Non aux 5000 suppressions d’emploi chez SFR

Rassemblement des salariés de SFR à Paris devant le siège le 6/09

Rassemblement des salariés de SFR à Paris devant le siège le 6/09

Patrick Drahi, actionnaire majoritaire de la holding Altice basée au Luxembourg dont fait partie SFR-Numéricable, a donc annoncé le 21 juin la suppression de 5000 emplois chez SFR, sans compter les 2000 externalisations dans des filiales d’Altice. Cela représente un tiers des effectifs ! Et chez SFR, le sixième plan social en seize ans…

En 2014, Numéricable qui appartient à Patrick Drahi rachète SFR. Pour convaincre les «autorités » il donne une garantie de maintien de l’emploi… de 3 ans… qui arrivent à terme en 2017.

D’ailleurs pour annoncer le plan de licenciements, il n’a pas hésité à comparer ses salariés à des machines à laver : «C’est un peu comme chez Darty quand vous avez une garantie de trois ans. Au bout de trois ans, la machine à laver tombe en panne on fait comment ? On paie. Ils savent qu’on est en sureffectif.»

Donc la chose est claire, c’est aux salariés de payer pour verser les dividendes toujours plus importants aux actionnaires ! Et qu’importe les dégâts sociaux pour ceux qui partent, la dégradation des conditions de travail pour ceux qui restent, et le service rendu aux clients toujours plus mauvais. Mais bon, il faut le comprendre le pauvre, il a perdu de l’argent dans l’affaire le Patrick Drahi… il n’est plus que 9ème fortune de France alors qu’il était 3ème l’année dernière… il n’a plus que 7,5 milliards d’euros, un peu de compassion ! Il s’est fait une spécialité : racheter des entreprises à crédit, faire des licenciements, mettre la pression sur les travailleurs, les sous-traitants et les fournisseurs pour pouvoir rembourser l’emprunt, et faire un max de profits. Il est d’ailleurs appelé «Monsieur -30%».

La CGT et la CFE-CGT appellent conjointement ont appelé la grève le 6 septembre. Malheureusement, la CFE-CGC s’est débinée au dernier moment… La CGT revendique légitimement entre autres l’abandon du plan de licenciements, des embauches partout où c’est nécessaire… même si le combat s’annonce compliqué, les deux premiers syndicats du groupe l’Unsa et la Cfdt s’étant dépêchés de signer les accords, et ils ont clamé avoir «sauvé l’emploi» : blague s’il en est ! Un tiers des effectifs !

Pour sauver les emplois et améliorer les conditions de travail, il n’y a pas mille solutions. Tous les travailleurs avec qui la Gauche révolutionnaire a pu discuter devant le siège de SFR lors de leur rassemblement du 6 étaient d’accord : il faut renationaliser toutes les entreprises de télécom et revenir à un monopole public sur le secteur. Et les délégations de syndicalistes d’Orange présentes étaient d’ailleurs bien d’accord.

On ne doute pas que tous ceux qui triment aux centres d’appels de Free seraient du même avis. Nous revendiquons des télécom peu chers avec des services de qualité, ce qui ne pourra se faire que s’il y a de bonnes conditions de travail pour tous les travailleurs du secteur.

Dans cette lutte comme dans les suivantes (les tractations Bouygues-Orange ont beau être au point mort, les fusions-acquisitions restent de bon ton en ce moment chez les capitalistes), la nationalisation sous le contrôle des travailleurs devra être remise à l’ordre du jour : ça commence dès le 15 septembre !

Par Yann Venier

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