Pont écroulé à Gênes : symptôme d’une politique en faveur des riches

coul P7 genesMardi 14 août, un viaduc s’est effondré à Gênes. Une catastrophe qui a entraîné la mort de 43 personnes, blessé 16 autres et laissé des centaines de familles sans toit. Les premières victimes de la catastrophe sont les travailleur-ses et leurs familles.

Cet effondrement est dû à un manque d’investissement pour réparer et solidifier la structure du viaduc. Pourtant le gestionnaire Autostrade et sa maison mère Atlantia (premier constructeur et gestionnaire d’autoroutes à péage d’Europe, dont la famille Benetton est l’actionnaire majoritaire) font des bénéfices : 1,17 milliard d’euros en 2017 uniquement pour l’activité de péage ! Mais ils s’empressent de reverser leurs profits en dividendes à leurs actionnaires et ne prennent pas la peine d’entretenir les infrastructures qu’ils gèrent.

Article publié dans l’Egalité 191

Aucune alternative pour les travailleurs

La gauche en Italie a une longue histoire, mais c’est le gouvernement de Massimo D’Alema, dit de « centregauche », qui a mené la privatisation des autoroutes en 1999. Les privatisations et le désinvestissement public n’ont fait que s’enchaîner depuis les années 1980. Aux différents gouvernements se sont succédé des politiciens aux pratiques mafieuses d’arrangements entre amis, et notamment avec la famille Benetton, une des pires du capitalisme italien (qui a financé des campagnes de la Ligue et du Parti démocrate…). Personne ne s’y est trompé ; de nombreuses familles de victimes ont refusé de participer aux funérailles organisées par le gouvernement de Giuseppe Conte.

Malheureusement face à cette situation, l’effondrement du Parti Communiste Italien et l’échec du Parti de la Refondation Communiste depuis les années 1990, qui ont tous deux participé à des coalitions avec les forces défendant le capitalisme italien, n’ont pas permis une défense efficace des intérêts des travailleurs. Aucune opposition de masse à ces pillages criminels n’a existé. Et à l’heure actuelle, la tâche de construire une nouvelle force politique pour défendre les intérêts des travailleurs reste la plus urgente.

Quelles solutions?

La plus évidente, soutenue par plus de 80 % des Italiens, c’est la renationalisation complète des autoroutes sans aucune compensation pour les entreprises capitalistes, pour empêcher la voracité des capitalistes décrite plus tôt. Mais elle n’est pas suffisante, dans un système capitaliste, les capitalistes vont attaquer les monopoles d’État et services publics lorsqu’ils ne représentent pas une source de profit pour eux. Tant que le capitalisme ne sera pas remplacé par un système socialiste, où ce seront les travailleurs eux-mêmes qui planifieront démocratiquement les investissements, le problème n’aura pas de solution définitive.

Pe Martin et C.Rimboud

Resistenze Internazionali (Résistance internationale, notre organisation soeur en Italie) amènent les revendications immédiates suivantes :

-compensation appropriée pour les familles des victimes et des personnes déplacées

-vérification immédiate de la sécurité de toutes les structures à risque et une enquête indépendante menée par les travailleurs et leurs syndicats et organisations locales

-révocation sans compensation de la concession au groupe Autostrade par l’Italia et la suppression des péages autoroutiers ; abolition du secret d’État sur toutes les concessions d’État

-renationalisation du réseau autoroutier italien, sans compensation, pour la gestion des routes par les travailleurs du secteur et de leurs représentants, avec le financement nécessaire de l’État, dans le cadre d’un plan de transport complet.

Visitez resistenzeinternazionali.it

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