’est pour cela que la Gauche Révolutionnaire va continuer de lutter, que ce soit dans le mouvement des gilets jaunes, et surtout parmi les travailleurs et la jeunesse. Rejoins-nous pour renforcer ce combat.

Par Alex Rouillard

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