Remaniement : un nouveau gouvernement pour une même politique

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Hollande, qui a encore trois ans à faire comme président, ne pouvait pas faire autrement que de changer son gouvernement après la déroute des élections municipales.

Valls : le Monsieur plus de l’austérité et de la rigueur

Le choix de Manuel Valls comme premier ministre, c’est clairement d’assumer la politique d’austérité engagée depuis plus d’un an par Hollande avec Ayrault. Valls représente le courant le plus libéral en économie au sein du PS, un courant minoritaire aux primaires du PS où il a fait 6%. Ce courant est d’ailleurs celui qui domine les partis sociaux-démocrates d’Europe, SPD en Allemagne, Labour Party anglais ou Matteo Renzi en Italie…

Ses missions sont claires : faire d’abord passer et appliquer le pacte de responsabilité. Et pour ce faire, sur le dos de la population, il faudra accentuer l’austérité et les cadeaux au patronat, par la casse de la protection sociale et des droits déjà limités des chômeurs indemnisés et une politique toujours plus répressive et raciste. Dans ce but, Valls a besoin d’un gouvernement réuni clairement autour de ce programme de combat contre les travailleurs et la majorité de la population.

Un gouvernement «resserré» pour passer à l’offensive

Le premier gouvernement de Hollande voulait donner le style gauche plurielle. Celui de Valls est différent. L’équipe du PS présente s’est réunie autour de l’idée d’accepter de mener la politique qu’attendent les capitalistes de Hollande. Finies les sorties médiatiques de Montebourg pour la nationalisation. Ce dernier a choisi son camp depuis plus d’un an. Il est devenu le principal détracteur des syndicalistes combattifs qui résistent contre les plans de licenciements et l’ami du Medef. Lui, au ministère de l’Economie et Benoît Hamon au ministère de l’Éducation, les prétendus représentants de la gauche du PS ont accepté des ministères-clé qui les mettront en première ligne pour infliger les coupes budgétaires dans les services publics. Ce n’est pas une victoire pour l’aile gauche du PS mais bel et bien un ralliement de carriéristes.

Et les écolos, qui ont dégagé du gouvernement, trouvent encore le moyen de se revendiquer de cette majorité présidentielle. Ils regrettent déjà de ne plus être aux affaires ! Logique, car ce parti n’existe qu’en siégeant au côté du PS, localement ou nationalement et n’a aucun programme qui l’identifie.

Avec Sapin et Royal, Fabius ou Montebourg, les membres de ce gouvernement ne sont pas des novices. Si Hollande a qualifié ce gouvernement « de combat », on peut être sûr que ce n’est pas pour lutter contre les inégalités et améliorer le quotidien des millions d’habitants qui s’appauvrissent un peu plus. Le PS et le Medef ont besoin d’une plus grande cohésion pour mener leur offensive.

Ainsi, Valls a annoncé que toute déclaration officielle d’un ministre devra d’abord passer par lui. De la même manière, ils auront davantage de réunions tous ensemble. Officiellement ce serait pour éviter les couacs. En réalité, la pilule qu’ils ont à faire passer est très grosse et ils ont besoin de se coordonner davantage. Une chose est sûre, et elle s’est confirmée dans la dernière période : si pour beaucoup c’est actuellement la confusion et le malaise qui règnent, pour l’avenir, la colère et l’envie de révolte sont très fortes. On peut être sûr que pour ce gouvernement de combat, le match va être serré dans le futur !

Par Leïla Messaoudi

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