Etat d’urgence : A quoi sert-il ?

Manifcop21Paris, 14 Novembre 2015. Au lendemain des attentats kamikazes causant la morts de 130 civils, le président Hollande et son gouvernement ont décrété l’état d’urgence et appelé à l’union sacré entres les partis politiques. Officiellement, c’était pour sécuriser le territoire face aux « menaces terroristes ». Dans la réalité, c’était pour utiliser la situation à des fins avant tout politiciennes. Une semaine plus tard le 20 Novembre le coup était réussi pour le gouvernement PS qui a reçu le soutien dans ses positions par les Républicains, le PCF, une partie des écolo, et le FN et a pu faire voter son extension de l’état d’urgence jusqu’au mois de Février.

Mais à quoi cela va-t-il servir concrètement?

Depuis la mise en place de cet état d’urgence toutes les fonctions répressives de l’Etat sont renforcées.

Ainsi depuis le 14 Novembre : 3000 perquisitions ont été faites aboutissant à 350 gardes à vue, pour… une mise en examen d’après le parquet antiterroriste de Paris. Les policiers conservent leurs fonctions et peuvent faire usage de leurs armes en dehors de leur service, les budgets de la défense et de l’armée sont renforcés… De plus, des assignations à résidences ont étés prononcées contres des militants ou syndicalistes pour les empêcher de manifester ou de participer à l’organisation de manifestations politiques. L’état d’urgence est donc une arme redoutable pour étouffer les revendications sociales et les tentatives d’exprimer que les attentats terroristes ont avant tout des causes politiques ou sociologique. Notamment celle du désengagement sociale de l’état à l’égard des quartiers populaires ou de la ségrégation incessante de la population « musulmane » ou supposée telle par des lois ou des discours racistes/islamophobe

Cet état d’urgence va donc durer jusqu’au mois de Février (s’il n’est pas reconduit jusqu’aux prochaines élections…) et le gouvernement va profiter de l’état de choc provoqué dans la population par les attentats pour faire passer toutes sortes de lois à relent réactionnaire.

C’est ainsi qu’un Patriot Act à la française en un projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme et pour le renforcement des contrôles frontaliers et en train d’être débattu a l’Assemblée. Ce texte de loi est dans la lignée des lois Cazeneuve de cet été (sur le renseignement et sur l’immigration), il prévoit la déchéance de la nationalité pour les binationaux français. Cette proposition de loi remettant en cause de fait le droit du sol, correspond sans doute à une des mesures qu’aurait rêvé de mettre en place Marine Le Pen pour son arrivée au pouvoir. Le PS l’aura donc fait avant.

Cette mesure est de la pure démagogie. Quelqu’un qui est prêt à commettre un attentat n’en a certainement plus rien à faire de sa nationalité. Mais cela permet aux politiciens d’agiter le racisme, au lieu de s’attaquer réellement aux causes.

Masquer les vrais problèmes

Mais nous travailleurs, jeunes, immigrés, chômeurs, savons que cet état d’urgence, ou les politiciens du FN au PS qui défendent tous la même ligne idéologique, ne va en rien changer de nos conditions de vie, ni ne va sécuriser le pays contre un risque de menace terroriste. Ce qu’il faut pour enrayer la dérive de certains jeunes rendus sensibles psychologiquement par les nombreuses injustices sociales ce sont des conditions de vie décentes, un avenir dans la dignité et le respect.

Ce qu’il faut pour améliorer nos conditions de vie c’est se battre pour le socialisme pour une société ou la division de classe n’existera plus et ou les représentants politiques ne seront plus les larbins du capital et du MEDEF. Si toi aussi tu ne veux ne pas te laisser isoler par l’état d’urgence et que tu désires lutter pour une société débarrassée des injustices sociales, rejoins nous !

Par Anthony

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