Le PS continue à se décomposer

psL’annonce du départ de deux représentants de « l’aile gauche » du PS, Emmanuel Maurel et Marie- Noëlle Lienemann, ainsi que d’un certain nombre de cadres, élus et militants, et leur volonté de créer une nouvelle organisation représentent une étape supplémentaire de la décomposition du Parti socialiste.

Article publié dans l’Egalité 192

Il est clair cependant que le projet de Maurel et Lienemann n’est pas de rompre avec l’idéologie réformiste. Leur scission avec le PS n’est en réalité qu’une rupture avec le « hollandisme », qui n’est que le stade final de la décomposition de la politique réformiste et de son adaptation au capitalisme. Maurel et Lienemann, ces deux caciques des « frondeurs », quittent ce parti sur la base de la nostalgie du PS de 1981, celui de Mitterrand, mais aussi des différentes formes de l’union de la gauche (programme commun, gauche plurielle, etc.).

Pourtant, c’est bien ce parti, dès 1983 et à chaque fois qu’il aura le pouvoir, qu’il soit dirigé par Mitterrand, Jospin ou Hollande, qui organise l’austérité contre la classe ouvrière, et avec le concours de ses alliés (servant d’alibi de gauche ou écologistes) mène de plus en plus clairement et ouvertement une politique de défense des intérêts des capitalistes.

En voulant se rapprocher de la FI, en discutant d’une possible liste commune pour les élections européennes, Maurel et Lienemann espèrent bien reconstituer ce pôle réformiste (de gauche). La FI n’aurait rien à y gagner hormis plus de confusion politique !

Il est probable que pour ce qui reste du PS, tiraillé entre les deux pôles que représentent la FI à gauche et la République en Marche à droite, son avenir sera désormais de jouer uniquement un rôle de second plan au niveau national, malgré le retour annoncé de vieilles figures telle que Ségolène Royal, qui tiendra essentiellement sur la capacité des barons locaux à conserver ou à gagner des positions dans les collectivités territoriales.

Par Yann Venier

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