Débat : où en est l’idée d’une force politique des travailleurs et des jeunes ?

Manifestation du 16 octobre dernier à Marseille. Des luttes contre la politique du gouvernement et celle du patronat ont lieu partout, dans les entreprises et dans les services publics. Il nous manque toujours un parti qui organisent les travailleurs et qui donne des perspective pour que nos luttes soient victorieuses

Manifestation du 16 octobre dernier à Marseille. Des luttes contre la politique du gouvernement
et celle du patronat ont lieu partout, dans les entreprises et dans les services
publics. Il nous manque toujours un parti qui organisent les travailleurs et qui
donne des perspective pour que nos luttes soient victorieuses

Le ras-le bol est massif et avec lui, le sentiment d’insécurité augmente dans le boulot et la vie. Les travailleurs, les jeunes et la très grande majorité de la population sont désarmés pour pouvoir lutter. C’est ce qui explique pour une bonne partie l’absence de mobilisations massives, et ce, malgré un nombre important de luttes. Où est la gauche de la gauche ? Où est la gauche de la gauche ?

Après les années Sarkozy et deux ans et demi d’un gouvernement Hollande à la botte des capitalistes, on aurait pu croire que la gauche de la gauche se saisirait de l’avantage. Or son recul est énorme. Le Front de gauche avec Mélenchon a convoqué régulièrement des manifestations nationales souvent réussies mais n’a pas organisé davantage la résistance. La marche à mi-mandat contre Hollande et contre la politique d’austérité (à l’initiative du collectif « 3A »), le 15 novembre, essaie de réitérer ces succès de rue. C’est positif, mais l’énergie n’est plus là, faute d’une appel clair à contrer et ainsi par son un appel trop limité à manifester pour au final chercher à peser sur le gouvernement, qui n’écoutera pas, et les députés soi-disant frondeurs qui n’en viendront pas à s’opposer frontalement.

Or la majorité des travailleurs et des jeunes sont en colère et ne croient pas, à juste titre, qu’une fronde de députés sans fond politique clair, puisse inverser en notre faveur la politique en cours.
Cette assemblée majoritairement PS-EELV a une politique consciente de rigueur sur le dos de la population, contre les services publics locaux, contre l’hôpital public et pour une éducation au rabais à coups de cadeaux au patronat. Mélenchon semble avoir mis de côté l’idée de mouvement de masse, s’affiche avec des Kerviel ou Hulot, et ne parle que des élections de 2017… C’est loin et du coup son mouvement M6R (mouvement pour la 6ème république) ne décolle pas vraiment car il ne donne aucun outil pour lutter maintenant.

Comment rouvrir le débat sans refaire les mêmes erreurs

L’idée d’une nouvelle force politique des travailleurs et des jeunes a nettement reculé après l’échec du Front de gauche et celui du NPA. Mais la colère et l’instabilité sont bel et bien là. Et les politiques
de l’UMP et du PS au service du patronat ont ouvert un espace que le FN essaie de combler.
Et faute de pas concrets de la gauche de la gauche dans les mois qui viennent, les élections de 2017 vont dominer les débats à gauche. Beaucoup s’y préparent ! Il est évident qu’une scission à gauche du PS aurait un certain impact. Le PS est traversé par une grande tourmente. La direction du PCF mais aussi le PG différemment espèrent que les dissensions entre Valls et Hamon, Montebourg, Aubry et les autres vont sortir et qu’un pôle à gauche de Valls et Hollande pourrait naître. Mais sur quelles bases ? L’expérience de la Gauche plurielle en 97 avait soulevé des espoirs puis de grandes désillusions par sa politique (privatisations, déréglementation du temps de travail…). Une gauche plurielle bis n’est pas la réponse.

Il nous faut un parti de masse des travailleurs et des jeunes qui se bat sans compromis. Une force politique qui organise en son sein tous ceux qui veulent lutter dès maintenant pour pouvoir mieux mobiliser contre les plans du gouvernement et des patrons et qui propose un plan d’action aux syndicalistes combatifs et aux travailleurs dans les entreprises, à ceux privés d’emploi et aux jeunes scolarisés ou non. C’est le cadre aussi qui permettrait de discuter de l’alternative au capitalisme et de comment lutter tous ensemble. Cela fait plus de vingt ans que les politiques UMP et PS sont semblables : privatisations de Air France, Edf, la Banque postale, les autoroutes….
Pas plus d’emplois au final dans ces secteurs, même beaucoup moins et une dégradation des services publics. Il faut leur opposer un programme radicalement différent contre tous les licenciements
et les coupes budgétaires, pour de vrais emplois et salaires, pour la nationalisation des entreprises qui licencient comme la SEITA à Carquefou ou PSA. C’est ainsi qu’une vraie nouvelle force politique pourra prendre corps.

Par Leïla Messaoudi

Share Button