La lutte contre les arnaques du travail du dimanche continue

manif travail du dimancheLa loi Macron I avait comme objectif, entre autres, de généraliser le travail du dimanche et surtout la possibilité pour les entreprises de payer les salariés comme n’importe quel jour de la semaine. Les fameuses zones touristiques (dont les critères de définition sont tellement flous qu’elles peuvent potentiellement s’appliquer partout) devaient ainsi devenir les zones de non-droit du travail et de concurrence acharnée entre les salariés eux-mêmes.

De nombreuses manifestations ont été organisées par les salariés du commerce surtout à Paris, notamment grâce à une mobilisation intersyndicale unifiée rassemblant CGT, Sud et Unsa (contre les positions de leurs propres directions nationales !), pendant plusieurs mois et après le passage de la loi pour réclamer son retrait – faute de réelle mobilisation par les directions syndicales et les partis de gauche pour faire reculer le gouvernement. Pour appliquer la loi, il fallait cependant des accords dans les entreprises et donc la bataille a été lancé fin 2015.

Batailles dans les magasins

Le BHV Marais a été le premier magasin à se lancer et a choisi la voie du référendum pour consulter les salariés. Malgré l’immense pression de la part de la direction, l’accord qui prévoyait l’ouverture tous les dimanches et une majoration de 100 % a été rejeté. Évidemment, la tentation est grande vu la faiblesse des salaires et les emplois précaires ou étudiants qui sont nombreux.

Les entreprises se portent très bien et diminuent en plus l’effectif chaque année comme à la Fnac, avec une diminution de 6 % en 2 ans. La direction propose d’ailleurs une augmentation de l’effectif de 2,6 % pour l’ouverture du dimanche ce qui ne compense même pas ce qu’elle a supprimé ! Les syndicats CGT, majoritaires, et FO ont d’ores et déjà dit qu’ils ne signeraient pas d’accord. Mais la direction est tellement sur les dents et compte se faire tellement de profits avec ces ouvertures qu’elle a pu proposer aux syndicats de tripler le salaire sur les 12 dimanches où ils feraient le plus de chiffre ! Comme quoi : le fric est là, et il ne faut pas se laisser faire !

Par contre, dans d’autres entreprises où le rapport de force est plus défavorable, comme à Zara, la CFDT et la CFE-CGC (syndicat des cadres) ont signé l’accord, avec une soi-disant garantie du volontariat et une majoration de 110 % le dimanche. Mais le directeur de l’enseigne a déjà dit que le travail du dimanche n’avait d’intérêt que s’il était « rentable » : le patronat reviendra à la charge au moindre prétexte, et ça on peut en être sûr !

Il faut une lutte tous ensemble !

Pour gagner partout, le rejet doit se lier à une lutte dans ces entreprises pour des augmentations de salaires, comme à Gibert Joseph où les salariés ont réussi à obtenir cinq ans de suite une augmentation, dont 14% en 2015. Les salariés du commerce doivent continuer à lutter tous ensemble et ne pas se laisser piéger chacun dans leurs boîtes, et les syndicats devraient oeuvrer en ce sens, et pas seulement à Paris !

Non au travail du dimanche et en «soirée»
Pour des augmentations de salaire partout et un Smic à 12€ de l’heure !

Par LOUIS Matthias

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