Trahison sur l’offre de reprise, il faut nationaliser la Chapelle Darblay

Le site Chapelle Darblay, situé à Grand-Couronne (76), est toujours menacé. Ce sont 218 emplois, sans compter les 800 sous-traitants, qui sont laissés sur le carreau. Tout ça alors qu’un tiers du papier recyclé de France sortait de cette usine « verte », dont la chaufferie peut alimenter en énergie les foyers de 20 000 personnes. Le groupe papetier finlandais UPM (10 Mds d’euros de chiffre d’affaires) a décidé, courant 2019, de revendre le site ou de le fermer si aucun repreneur ne se présentait. Aujourd’hui, le site est à l’arrêt et des repreneurs potentiels se sont présentés, souvent en proposant de modifier l’objet du site. Aucune idée, donc, de ce qu’il adviendra du recyclage (soi-disant pas assez rentable pour un groupe comme UPM) et des emplois.

Erreurs tactiques et absence de stratégie

La CGT reste mobilisée depuis les annonces pour sauver le site, mais lutte malheureusement seulement pour trouver un repreneur. En 2013, la mobilisation pour Petroplus a prouvé qu’une lutte syndicale visant le rachat d’une usine par un groupe capitaliste ne sauve aucun emploi. Tous les potentiels repreneurs de Petroplus qui se sont présentés ont fini par se retirer, laissant les 550 salariés du site finir au chômage.
Des collectifs écologistes comme #PlusJamaisÇa avancent qu’il faut attendre de l’État qu’il remplisse son soi-disant rôle protecteur en ne « laissant plus les intérêts privés lui dicter sa politique ». Mais l’État n’est là que pour défendre les capitalistes, qui se fichent éperdument des besoins de la population. Les élus du PS et du PCF à la Métropole de Rouen se disent à la recherche d’un repreneur, mais ce n’est pas ce qu’il faut. Il faut la nationalisation de l’usine sous gestion démocratique des travailleurs. Alors que les collectivités locales reprennent l’usine ou la rachètent pour 1 € !
Les actions coup de poing devant le Ministère de l’Économie ne suffiront pas, le seul moyen de gagner est de mettre en place un véritable agenda de mobilisations pour construire une lutte syndicale nationale visant la sauvegarde du site.

Emploi, écologie ? Démocratie ouvrière !

Une usine utile à la population doit rester ouverte et être gérée démocratiquement par les ouvriers en lien avec la population.
Chapelle Darblay est un site dont nous avons tous besoin, et qui doit être un exemple pour un service public national du recyclage partout en France. Pour l’emploi, pour l’écologie, mobilisons-nous !

Par SKÁLD