
Les coupes budgétaires dans l’université publique ne sont ni une erreur ni une dérive : elles relèvent d’une stratégie politique assumée par Emmanuel Macron et son gouvernement. À Rouen, la suppression de 600 places à la rentrée n’est que la pointe de l’iceberg. Partout en France — de Paris à Toulouse, de Rennes à Bordeaux — des formations ferment, des capacités d’accueil sont réduites, des étudiant·es sont écarté·es. Cette pénurie est organisée pour trier socialement.
La ministre de l’Enseignement supérieur peut bien parler de « budget en hausse » : dans les faits, l’inflation, les salaires et les charges imposées aux universités annulent ces augmentations.
Résultat : la majorité des facs est en déficit, et l’État impose une austérité déguisée. Comme l’a dénoncé l’Union Étudiante, cette politique se traduit par des milliers de places supprimées, une dégradation massive des conditions d’étude et de travail, et une sélection toujours plus brutale.
Quand les moyens manquent, ce sont toujours les mêmes qui paient : les étudiants de la classe ouvrière sont contraints de renoncer, de s’endetter ou d’accepter la précarité. Pendant ce temps, les filières sélectives et l’enseignement privé prospèrent, protégés par un État qui organise la marchandisation du savoir. Cette politique n’a rien d’une mauvaise gestion : elle vise à faire de l’université un outil de reproduction sociale, où l’accès aux études devient un privilège. La pénurie sert à justifier la sélection, à discipliner la jeunesse et à affaiblir toute résistance.
Face à cette attaque, il n’y a pas de solution individuelle. Nos revendications sont claires :
- augmentation réelle des bourses et abaissement des critères d’accès
- fin de la sélection,
- embauches et moyens à la hauteur des besoins.
Défendre l’université publique, c’est combattre un système fondé sur l’exclusion. La lutte de classes traverse les facs, et c’est par l’organisation et le rapport de force que nous imposerons des places, des moyens et un accès réel au savoir.
Mallaury
Article paru dans L’Égalité n°232 (janvier-février 2026)
