Quels pas en avant pour la lutte contre le gouvernement?

82053732_2613408072221953_285235138973925376_nCela fait plus d’un mois maintenant que la lutte contre la réforme des retraites a démarré. Ce projet a été l’élément fédérateur d’une colère sociale qui s’exprimait fortement depuis plusieurs mois et qui a permis de réussir des journées de grève interprofessionnelles historiques avec 1,5 millions de personnes le 5 décembre, puis 1,8 millions le 17 décembre. L’appel immédiat à faire une grève illimitée après le 5 décembre était un pari risqué, comme nous l’écrivions dans le précédent numéro de l’Égalité et dans la tribune syndicale que nous avions fait circuler en novembre. Le rythme de mobilisation n’étant pas le même pour tou·te·s et la fin de l’année étant proche, il était peu probable qu’une grève générale se déclenche aussitôt. Il fallait donc construire au maximum la lutte tout en essayant le plus possible d’impliquer de nouvelles couches sur les dates centrales pour justement avancer vers une grève générale.

Le contexte d’agitation sociale permanente depuis des mois, dans la rue et les entreprises, associé à la réussite de ces journées de grève, a constitué un point d’appui pour que les grévistes des secteurs en reconductible tiennent pendant la période des fêtes et de congés. Il s’agit maintenant d’amplifier le mouvement en janvier. D’autant que les sondages d’opinion révèlent que le projet reste très majoritairement rejeté – à plus de 70% – et que le soutien à cette grève, malgré les désagréments, reste, lui aussi, largement majoritaire avec plus de 60% d’opinion favorable.

Grève par délégation

Mais si « l’opinion » reste en faveur de la grève, certainement aussi dans l’optique de voir le gouvernement se prendre une claque pour l’ensemble de son œuvre et dans l’espoir de le bloquer pour le reste de la mandature, pour l’instant ce n’est qu’une minorité de travailleurs et travailleuses qui sont impliqués dans les journées de grève interprofessionnelles d’une part, et plus encore dans la reconductible (cheminots et traminots de la SNCF, RATP pour l’essentiel).

Autrement dit, malgré un mouvement d’ampleur, qui marque réellement un retour de la classe ouvrière au premier plan dans la lutte des classes, nous avons encore beaucoup à faire pour éviter un phénomène de grève par délégation. Cette grève reconductible de masse reste à construire. Et c’est bien le développement de la grève générale qui sera nécessaire si l’on veut imposer nos revendications immédiates aux capitalistes et à leurs relais politiques.

Construire la grève générale

L’appel intersyndical national à la grève et à l’action en ce début janvier peut être une montée en puissance des journées interprofessionnelles. Cela peut créer une base pour tenter d’élargir le mouvement de grève reconductible à d’autres secteurs, s’appuyant sur de nouvelles dates de mobilisations et de journées de grève à suivre. Dans les entreprises et les établissements publics, la tenue d’AG pour mobiliser et impliquer les salarié·e·s est primordiale. La multiplication de ces structures de démocratie ouvrière directe permet de voter la grève, sa reconduction et la mise en œuvre majoritaire d’actions.

Nous le disions déjà en décembre, si la question du refus de la casse des retraites est l’élément fédérateur de toutes les colères, il n’est pas forcément l’élément mobilisateur pour toutes et tous. Dès lors, il faut continuer d’aller convaincre les salarié·e·s dans les entreprises et les services publics, les jeunes dans les lieux d’études, et la population en général partout dans les lieux de vie (centre-ville, quartiers, zones commerciales, ronds points) que nous devons nous battre et imposer nos revendications pour améliorer notre vie immédiatement par l’augmentation des salaires, des pensions, pour une meilleure indemnisation du chômage, pour des services publics de qualité contre les licenciements, etc. C’est bien toute la politique de Macron qui doit être stoppée.

Par Yann Venier

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