Non à la double peine pour les « migrants »

Réfugiées syriennes arrivant sur une plage de Grèce après le naufrage de leur embarcation en avril 2015. (Angelos Tzortzinis AFP)

Réfugiées syriennes arrivant sur une plage de Grèce après le naufrage de leur
embarcation en avril 2015. (Angelos Tzortzinis AFP)

Ceux qu’on appelle désormais les « migrants » n’ont jamais été aussi nombreux à traverser la Méditerranée. 137.000 depuis début 2015, c’est 83% de plus par rapport à la même période en 2014. Ils fuient le chaos, la misère, la dictature, la guerre. Près de 2000 sont morts en tentant ce voyage. Quand ils arrivent, on leur fait de nouveau payer en les tabassant comme à La Chapelle lors de l’évacuation du campement par la police.

Pays des droits de qui?

En France, selon l’organisation Forum Réfugiés, 50.000 personnes ont été mises en centres de rétention en 2014, dont 5700 enfants ou adolescents – souvent enfermés et expulsés sans leurs parents, en toute illégalité, et malgré une condamnation de la Cour européenne des droits de l’Homme. C’est ici aussi que l’État accorde le moins le droit d’asile, 17% des demandeurs l’obtiennent contre 42% en moyenne dans l’UE. On a fait grand cas, mi-juin, du fameux « plan » du gouvernement pour les migrants. Les places d’hébergement supplémentaires sont la moindre des choses, quand on voit les conditions dans lesquelles vivent les migrants aujourd’hui dans la rue, quand on sait que des SDF ont dû être mis dehors faute de place. Mais surtout, c’est la volonté de « multiplier par deux les retours »: c’est la politique raciste d’expulsions massives et à tout prix, mise en place sous Sarkozy-Hortefeux, qui est poursuivie et aggravée sous Hollande-Valls.

Mensonges

Ceux-là, la droite, l’extrême droite, n’ont de cesse de dire, ou de laisser entendre, que les immigrés coûtent cher, sèment l’idée qu’ils piquent le boulot des «gens», etc. Les seuls qui nous piquent notre boulots sont les patrons qui ferment les entreprises. Mais ces politiciens exploitent la misère et la peur pour se faire élire ou faire passer leurs sales attaques.

Mais ils  »oublient » qu’en Europe, des milliards sont gâchés, pour le plus grand bénéfice de groupes comme Airbus, Thalès, dans la « surveillance » des frontières européennes. Clôtures, drones, expulsions : le collectif The Migrant Files estime qu’en quinze ans, c’est au moins 13 milliards qui ont été dépensés. A Calais et le gouvernement et l’UE prévoient de construire une clôture barbelée de 4 mètres de haut pour 15 millions d’euros. Ces millions, c’est nous qui les payons avec nos impôts.

Et surtout, les plus gros profiteurs de la situation, hormis les « passeurs », qui sont payés aussi par les gouvernements pour ne pas amener les migrants en Europe (et les abandonner en mer ?), encore une fois sont les patrons. Quand on n’a pas de papiers, on ne peut pas faire respecter ses droits même basiques.

Ça arrange bien les patrons, ceux-là même qui par la voix de Gattaz et de Macron, passent leur temps à nous dire que nous «coûtons» trop cher. Là encore, ceux qui baissent nos salaires, c’est le patronat et le gouvernement. Si le gouvernement voulait vraiment qu’il en soit autrement, il régulariserait les travailleurs sans-papiers afin qu’ils aient de vrais contrats de travail et puissent vivre dans des conditions décentes. Il permettrait à ceux qui sont en transit de vivre avec dignité, de pouvoir faire les démarches administratives nécessaires dans la sérénité. Il suffirait, encore une fois, d’arrêter le gâchis d’argent des expulsions, des cadeaux aux patrons, de prendre les sous là où ils sont : dans les poches des exploiteurs.

La Gauche Révolutionnaire pense que nous devons lutter tous ensemble, travailleurs, pauvres, jeunes, à travers les pays et au-delà des frontières, pour se débarrasser du capitalisme qui entraîne misère, exploitation et la barbarie qui l’accompagne forcément. Nous sommes pour une société qui fonctionne pour satisfaire les besoins de tous, et non ceux des richards qui s’engraissent y compris sur la mort de milliers de personnes. Cette société, le socialisme, fonctionnera sur des bases de solidarité, de respect entre les peuples et de coopération économique, culturelle…

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