Non à la sélection à la fac ! Droit aux études pour toutes et tous !

P8_EtudiantesAprès avoir totalement été délaissées en terme d’investissement, les universités galèrent à fournir un service de qualité. Nous en sommes à un point critique : il faudrait 1 milliard d’euros par an sur 10 ans pour rattraper le retard accumulé.

Les universités tournent donc avec un personnel en sous-effectif, entraînant des conditions de travail déplorables. Étudiants assis dans les escaliers des amphis par manque de place, groupes de travail dépassant largement les 35 étudiants… Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur et Macron profitent de cette pénurie organisée pour justifier d’instaurer une sélection.

Article tiré de l’Egalité n°187 (janvier-février 2018)

Après APB : Parcoursup, le stress continue !

Le système admission post-bac (APB) déjà très mauvais sera remplacé par un choix allant jusqu’à 10 vœux soumis dès le second trimestre (soit avant même l’obtention du bac) aux différents établissements qui pourront sur dossier choisir leurs étudiants. L’ordre des vœux ne compte plus : les dossiers seront envoyés à chaque établissement demandé simultanément.

Le nouveau système repose en partie sur l’appréciation des conseils de classe. Le professeur dont la mission consiste à transmettre des connaissances au lycéen devra maintenant lui donner une orientation. C’est aussi un pouvoir supplémentaire donné à des proviseurs qui n’ont pour ambition que de promouvoir leurs établissements. En laissant à l’établissement le choix de l’orientation d’un élève sans l’écouter, un élève qu’un prof n’apprécie pas ou qui a des problèmes personnels pourrait être privé, pour toute sa vie, d’un avenir qui lui aurait convenu.

Le tri à l’arrivée

L’Université doit, sur ordre du gouvernement, instaurer des prérequis, c’est-à-dire des conditions en plus du bac pour s’inscrire dans la filière souhaitée. Cela se traduit par une fermeture des portes pour une partie des jeunes. À noter aussi, l’instauration d’une année dite « préparatoire », une année « zéro » précédant les trois années de licence. Sans budget supplémentaire pour être mise en place, ça signifie prendre l’argent sur les autres années. Si le gouvernement et Macron refusent de parler de sélection, elle est pourtant bien présente. Elle s’ajoute à la sélection financière qui empêche des jeunes de milieux populaires de poursuivre leurs études.

Passons à l’action !

La volonté de limiter l’accès à l’Université pour une prétendue « élite » n’est pas nouvelle. Pourquoi alors n’est-ce pas déjà instauré ? C’est parce qu’à chaque tentative, la mobilisation de la jeunesse a fait reculer tous ces projets. Comme en 1986 avec la Loi Devaquet où des centaines de milliers d’étudiants, s’y opposant par la mobilisation, ont fait reculer le gouvernement.

Nous devons nous aussi affronter la sélection que veut instaurer Macron. Organisons-nous ! Il faut écrire des tracts, informer, multiplier les réunions et assemblées générales, et préparer une journée d’action nationale impliquant les étudiants, les lycéens et les profs. Un premier pas pour aller vers une journée de grève nationale dans les universités et les lycées. Non, l’université ne doit pas être réservée à une élite ! Nous voulons une université ouverte à toutes et tous, publique, gratuite, et financée à la hauteur des besoins !

Par les étudiant-e-s de la GR de Rouen

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