Grève des chauffeurs routiers « matières dangereuses », pour eux et nous

111Le patronat du secteur avait été averti le 10 mai dernier. Les chauffeurs routiers des matières dangereuses (MD, c’est à dire les acides, l’essence, etc.) avaient fait une première grève pour exiger une amélioration des conditions de travail dans le cadre de la convention collective du transport routier. Cette grève était partie de la base, sans réel mot d’ordre syndical sauf d’avoir les mêmes conditions de travail et de rémunération des chauffeurs d’outre-mer, bénéficiant de la convention collective du pétrole, beaucoup plus favorable, touchant principalement les dépôt de l’Île-de-France (lire notre précédent article). Le patronat du secteur n’a rien voulu savoir, malgré les mises en garde des syndicats lors de la réunion du 10 mai dernier.

Des choses assez simples, et même de bon sens pour ce qui est de la sécurité de tous et toutes. Une visite médicale semestrielle, pas plus de 10 heures de conduite par jour. Et donc une augmentation de 100 euros dès maintenant, et un salaire horaire de 14 euros (au lieu de 10 euros maintenant pour le coefficient le plus élevé de la grille des salaires et surtout, cela permet d’éviter d’allonger les heures supplémentaires pour tenter d’obtenir un salaire à peu près décent).

La CGT transports (et localement des délégués d’autres syndicats), avait prévenu, si au 26 mai aucune avancée ni discussion n’étaient annoncées, il y aurait grève, et pas qu’une journée !

Résultat, ce vendredi matin, la grève a commencé dans de nombreux dépôts : Donges (en Loire-Atlantique), et en Île-de-France (Gennevilliers, Mitry, Nanterre, Vitry…). À Donges, les grévistes ont installé un barrage filtrant et disent que moins de 20 camions sont passés contre plus de 300 d’habitudes. À Gennevilliers, 6 fourgons de gendarmes mobiles avaient été dépêchés pour entraver le droit de grève en empêchant tout barrage filtrant mais la grève étant là, peu de camions sont venus charger. Dans ce même dépôt, seuls 7 camions seraient venus charger.

Les stations services n’ont que 1 à 3 jours d’autonomie

Le plus important est bien là. C’est une vraie grève, pas un mouvement limité au délégués syndicaux (car la répression est telle dans ce secteur que souvent les routiers ne peuvent même pas exercer le droit de grève). Car le ras le bol est énorme. De manière générale avec ces années de politique qui ont aggravé les conditions de travail et raboté les salaires, et particulièrement dans ce secteur où on ne peut pas conduire avec 27 tonnes de carburant dans le dos sans avoir des conditions de travail décentes. C’est aussi une question de sécurité pour tous.

La grève doit faire tâche d’huile

La grève est reconduite dans de nombreux dépôts, Donges, La Rochelle, et en région parisienne. À un gouvernement qui dès le début de son mandat fait dire à un ministre, « on ne peut pas bloquer la France », les routiers montrent qu’à moins de forcer les gens à travailler avec un fusil dans le dos, on peut bloquer l’économie en faisant grève tous ensemble.

Et il est possible de l’étendre : en vallée de Seine (Grand-Quevilly, Lillebonne, Le Havre), en région lyonnaise (Feyzin), à Lavéra/Fos-sur-mer, etc. Les militants syndicaux doivent apporter leur aide aux routiers afin que le mouvement s’amplifie.

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