Il nous faut un mouvement d’ensemble, tous dans la rue !

manifestation-cgtLes sujets de colère ne manquent pas en ce début d’année : la fonction publique, en grève le 26 janvier, se bat toujours pour une véritable revalorisation salariale, les personnels de l’éducation sont vent debout contre la réforme des collèges, les grèves dans les hôpitaux se sont multipliées depuis octobre et la liste des grèves dans le privé s’allonge.

La volonté de lutter est très présente. Le coup de massue des attentats de novembre est passé, et l’état d’urgence n’a pas empêché des salariés, comme ceux de SIDEL au Havre, de bloquer leurs usines et d’être en grève. Si le gouvernement espérait que la vague sécuritaire fasse retomber au second plan l’emploi et les salaires, il s’est trompé. C’est le signe d’une colère profonde, tout comme peut l’être la détermination des travailleurs dès qu’ils entrent en lutte avec l’objectif de ne pas céder sur l’emploi, les salaires, quitte à s’inscrire dans un conflit long. La dégradation des conditions de travail due aux successions de plans sociaux dans le privé et aux suppressions de postes dans le public imposées par la politique d’austérité, la perte du pouvoir d’achat sont évidemment les moteurs principaux de ces conflits. Mais il manque de faire le lien entre toutes ces colères et tous les sujets de qui sont les mêmes sur le fond : emploi, salaire, conditions de travail, lutte
contre la casse des acquis sociaux.

Faire parler le ras le bol de ceux qui souffrent !

Les directions syndicales, et au premier rang la direction de la CGT, portent une lourde responsabilité dans la situation sociale actuelle. D’autant plus que c’est la plupart du temps les militants de la CGT qui sont au premier rang dans la lutte contre les attaques gouvernementales et patronales. La rage est là, la détermination est là, le gouvernement et les partis de pouvoir qui défendent les intérêts capitalistes sont très affaiblis, et pourtant aucune perspective de journée de grève ou de manifestation tous ensemble, du public comme du privé n’est en discussion. La grande journée interprofessionnelle de fin janvier annoncée par la direction confédérale CGT est au final une journée pour la seule fonction publique.

Le lien entre les secteurs publics sera déjà difficile à faire à l’issue de cette seule journée, alors que les luttes dans le privé qui vont immanquablement se multiplier ne doivent pas rester isolées. Le rapport de forces pourrait tourner en faveur des travailleurs si elles parvenaient à se fédérer : quoi de plus utile pour cela qu’un véritable appel à descendre tous dans la rue, le même jour, avec comme objectif commun de stopper les plans du patronat et du gouvernement ?

La conscience chez les travailleurs de leur force et qu’un conflit long permet de gagner sur leurs revendications gagne du terrain. Et tous disent qu’il faudrait une grande lutte tous ensemble, comme en 1995 ou mai 68. Au fil des conflits chaque salarié a acquis la confiance et la maturité pour que la colère grandissante se transforme rapidement en un mouvement de grève et de révolte soutenu par la population, et suffisamment puissant pour mettre fin à la politique d’austérité et pour gagner des mesures et des réformes forcément en rupture avec le capitalisme mais qui défendraient l’emploi, les salaires, les conditions de travail…. L’étincelle que constituerait une puissante journée de grève de tous les salariés du public et du privé, et qui serait le point de départ annoncée par les directions syndicales d’un mouvement de grève d’ampleur à construire sans attendre par les grévistes réunis en AG est à provoquer au plus vite !

Par Luc de Chivré

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