Explosion des Verts et du PS, incertitude pour le PCF

À force de s’adapter au capitalisme, le PS a fait les pires contre-réformes de ces 30 dernières années

À force de s’adapter au capitalisme, le PS a fait les pires contre-réformes de ces 30 dernières années

L’écroulement complet du PS est un complet désaveu de leur politique, et de leurs méthodes et combines. De 280 députés en 2012, ils sont passés à 30 en juin dernier, dont certains uniquement grâce à la bienveillance du mouvement de Macron, LREM, qui n’a pas présenté de candidat en face d’eux. Quant aux Verts, ils ne devaient leurs sièges qu’à leurs petits arrangements avec le PS. De 17 députés, il en reste un seul, et encore, là aussi c’est parce que LREM n’a pas présenté de candidat en face de lui. Article publié dans l’Egalité 185

Fin d’une période

La politique de Hollande avait multiplié les cadeaux aux groupes d’actionnaires et aux grandes entreprises (CICE, lois Macron,…). La déroute de 2017 a été le coup de grâce attendu. Le PS avait perdu toutes les élections précédentes, mais à chaque recul électoral, sa ligne était de continuer, jusqu’à lancer la pire attaque contre les travailleurs : la loi « El Khomri ». Le PS a même utilisé des méthodes autoritaires et répressives, comme dans les pires moments de Sarkozy.

Élu en 2012 comme un moindre mal face à la droite, le PS a été incapable de l’être. De décevant, il est devenu traître, des millions d’électeurs comprenant qu’ils ont été abusés. Il ne s’est pas trouvé un seul dirigeant national, pas même le candidat Hamon qui a défendu globalement le bilan de Hollande, pour trouver là un motif de rupture avec le PS : s’il ne s’était pas écroulé aux dernières élections, une partie des Verts et du PCF auraient passé des accords avec le PS (ce qu’ils ont d’ailleurs fait dans certaines circonscriptions).

La chute jusqu’où?

Les Verts ont toujours été un microparti, souvent utilisé par certains pour satisfaire des carrières électorales. La plupart du temps, ils crient un peu puis finissent par s’allier avec le PS. D’autant qu’au passage ils permettent de justifier la hausse des taxes qui pèsent sur les travailleurs au nom de l’écologie. Payer des amendes rend écolo, c’est connu. En fait, les Verts n’ont aucune chance d’exister sans un accord avec le PS. Le PCF, quant à lui, se retrouve encore aujourd’hui à partager la politique du PS dans de nombreuses agglomérations ; il est incapable de choisir une orientation claire. Il espère toujours une nouvelle ligne à la tête du PS qui lui permettrait de mener une politique qu’on pourrait résumer en une « amélioration du moindre mal ». On sauve des cantines gratuites mais en fait on laisse passer tout le reste, en précisant bien qu’on a protesté. Au final, on ne fait que reculer. La pression exercée par les grands groupes capitalistes sur les institutions est largement plus forte que les protestations de certains élus. Le PCF suit en partie le PS dans sa chute pour ne pas avoir voulu construire une véritable opposition large et ouverte alors qu’il en avait les moyens avec le Front de Gauche.

Vers l’éclatement

Hamon a donc décidé, bien tard, de lancer son « mouvement du 1er juillet » (M1717), peut-être pour conquérir le PS. Mais il reprend le même chemin, qui aboutira à la même destination, que le PS a suivi. Sur la loi « travail », il « pense qu’un nouveau contrat social est utile ». Autrement dit, il ne s’agit pas de défendre la majorité de la population face aux capitalistes mais de concilier les exploiteurs et les exploités. Le reste du PS espère avoir affaire à une tempête passagère et va donc continuer sur la même voie. Soit des anciens ministres de Hollande en prendront la tête, soit ce seront les vieux tenants de l’accompagnement social du libéralisme (Aubry et autres). Mais ces trois options ne représentent sur le fond qu’une même approche ; l’écroulement va continuer. À s’accommoder du capitalisme, on finit par faire une politique qui ne sert que les capitalistes.

Par Alex Rouillard

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