Ce vendredi 17 avril, 4 jeunes sont morts au travail ou en stage : un stagiaire dans un entrepôt de matériaux de construction, un intérimaire à Lustucru, une apprentie et un chauffeur livreur. Ces tragiques événements doivent toutes et tous nous alerter. En ce 28 avril, la journée internationale « pour la santé et la sécurité au travail », nous devons préparer la lutte qu’il nous faudrait pour des meilleures conditions de travail, pour que cessent les morts et les blessures, des jeunes et de tous les travailleurs.

Dégradations des conditions de travail : plus de blessés et de morts
Entre 2019 et 2022, il y a une hausse de 29 % des accidents du travail reconnus. En 2023 il y a eu 759 morts, en 2024 nous atteignons le nombre de 1297. Une multiplication des morts au travail atteignant 3 par jour, dont 1 par jour dans le secteur du bâtiment (le plus mortifère). Et tous ces chiffres ne représentent que la partie visible de l’iceberg. Combien de travailleurs meurent chez eux, détruits par leur travail ?
Les licenciements pour inaptitude explosent : du chiffre (déjà très haut) de 132 000 en 2022, il y en a eu 242 000 en 2025 ! Ces chiffres révèlent à eux seuls les problèmes : le travail, organisé tel qu’il est, bousille les gens. Les conditions de travail se dégradent, les postes ne sont pas adaptés correctement, et en fin de chaîne, les patrons se servent de l’inaptitude pour supprimer des centaines de milliers de postes en toute discrétion.
C’est le résultat d’une politique : celle de faire plus de profits sur notre travail et réduire les coûts pour le patronat. Les capitalistes et les gouvernements de Macron, à leur service, ont tout fait pour donner moins d’équipements, organiser moins de remplacements, augmenter les cadences, ce qui génère plus de fatigue… et surtout ont supprimé beaucoup de postes de travail.
Jeunes travailleuses et travailleurs : un pied dans l’usine, un pied dans la tombe !?
Depuis l’arrivée de Macron, les réformes de l’apprentissage ont augmenté le temps que les apprentis passent en entreprise. Cela a amené un grand nombre de jeunes dans le monde du travail. Des jeunes qui étaient là pour apprendre, mais à qui on demandait d’être aussi efficaces qu’une personne qualifiée. Les apprentis ne devraient pas servir à combler les manques d’effectifs !
Fruit de cette politique, désormais, 59 % des accidents du travail mortels des jeunes de moins de 25 ans sont dans leur premier emploi ! 146 jeunes sont morts au travail entre 2020 et 2024, et ce bilan s’alourdit en 2025 !
Tout ça est lié à la politique patronale des gouvernements pro-capitalistes. Les patrons se font des marges de ouf sur nous en faisant travailler des alternantes et des alternants pour quasi rien : 27 % du SMIC pour les moins de 18 ans en première année. 480€ par mois. Autre avantage pour le patronat, avant 2026, l’apprentissage n’était pas imposable et les patrons ne payaient quasi pas de cotisations ! Apprenti·es, vous rapportez bien plus en un mois que vous ne l’imaginez… même si vous allez en cours !

Après l’apprentissage, c’est à peine mieux. Souvent on fait des tafs précaires payés au SMIC, on enchaîne des contrats court, parfois à la semaine, parfois à la journée. On est toujours sur la sellette et on doit toujours être à fond sinon on pointe au chômage !
Sur les chantiers, nous arrivons à 7h et on repart à 18h, et toute la journée on nous répète qu’il faut aller vite ! Cela a deux finalités : on peut plus facilement se blesser au travail ou bien un chantier peut finir plus tôt et nous sommes renvoyés chez nous. C’est cette logique de la recherche du profit qui explique pourquoi on est de moins en moins en sécurité sur nos lieux de travail !
Organisons la lutte : un emploi, un bon salaire, des bonnes conditions de travail pour tous !
On en a marre que les patrons se servent de nous comme de la main d’œuvre jetable, corvéable à souhait. Il est urgent que les syndicats s’emparent de ce sujet et organisent des luttes collectives et des grèves pour gagner rapidement :
- des moyens pour l’Inspection du travail et des embauches à la hauteur des besoins pour contrôler les obligations en vigueur ;
- le retour des CHSCT (Commission Hygiène Sécurité et Condition de Travail élue par les travailleurs) totalement indépendantes des patrons et avec un véritable pouvoir d’enquête et de mise en place de mesures ;
- l’arrêt immédiat des stages de découvertes qui servent à faire du travail dissimulé et des réformes de l’apprentissage.
Personne ne connaît mieux son service, son unité de travail ou son atelier que les travailleurs eux-mêmes. C’est nous qui devons décider et organiser le travail, la charge, les méthodes et les embauches ! Les patrons et nous avons des intérêts différents : eux les profits quoi qu’il en coûte, nous une vie et un travail décent et arrêter de nous faire exploiter. Il n’y a pas d’entente possible entre ces intérêts inconciliables. C’est pourquoi les syndicats doivent porter leurs efforts vers la nécessité d’arracher des avancées par la mobilisation des travailleurs plutôt que les négocier dans les instances avec le patronat.
Pour combattre les morts au travail, il faut combattre le plein pouvoir des patrons qu’ils tirent de la propriété privée des moyens de production et leur dictature du profit qui va avec. Seule la lutte pour le socialisme permettra que les travailleurs décident eux-mêmes « Qu’est ce qu’on produit ? En quelles quantités et dans quelles conditions ? ». Ainsi, les travailleurs, aux commandes de toute l’économie mettront en place des recrutements à la hauteur des besoins, des conditions de travail viables pour tout le monde, une organisation du travail maîtrisée sous le contrôle démocratique de tous les travailleurs… et on en finira avec les morts et blessés au travail.
Bruno Marx et Yohann B.
