Climat: la fin du monde?

Affiche RUCHE 24 mai v2-page-001Le réchauffement climatique est certain et dû pour la majeure partie à l’activité humaine. Le rythme auquel certaines espèces vivantes disparaissent s’accélère (même si on oublie parfois que certaines apparaissent ou qu’on en découvre encore).

L’Homme est dépendant de la chaîne alimentaire, que ce soit pour les protéines animales ou même végétales – via les insectes pollinisateurs comme les abeilles. Cela fait craindre à certains une nouvelle phase d’extinction massive des espèces, comme la Terre en a déjà connu cinq.

Le problème est que l’échelle de temps des changements est plus courte aujourd’hui et que la sélection naturelle est plus sévère (les espèces ayant moins de temps pour produire aléatoirement des éléments plus adaptés). Pour les plus pessimistes, l’humanité va disparaître et la nouvelle ère dans laquelle nous entrerons se dénommerait l’anthropocène, c’est-à-dire une nouvelle extinction due à l’Homme.

Article publié dans l’Egalité 197

Point de non-retour ?

Oui, il y a urgence, mais il est probable que les effets en chaîne continuent de faire augmenter la température même en arrêtant toute production humaine de gaz à effets de serre. Mais l’idée d’un point de non-retour à +2°C, est totalement fantasque scientifiquement tant les mécanismes du climat sont complexes. La vie sur Terre ne disparaîtra pas comme cela. Il a déjà fait d’ailleurs en moyenne sur terre jusqu’à 22 degrés contre 14 aujourd’hui et il y avait de la vie. La technologie déployée par l’homme et son alimentation variée peut probablement lui permettre de survivre, mais c’est surtout la civilisation telle qu’on la connaît aujourd’hui qui est menacée, et surtout les populations les plus précaires et défavorisées. Sera-t-on capable de répondre aux besoins de tous (alimentation, etc.) mondialement ?

Chaque année depuis 30 ans, les dates des objectifs des pays après les sommets mondiaux sont repoussées comme de nouveaux ultimatums, sans que cela ne change rien à la situation. Il n’y a aucune confiance à accorder aux institutions internationales qui n’ont pas comme réel
objectif de changer les choses.

Anthropocène ou capitalocène ?

La société humaine fonctionne actuellement avec un système économique : le capitalisme, une société divisée en classes où les capitalistes détenant leurs capitaux ont plus de pouvoirs que les travailleurs qui n’ont que leur force de travail à vendre. Qualifier la période d’anthropocène est un nouveau moyen des bourgeois pour faire croire que la responsabilité est la même pour tous. Peut-on mettre sur le même plan les 100 multinationales qui représentent plus de 70 % des émissions de CO2 (sans parler des autres pollutions de l’industrie) et de simples travailleurs avec leurs voitures ? Évidemment que nous n’avons pas la même responsabilité que ceux qui nous dirigent et ne prennent leurs décisions que pour satisfaire la soif de profits des capitalistes.

Dans un tel système qui exploite la Nature et le travailleur, l’environnement et nos conditions de vie passeront toujours derrière les profits. Par exemple aujourd’hui on produit assez pour nourrir l’humanité, mais pour des raisons de spéculation, de concurrence économique et de guerres, certaines populations meurent de faim comme au Yémen actuellement, tandis qu’un tiers de la production alimentaire mondiale est jetée. C’est encore pour les profits que sont utilisés dans l’agriculture des produits nocifs pour la santé ou que la production d’énergie et de produits divers se fait dans des conditions polluantes pour l’environnement.

Comment également imaginer un monde solidaire permettant de répartir équitablement les ressources et gérer les déplacements de populations dans un tel système où d’un côté, on criminalise les migrants, on profite d’eux en tant que sans-papiers et où des États impérialistes en dominent d’autres ?

Si on veut vraiment changer le monde alors il faut s’attaquer au capitalisme. Certains courants idéologiques théorisent un effondrement du capitalisme ou civilisationnel. Tout au plus, certains bouleversements climatiques, des pénuries, etc. pourraient ralentir le commerce mondial, mais pas l’imbrication économique des pays et surtout pas l’exploitation des populations par les capitalistes. Plus on arrivera à une situation désastreuse, plus les États bourgeois auront recours à la force. Il y aura des ghettos de riches viables pendant que la majorité de la population vivra de plus en plus dans la misère et donc dans la barbarie.

Seule une société socialiste où les principaux secteurs de l’économie seront nationalisés sous le contrôle des travailleurs permettra que dans les entreprises, on produise dans de bonnes conditions de travail et de façon la plus respectueuse possible de l’environnement. Débarrassés de la loi du profit, on pourra développer les énergies renouvelables et les transports publics pour diminuer au maximum la pollution. Des comités élus composés de travailleurs pourront réguler les prix, contrôler la qualité des produits en étant appuyés par une recherche publique, réellement indépendante. La lutte pour le socialisme est mondiale car on ne pourra pas résoudre la répartition des ressources et la gestion des événements climatiques nationalement mais en coopérant internationalement.

Par Louis Matthias

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