Ouverture du 51ème Congrès de la CGT, pour une orientation de lutte!

congrès CGT

Le 51ème Congrès de la CGT s’ouvre aujourd’hui à Marseille

Deux mois de mobilisation contre la loi « Travail » et les enjeux du 51ème congrès national de la CGT deviennent cruciaux ! Les jeunes ont impulsé et maintenu à un niveau intense la lutte pour le retrait de la loi El Khomri. Un nombre très important de syndicats, de syndiqués et de travailleurs prend ce mouvement très au sérieux.
Il fédère la colère et les luttes contre toute la politique d’Hollande et Valls et du Medef. A tel point que les journées de grève du 9 et du 31 mars ont été massivement suivies et construites.

Au sein de la CGT, la direction – est-ce par crainte d’être débordée ? – ne met pas toute son énergie à construire la chose qui est désormais dans la tête d’une grande partie des syndicalistes, à savoir la grève générale. Elle laisse ainsi trop souvent les jeunes seuls, notamment face à la répression. Et elle met pas en avant l’indispensable unification des mobilisations – notamment au vu du nombre de luttes qui existent sur les salaires, les emplois… La CGT devrait également ne pas hésiter à participer aux débats qui animent les Nuit Debout.

Ce sont tous ces éléments qui permettraient que la CGT devienne le moteur de la construction de la grève générale qui fasse tomber la loi El Khomri et est le seul moyen de stopper toute la politique de Valls-Hollande. Les délégués à ce Congrès peuvent changer cette orientation catastrophique en impulsant une véritable journée de grève totale le 28 avril prochain puissante qui permette d’enclencher une véritable grève générale !

L’article ci-dessous est tiré de l’Egalité n°176 (mars-avril 2016)

Durant ces 10 dernières années, la CGT a vu arriver de nouvelles équipes syndicales et un certain renouvellement a eu lieu. La crise a aussi eu un impact sur les syndicats et les syndicalistes, obligeant les travailleurs à se battre contre un patronat toujours plus agressif.

Sous le coup des plans de licenciement et des fermetures de site dans le privé, des coupes dans les services publics et de la surexploitation des salariés, les bastions industriels du syndicat ont subi des coups majeurs contre les conditions de travail. Une partie des plus actifs et combatifs a résisté aux coups essayant de défendre les emplois coûte que coûte (Goodyear, Continental,…). Les grèves de 2010 contre la casse des retraites avaient aussi montré la volonté d’en découdre qui montait dans le syndicat. Mais la direction de la confédération est restée frileuse, bien trop souvent dans les salons à discuter.

Cette politique de conciliation avec les patrons et le gouvernement a été fortement remise en cause lors de la crise au sein de la direction de la CGT fin 2014. Elle a abouti au départ de Le Paon en janvier 2015. Mais la question du congrès qui reste centrale est : quel rôle peut jouer la CGT dans le renouveau actuel des luttes ?

Aux avants postes de la lutte pour nos droits

Le sentiment et la volonté que la CGT soit un rempart et un outil de luttes pour tous les travailleurs ont grandi. Aujourd’hui les équipes syndicales qui se sont forgées dans l’isolement et la crise économique et qui ont essayé de ne rien lâcher sont décidées à avancer. Les initiatives de mobilisation, locales ou départementales se multiplient et s’élargissent : grèves, actions avec la population, comités de défense contre la répression. Et ce sans qu’aucun mot d’ordre national n’ait été lancé.

Les équipes de syndicalistes combatifs peuvent parfois être minoritaires dans leurs entreprises et dans le monde du travail mais elles ont une influence très forte lorsqu’on lutte. Elles sont aux avant-postes de la lutte contre le Medef, la casse de l’emploi et contre Hollande et Valls. Il faut renforcer le syndicat. Pour cela la CGT doit prendre la mesure de son rôle et pousser l’avantage dans la lutte des classes actuelle.

La CGT doit faire avancer l’unité des travailleurs

Plus question d’attendre et de négocier le poids de nos chaînes. Une confrontation majeure est devant nous. Le syndicat doit permettre d’organiser la lutte et s’adresser à la masse des salariés non syndiqués pour les appeler à rejoindre la lutte. La CGT doit mettre en avant la nécessité de s’unir à la base, et toujours proposer l’unité aux autres syndicats mais sur une base combative, contre les plans patronaux et gouvernementaux.

La volonté est là dans de nombreuses luttes. Si certaines directions comme celle de la CFDT montrent chaque jour leur intégration au système, chez certains syndiqués ou simples salariés influencés par elles, la volonté de se battre est aussi présente !

Le congrès confédéral aura lieu du 18 au 22 avril prochain à Marseille. Pour près de 75 % des délégué-es, ce sera leur premier. Le renouvellement du syndicat et son implication dans les batailles quotidiennes va avoir un écho à Marseille. La CGT et en son sein, ses éléments combatifs, doit se saisir de la situation. Le syndicat doit permettre de sortir de la période d’isolement des années passées, de la résistance, à l’offensive et impliquer ainsi les salariés qui cherchent un outil pour gagner.

Par Leïla Messaoudi

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