Nouvelle Calédonie – Kanaky : l’accord Bougival de Valls-Macron ne passe pas !

Les négociations en tout genre se multiplient au pays, après des mois de tensions et l’enfermement de leaders Kanaks en France. Valls fanfaronnait d’avoir calmé la crise grâce à l’accord signé le 12 juillet dernier. Finalement, ça ne se passe pas aussi bien que le gouvernement Macron-Valls l’espérait.

Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) a rejeté l’accord dit de « Bougival », malgré la signature du texte par Emmanuel Tjibaou, le premier député independantiste kanak. Tjibaou n’est pas représentatif. Son parti, l’Union Calédonienne, s’était d’ailleurs retiré du FLNKS en 2024. Par ailleurs, il est aussi le seul du groupe parlementaire Gauche démocrate et républicaine-PCF à ne pas avoir voté la censure du gouvernement Barnier. Le FNLKS a confirmé avec son congrès qu’il rejette le socle de cet accord de Bougival : les notions d’État calédonien et de nationalité calédonienne, mais avec les Kanaks complètement ignorés.

En fait, c’est un projet d’accord d’intégration à la France présenté sous l’apparence d’une décolonisation.

Une situation économique et sociale explosive

La majorité des habitants de Kanaky-Nouvelle-Calédonie, le peuple kanak, les travailleurs avec ou sans emploi ne se sont pas fait avoir par leurs discours. La situation économique est catastrophique : les mines de nickel du nord ou du sud peinent à redémarrer, avec la crise majeure du secteur. Les fermetures de sites se multiplient, avec nombre de chômeurs ; au moins 13 000. D’ailleurs, il y a des grèves dans la Santé.

Le Congrès de l’île (assemblée territoriale) s’est réuni jeudi 14 août pour adopter un plan d’austérité de coupes budgétaires dans les budgets publics. Cela va dégrader davantage la situation. Les habitants de Kanaky subissent des prix 30 % plus élevés qu’en France, n’ont pas accès au RSA et vivent dans une pauvreté croissante.

La Fédération des fonctionnaires avait appelé à la grève ce jeudi 14 août dans tout le pays à Nouméa, dans la province du Nord et les îles Loyauté, aux mêmes heures, autour des revendications suivantes. :

  • contre la baisse généralisée des allocations familiales,
  • contre une politique sanitaire qui ignore les plus démunis,
  • contre la disparition des services publics,
  • contre l’abandon des populations des îles,
  • pour des augmentations de salaires dans le service public.

Cette grève concerne un secteur. Mais dans la population, en particulier parmi les jeunes, la colère contre les conditions sociales s’additionne à celle contre la politique coloniale du gouvernement et son plan pour approfondir l’accord de Bougival.

Valls prévoit de venir la semaine prochaine en Nouvelle-Calédonie Kanaky. Il affirme que Bougival va s’appliquer et que sa rédaction détaillée va se poursuivre, tout en affirmant « laisser la porte ouverte ». De son côté, le FLNKS dit refuser de participer à cette rédaction, mais se dit ouvert à la discussion.
Les jeunes et les travailleurs de l’île connaissent bien la duperie dont peuvent faire preuve les gouvernements en France. La tentative de modification du corps électoral avant les référendums en est une illustration.

Aucun accord favorable aux peuples de Kanaky et de Nouvelle-Calédonie ne sortira en discutant dans les salons avec Valls.

Autour des comités de lutte qui ont existé regroupant des jeunes et la population, la discussion doit reprendre ensemble sur les revendications à porter et les moyens de lutter pour faire face aux conséquences de la politique de Macron et de Valls. C’est la seule voie qui peut permettre le droit à l’autodétermination en Kanaky/Nouvelle Calédonie.

Par MJ Douet