La situation sociale en France atteint un niveau de tension rarement vu depuis des années. Alors que les prix continuent de flamber et que les salaires stagnent, le gouvernement Macron persiste dans sa politique d’austérité brutale : 6,5 milliards d’euros de nouvelles coupes, des services publics étranglés, et un chômage des jeunes qui dépasse les 21 %. Idem du côté du patronat qui se montre particulièrement ferme lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui sont souvent bloquées à 0 %. Tout cela pendant que les profits des grandes entreprises explosent.
Éditorial de L’Égalité n°234

Macron fait profil bas, non par modestie, mais parce qu’il sait combien sa politique est détestée. Son pouvoir tient grâce à la division, l’autoritarisme, les attaques contre les droits démocratiques et la répression.
« Quelque chose bouge »
Pourtant, malgré ce climat, quelque chose bouge. Dans les quartiers, dans les entreprises, dans les universités, on sent monter une envie de résistance. Les luttes des travailleuses et travailleurs – des coiffeuses en grève aux techniciens d’Orange, des livreurs menacés d’expulsion aux chauffeurs de bus – rappellent que la colère sociale est bien réelle et qu’elle essaie de s’organiser, malgré l’immobilisme des directions syndicales.
Les mobilisations contre le racisme et les discriminations de mars et en juin, les manifestations du 8 mars montrent également que des milliers de personnes, en particulier parmi les jeunes, refusent de se résigner. Les Pride rassemblent de plus en plus de monde, déterminés à défendre les droits LGBT+ face aux offensives réactionnaires.
Mettons en échec Macron, le RN et les capitalistes !
Sur le terrain politique aussi, un espace s’ouvre. Le lancement de la campagne Mélenchon 2027 suscite un enthousiasme indéniable parmi celles et ceux qui cherchent une alternative à Macron et au RN, et face au PS et ses alliés. Mais cet espoir ne pourra se concrétiser que si nous construisons un rapport de force réel, dans la rue, dans les lieux de travail, dans les lycées et les facs.
Avec comme outil un véritable parti de masse des travailleurs et des jeunes. Nous avons besoin de débattre du programme à développer ; de nous organiser politiquement, indépendamment des partis pro-capitalistes. C’est nécessaire pour construire les luttes massives sans lesquelles il ne peut pas y avoir de changement.
Ce système capitaliste, fondé sur l’exploitation, le racisme et les discriminations ainsi que la destruction de l’environnement, ne peut pas être amélioré ou réformé. Les crises s’enchaînent parce qu’il fonctionne pour les profits d’une minorité de riches – ceux qui possèdent les multinationales et les banques – pas pour la majorité.
Face à cela, nous devons affirmer mais aussi démontrer qu’une autre société est possible : une société où les richesses produites collectivement le sont pour satisfaire les besoins et non être des marchandises, où les services publics sont renforcés, où les droits démocratiques sont garantis, où la solidarité internationale remplace la logique guerrière et impérialiste.
C’est pour cela que la Gauche Révolutionnaire développe des propositions et un programme pour en finir avec le capitalisme, et lutter pour le socialisme comme un projet concret pour transformer la société de fond en comble.
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Par Leïla Messaoudi
