Très fort score pour Mélenchon (21,95%) face à Macron et Le Pen – La possibilité d’un nouveau parti de masse des travailleurs-es et de la jeunesse pour lutter contre les politiques au service des ultrariches devient réelle !

Le très bon score de Mélenchon, candidat pour la France insoumise/Union Populaire, est un vrai encouragement : plus de 7,7 millions de voix (650 000 de plus qu’en 2017) ! Mélenchon est largement en tête parmi les jeunes (plus de 32 % chez les 18-34 ans), parmi les travailleurs, dans les banlieues ouvrières des grandes villes (49 % dans le 93, Seine-Saint-Denis)… Il est en tête (et souvent en hausse par rapport à 2017) à Lille, Toulouse, Montpellier, Le Havre, Rouen, Amiens, Mulhouse, Nantes, Rennes, Grenoble… Il s’est fait l’écho de l’oppression et de l’exploitation que subissent les populations aux Antilles, en Guyane, etc (56 % en Guadeloupe par exemple !).

Mélenchon le 10 avril, après l’annonce des résultats, appelle à ne pas donner une seule voix à Le Pen

Sur les deux dernières semaines de campagne, des milliers de jeunes ont afflué aux meetings, tandis que dans les porte-à-portes, l’accueil était de plus en plus enthousiaste.

L’aspect très militant de la campagne a permis de populariser le programme avec des mesures qui faisaient écho aux préoccupations de larges couches de la population : augmentation du SMIC à 1400 euros, refus de la retraite à 65 ans et retour à la retraite à 60 ans, défense des services publics, refus du racisme, planification écologique de l’économie…

Même si beaucoup peuvent ressentir une déception de n’avoir pas réussi à aller au 2nd tour et de se retrouver coincés par le pseudo duel Macron-Le Pen, le score réalisé doit être pris comme un véritable encouragement pour les luttes à venir. Comme l’a dit Mélenchon : « une force est constituée ».

Pas une voix pour Le Pen !

Cette élection a vu une hausse de l’abstention (+4%) par rapport à 2017. C’est logique, le dégoût ou le sentiment d’impuissance l’ont parfois emporté surtout dans les milieux populaires.

Macron, que les médias capitalistes annonçaient grand gagnant avec parfois 10 % au dessus de Mélenchon, a finalement réalisé 27,8 % (1,1 million de voix en plus de 2017).

Macron a récupéré une grande partie de l’électorat de la droite « traditionnelle » dont il a repris des axes (retraites à 65 ans, éléments de privatisation de l’Éducation…). Son électorat se situe dans les couches les plus âgées de la population. Mais il n’est pas sûr de réussir facilement à battre Le Pen. Il est en pleine hésitation, comme par exemple sur les retraites : « je suis prêt à bouger, et à dire on ne fait pas forcément une réforme jusqu’à 2030 (…) si on sent trop d’angoisse chez les gens ».

Le Pen, candidate pour le Rassemblement National avait été un temps concurrencée par l’autre candidat d’extrême droite, Zemmour. Il a finalement fait 7 % après une campagne à la fois raciste et pour un capitalisme ultra-libéral. Le Pen a réalisé 23,15 % (460 000 voix de plus qu’en 2017). Elle réalise son score principalement dans les petites villes (surtout celles qui ont subi la désindustrialisation) et dans les zones rurales, particulièrement dans le Nord et dans l’Est du pays. Par contre, chez les 18-24 ans Le Pen est loin derrière Mélenchon et Macron.

Dans la réalité, même si elle prend un langage « du peuple » et parle pouvoir d’achat, toutes ses mesures ne font que prendre dans le salaire collectif (sécurité sociale, services publics…) en en redonnant aux patrons et aux riches au passage en supprimant les cotisations patronales. Elle n’est plus pour la retraite à 60 ans mais bien à 62 ans.

Son programme est en fait une vaste arnaque pour celles et ceux qui y croiraient. Elle ne fait donc pas mieux que Macron. Et en plus, elle est pour interdire les grèves dans certains services publics. Elle veut accentuer les discriminations contre les étrangers, priver les travailleurs étrangers de « prestations sociales » (alors qu’ils cotisent et paient des impôts). Ses deux principaux axes restent renforcer la politique sécuritaire et dénoncer les immigrés, le tout pour protéger les milliardaires et essayer de diviser les travailleurs et la population.

Il ne faut donc pas une voix pour Le Pen ! Certains s’opposeront à elle en s’abstenant, en votant Macron, ou en votant blanc.

Les syndicats, les organisations du mouvement ouvrier, les associations de lutte, doivent préparer une journée de grève d’avertissement dès le mois de mai, massive et combative, pour montrer notre force face à Macron, et encore plus si c’était Le Pen qui passait.

Le besoin d’un nouveau parti de lutte des travailleurs et de la jeunesse

Le PCF qui a fait le choix de présenter sa propre candidature pour pouvoir ensuite passer des accords aux législatives avec le PS a fait un score très bas malgré l’engagement de ses militants. Avec 2,28 %, il ne fait que 100 000 voix de plus qu’en 2007, lors de sa dernière candidature qui était le plus bas score jamais enregistré pour le PCF. Son déclin continue donc et son choix a certainement pesé dans le fait que Mélenchon ne soit pas au 2ème tour.

La droite traditionnelle, LR, s’est effondrée à 4,8 %, le PS à 1,75 %, EELV qui se prétend détenteur de l’écologie a à peine atteint 4,6 %. Les gens en ont clairement assez de ces partis enfermés dans les tactiques électorales.

Manifestation de l’Union Populaire
à Marseille le 27 mars 2022

Des millions de personnes peuvent continuer à reprendre confiance si l’Union Populaire offre une vraie possibilité d’être un outil pour changer la société. Et parmi elles, il y en a des dizaines de milliers qui veulent aller plus loin, qui veulent à la fois discuter de la situation pour la changer mais aussi agir. Certains responsables de la France Insoumise parlent de mieux structurer le mouvement, de mieux l’organiser. C’est une bonne chose. C’est ce que nous aurions dû faire dès 2017 comme la Gauche révolutionnaire le proposait. Nous aurions alors été plus efficaces dans la campagne présidentielle et nous aurions pu aller chercher les quelques centaines de milliers de voix qui nous ont manqué le 10 avril.

Il faut ouvrir ce débat dès maintenant, il est fondamental autant pour les luttes à venir que pour les élections législatives. La possibilité de construire un parti large des travailleurs, de la jeunesse, un parti de lutte et de masse contre le capitalisme, un parti démocratique, militant, est réelle. On pourra à la fois discuter des actions et du programme, et de par quoi remplacer cette société basée sur l’exploitation et soumise à la dictature du profit. Il nous faut un parti qui lutte contre le capitalisme, pour le remplacer par le socialisme, où l’économie sera en propriété publique, sous le contrôle démocratique des travailleurs, pour la satisfaction des besoins de toutes et tous.

Un tel changement se fera par une révolution de masse, et en s’organisant dès maintenant pour la préparer. C’est pour cela que tout en continuant de soutenir la FI/UP et en défendant l’idée qu’elle lance un nouveau parti, nous continuons de construire notre parti révolutionnaire, qui lutte pour le renversement du capitalisme et la prise du pouvoir par les travailleurs pour construire le socialisme.

Face à Macron et Le Pen, contacte-nous pour préparer ces combats !

Militant-es de la Gauche Révolutionnaire en campagne