Municipales 2020: encore des alliances à n’importe quel prix?

election_mg_3455-3009161Pour les municipales, les discussions sur les alliances ont encore agité la gauche. Dans certaines villes comme à Marseille des listes larges dites « citoyennes » s’étaient constituées allant du PCF à EELV en passant par la FI. Mais à mesure qu’approchent les élections et que la question du programme ne se clarifie pas, les magouilles reprennent. EELV s’est retiré et le PS a voulu prendre la tête de la liste. Pas très surprenant. Rien dans le projet politique du PS, ou d’EELV d’ailleurs, ne permet de croire qu’ils auraient adopté un programme réellement pour les travailleurs et les jeunes.  Jadot (EELV) s’était déclaré en juillet prêt à s’allier avec LREM. Désormais c’est son représentant à Paris qui propose à Villani, déchu d’En marche, de faire liste commune ! Quant au PS, il essaie de se refaire une beauté mais ce parti est en piteux état, la présidence de Hollande ayant achevé de la révéler pour ce qu’il est : un parti au service des capitalistes.

La France insoumise devrait être plus offensive et mettre en avant plus fermement l’approche adoptée en juin dernier pour des listes ouvertes en rupture avec le camp de Macron et à ceux qui ont fait une politique similaire quand ils étaient aux affaires. C’est la raison qui nous a fait soutenir cette démarche initiée par la France insoumise. Le PS, et en grande partie EELV n’ont pas un programme de gauche, en défense des travailleurs et de la majorité de la population.
Pas question de remettre en selle les mêmes qui nous malmènent depuis des années ; ceux qui ont permis à Macron sa casse d’ampleur. Dans de nombreuses villes, le PCF agite la menace du RN pour justifier ses alliances avec le PS. C’est erroné et nous envoie pour les années à venir sans programme pour résister et lutter.

Reforger une gauche de lutte

Sur le fond c’est bien l’absence d’une vraie opposition de gauche à la politique de casse sociale et raciste de Sarkozy, mais aussi de Hollande et Valls qui a laissé le RN profiter de la colère sociale. C’est ce qui les place en position pour gagner des villes et pouvoir mener une politique profondément opposée aux travailleurs et aux jeunes, qui supprime la cantine aux enfants de chômeurs, qui ferme le secours populaire, qui stigmatise les étrangers et les musulmans.
La colère a commencé à se transformer en luttes sociales depuis plus d’un an avec les Gilets jaunes. Désormais avec le mouvement de grève entamé le 5 décembre 2019, c’est une nouvelle étape plus conséquente et organisée de la riposte par le monde du travail. C’est le bon moment pour franchir un cap et rompre définitivement avec les petits arrangements électoraux sur le dos des habitants qui enchaînent les militants sincères du PCF ou des écologistes à la machine PS.
L’absence d’un véritable programme de lutte face aux capitalistes est un problème. Tout comme le fait de continuer à passer des alliances avec les partis qui les défendent.

Par Leïla Messaoudi

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