Pour réellement lutter contre les violences faites aux femmes, il faut lutter contre l’exploitation capitaliste

Grève_contre_l'Usine_Beaulieu_(Limoges,_France_-_9_mai_1905)

En 1905, les travailleuses de l’usine de feutre rue Beaulieu à Limoges sont en grève et ont formé un syndicat. Outre des augmentations de salaire, elle réclament la fin des agissements des contremaîtres qui exigent des faveurs sexuelles en échange de l’attribution de plus grosses pièces pour augmenter leurs revenus.

Les rapports sur les violences faites aux femmes sont désastreux et il est salutaire que plus de femmes dénoncent leur agresseur. C’est à nous toutes et tous maintenant de passer à l’action. Une manifestation comme le 23 novembre (dans le cadre de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes) est une très bonne chose. Il faut l’utiliser pour aller au-delà de la dénonciation et s’organiser pour lutter.

Les violences sexistes sont le reflet d’une société violente et liées à l’accroissement des inégalités. L’État recourt à la violence de manière toujours plus brutale pour maintenir les conditions de l’exploitation et la domination des plus riches. Et c’est de l’organisation de la société que découle les relations entre individus. Et justement, ces violences dans les rapports individuels sont liées à la société elle-même : dans cette société capitaliste, il y a les exploité-e-s, et les exploiteurs, et exploiteuses !

Lutter pour les droits des femmes n’implique donc pas de lutter contre tous les hommes, même si des campagnes doivent être menées pour sensibiliser les travailleurs et les appeler à soutenir la lutte et dénoncer les violences. Mais tant que durera une société où les capitalistes pourront exploiter les travailleurs et travailleuses, il n’y aura pas de réelle égalité, ni d’ailleurs de réelle démocratie. Ce qui est en jeu, c’est bien une question de division en classes de la société et non pas une question de nature individuelle. Quant à l’éducation, elle sert cet ordre social injuste. On doit changer l’éducation, mais cela ne se fera réellement qu’en renversant le capitalisme pour en finir avec la division en classe de la société.

Restaurer les acquis !

Aujourd’hui les aides sociales baissent, les services publics sont privatisés… Les moyens de rendre un peu plus juste notre société sont tous les jours un peu plus supprimés. Disparition de plannings familiaux, qui nous permettaient d’avoir accès aux soins, à la contraception, à l’information sur la sexualité. Privatisation des hôpitaux, des transports publics qui diminuent en nombre. Suppression par la ministre Muriel Pénicaud des CHSCT, les comités hygiène et sécurité au travail, où les syndicats pouvaient dénoncer tous les problèmes liés aux conditions de travail et les risques psycho-sociaux. De plus, la baisse des moyens alloués à l’inspection du travail rendra plus difficile la dénonciation du harcèlement et des agressions sexistes.

Sur les lieux de travail, les méthodes de management agressif démontrent bien le lien qui existe entre exploitation et violence. Le harcèlement prend diverses formes, comme par exemple les pressions à la prime de productivité ou pour forcer les salariés à la démission. Des centaines de milliers de travailleurs en sont victimes chaque année, et il y a de nombreux suicides. Les travailleuses peuvent, en plus, également subir le harcèlement sexuel. Mais les DRH, managers ou patrons ne sont pas plus tendres quand ce sont des femmes : leur objectif reste la course au profit en exploitant les travailleuses et les travailleurs.

Des mesures d’urgence

Contre les violences de rue, il faut des vrais moyens et des services publics. Nous n’avons pas confiance dans la police. Il faut des services publics présents dans les rues et les transports en commun, avec du personnel humain. Contre les violences sexuelles et/ou conjugales, les priorités doivent être de permettre aux victimes de s’éloigner de leur agresseur. Dans un premier temps il faut lutter pour des mesures immédiates pour obtenir des places d’hébergement d’urgence en foyer mais aussi avec des accompagnateur/trices et la possibilité de mener des enquêtes indépendantes par des services sociaux.

Les budgets des plannings familiaux, des hôpitaux, des services publics doivent être augmentés. Mais il faut aussi que les femmes victimes de violences puissent avoir un logement et un salaire décent qui leur permette d’être indépendante (car la violence augmente avec la différence de revenu au sein d’un couple), et pour ça on ne peut pas compter sur le gouvernement et les patrons, que ce soient des hommes ou des femmes !

Il s’agit donc bien de lutter ensemble contre le capitalisme et l’exploitation que l’on subit en tant que travailleurs et travailleuses.

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