La lutte des travailleurs de GM&S contre un cauchemar quotidien

ob_780758_gms-industry-a-la-souterraine-2Ça fait plus de 10 ans que ça dure. En 2006 la crise de l’automobile a été un prétexte pour modifier en totalité la place des travailleurs, des actionnaires et de l’implication de l’état dans cette industrie. Peu à peu, Peugeot SA et Renault ont planifié leur désengagement du site industriel d’équipement automobile situé à La Souterraine dans la Creuse.

Les actionnaires se sont succédés, dilapidant le capital, puis l’Etat intervient en réinjectant des fonds, les actionnaires vident les tiroirs, revendent ou font couler les boites, l’Etat remet des enveloppes et ainsi de suite. Depuis décembre, c’est 1,7 millions d’euros qui ont été versés par l’Etat et la Région Aquitaine pour maintenir l’activité à GM&S.Au passage les effectifs sont diminués, les salaires sont rabotés, les conditions de travail vont au pourrissement. C’est un scandale.

Une politique de vampire, à l’échelle internationale, menée ici par PSA et Renault, en lien avec des holdings d’actionnaires (fonds de pension etc.). Le seul et unique but est de continuer à empocher des milliards sur le dos des travailleurs.

Cette situation, qui est devenu le quotidien des GM&S, conduit désormais à la possible fermeture de l’entreprise, alors que les profits de PSA et Renault vont très bien.

Mais les travailleurs ne l’accepteront jamais. Ils ont mené des tas d’actions pour sauver leurs 283 emplois. Devant le silence et l’absence complète de volonté de maintenir, ils ont mené des grèves, ils occupent le site depuis jeudi 10 mai, ils ont à plusieurs reprises bloqué de trains et l’autoroute A20. Ils ont reçu le soutien de la CGT et de FO pour une grève nationale mardi 16 mai à 15h devant l’usine et à 17h devant la mairie de la Souterraine.

Ils risquent la liquidation judiciaire le 23 mai. Alors, si cela se produisait, ils ont menacé de faire sauter l’usine, et ont commencé à détruire des machines. Comme ils disent, « ils veulent casser l’outil de travail, alors on commence pour eux ».

Il y a urgence à soutenir cette lutte, une action est prévue à Paris le 17 mai. Refuser les licenciements, empêcher les fermetures d’entreprises et la destruction de l’industrie, c’est une question centrale aujourd’hui. C’est une bonne chose que les syndicats portent GM&S au 1er plan de la lutte. Et il est indispensable que tout le soutien soit apporté aux GM&S et aux autres luttes, car le combat s’annonce sans merci face au futur gouvernement de Macron.

Par Mathieu

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