Les nouvelles technologies : sauveur ou fossoyeur du capitalisme ?

Industrial+RobotsY a de quoi trouver paradoxal qu’on puisse aujourd’hui aller sonder Pluton mais que l’on reste toujours aussi dépendants des énergies fossiles alors que cela nous conduit certainement vers d’énormes catastrophes naturelles. En réalité, la raison de cela est que le capitalisme refuse d’utiliser nos connaissances et de pousser la recherche dans une direction qui pourrait donner lieu à une réduction des profits.

Le capitalisme encourage le développement de nouvelles technologies tout en les freinant

Par exemple, des progrès gigantesques ont été faits pour ce qui est de la circulation de l’information et finalement, beaucoup de moyens sont inventés aujourd’hui pour empêcher sa circulation gratuite. D’énormes possibilités, finalement non exploitées. Comme si le système nous offrait une voie TGV avec seulement un train à vapeur pour y circuler.

En Chine, il y a eu une hausse des robots de 54% l’an dernier et la première usine tournant seulement avec des robots. Alors qu’avoir un maximum de robot pour remplacer le travail humain pourrait être une libération, cela pose en fait de grosses questions au régime chinois. Il est primordial pour lui de développer son marché intérieur mais si les robots remplacent les hommes, il n’y aura plus de travail, donc plus de pouvoir d’achat et donc plus de moyens pour écouler les marchandises et assurer les profits. Évidemment, cela ne convient pas aux capitalistes.

En fait, le capitalisme permet le développement des forces de productivité malgré lui, à cause de sa contrainte de concurrence. Chacun essaie de trouver un moyen pour réduire ses coûts de production et ne pas dépendre d’une main d’œuvre contraignante (législation de droit du travail, grève…). La compétition amène au développement de la productivité mais de fait, ce développement n’est pas linéaire. Il consiste plutôt en un enchainement de crises et ne sera jamais poussé au maximum sous ce système. Puisque le capitalisme a besoin de profit pour survivre, il limite lui-même volontairement tout ce qu’il serait possible aujourd’hui avec ces nouvelles technologies.

De plus, le système capitaliste a tendance à détourner ces avancées techniques du bien commun pour développer des armes et servir les horreurs de la guerre. Le drone « Marty » en Israel, capable de repérer un fusil à partir du ciel et de tirer à tout moment en est un exemple sordide. Que l’on soit bien clair, ce ne sont pas les technologies le problème mais bien leur utilisation sous le système capitaliste. Tant que nous serons dans le cadre d’états nations et de propriété privée des moyens de production, elles ne pourront jamais être développées au maximum pour servir l’humanité. Malgré tout, les avancées que l’on connait aujourd’hui créent les bases potentielles pour le socialisme et la satisfaction des besoins de chaque personne sur la planète.

Les nouvelles technologies ouvrent-elles une ère post-capitaliste ?

Beaucoup voit dans le développement des nouvelles technologies un moyen de dépasser le système capitaliste. En effet, grâce à celles-ci, les coûts des échanges de produits ont baissé et les processus industriels ont énormément évolué. On observe également une société non marchande qui se développe à travers internet ou des échanges de services sans échange de valeur. Mais ces réseaux parallèles restent minoritaires et ne sont pas, à eux seuls, une issue possible au système. Il est illusoire de croire qu’ils pourraient devenir dominants au point de reprendre l’économie capitaliste. Cette idée est celle des utopistes socialistes du 19ème siècle.
Les développements technologiques n’ont pas permis jusque là d’améliorer les conditions de travail. A l’échelle mondiale, le nombre d’emploi n’a pas diminué mais on observe une hausse du chômage dans les pays avancés et une augmentation du travail sous-payés.

Les réseaux sociaux ont un impact certain sur nos modes de relations et permettent aux capitalistes d’augmenter notre flexibilité en jouant sur notre temps libre, mais cela n’influe pas directement sur le taux de productivité. Et même si ces réseaux peuvent être utilisés pour créer du lien, encourager la solidarité entre les travailleurs et les jeunes, ils peuvent aussi être détournés pour « désactiver » les gens via des actions comme « liker » de chez eux, voter de leur ordinateur, ne pas tenir de meeting de rue… Cet outil doit être utilisé pour organiser des mouvements le plus largement possible, permettre à une surface large d’accéder aux informations et au suivi des luttes, rendre le plus accessible possible l’existence de l’alternative socialiste. Mais même si cela permet que les gens puissent se fédérer en réseau, cela ne peut se substituer à la notion de classe car c’est bien le rapport au travail et à la propriété des richesses produites qui reste déterminant. Même avec ces nouvelles technologies, c’est la classe des travailleurs qui est le moteur de la société, c’est elle qui produit les richesses. Son pouvoir est intact car elle ne pourra jamais entièrement disparaître sous ce système ; même avec des robots, il faudra toujours des personnes pour les créer, les formater, les entretenir, les réparer…

La question de la propriété privée n’a pas changé et ne changera pas uniquement via le développement des nouvelles technologies.
Prenons l’exemple de la révolution bourgeoise de 1789. Elle a été amenée par le développement du commerce qui a permis d’écouler la surproduction via l’ouverture de nouveaux marchés et donc de créer des marges de profits importantes pour la classe bourgeoise. Mais cette révolution bourgeoise a eu besoin d’une révolution politique avant de pouvoir écraser le féodalisme. Il en est de même pour la révolution socialiste, les travailleurs doivent reprendre possession des outils de production et développer un outil politique qui leur permettra de renverser le capitalisme et d’organiser une société socialiste. Les nouvelles technologies sont des atouts importants pour aider au développement des luttes et de cet outil politique mais elles ne peuvent qu’accompagner la lutte des classes qui elle seule mènera à une révolution. Et lorsque ces technologies seront aux mains de la classe ouvrière, elles pourront nous rapporter bien plus et notamment permettre la mise en place d’une planification démocratique de la production pour parvenir à la satisfaction de tous.
 

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