JLM 2027 : pour une campagne LFI de lutte contre le capitalisme !

La campagne pour les présidentielles 2027, lancée le 7 juin à Saint-Denis par la FI et Mélenchon, a démarré fort avec un meeting de 25 000 personnes. Ceci augure la possibilité d’une véritable dynamique militante autour de la candidature de Mélenchon.

Lancement de la campagne le 7 juin à Saint-Denis avec 26 000 personnes

Pour transformer l’essai en 2027, il va falloir que le programme porté s’en prenne frontalement aux intérêts des capitalistes, car leurs intérêts et ceux de la majorité de la population sont opposés. Le capitalisme en crise cherche de nouveaux marchés intérieurs en privatisant et en détruisant les services publics. L’un des points essentiels, mais ce n’est pas le seul, sera donc de redévelopper les services publics (santé, éducation, protection de l’enfance, etc), et de nationaliser à la fois des entreprises qui licencient, pour assurer qu’il y aura zéro licenciement, mais aussi les principaux secteurs de l’économie – à commencer par l’énergie, le transport, le secteur bancaire, les industries pharmaceutique et agro-alimentaire, la grande distribution, etc.

Le pouvoir de la bourgeoisie, économique mais aussi politique, tout comme ses privilèges, vient du fait que cette classe possède les moyens de production. Pour leur retirer cette propriété privée – et le pouvoir qui en découle, il ne suffira pas de gagner l’élection. Il faudra leur retirer leur capacité de nuisance par la mobilisation et les luttes de la classe ouvrière – seule classe sociale à avoir le pouvoir de faire plier la bourgeoisie de par son rôle dans le processus de production de la richesse.

La centralité des luttes des travailleurs

La direction de la FI semble en être consciente, comme l’a confirmé Manuel Bompard dans une interview récente : « Il faut dire la vérité. Si un programme comme le nôtre arrive au pouvoir demain, il va se heurter à une montagne de résistance et de difficultés : déstabilisation économique, déstabilisation financière, déstabilisation patronale, déstabilisation médiatique […] Vous pouvez avoir la meilleure détermination possible,[… ] être les plus honnêtes et les plus sincères possibles, si vous ne pouvez pas vous appuyer sur une mobilisation populaire après la victoire électorale pour faire face à cette opposition, vous allez être contraint à reculer. »

Cette orientation signifie que les luttes des travailleurs sont centrales pour changer de société. Cela doit imprégner chaque instant de la campagne électorale, chaque activité de chaque groupe d’action et comité de soutien à la candidature de Mélenchon en se tournant vers les travailleurs et travailleuses. Dans le cas contraire, cela restera une campagne habituelle où l’on pourra croire qu’avec Mélenchon président, tout pourra se régler, au risque de voir la dynamique créée par la campagne cesser au lendemain de l’élection…

Donner le pouvoir aux travailleurs et aux travailleuses, avec ou sans emploi, à toutes celles et ceux qui ont un intérêt à combattre ce système d’exploitation et de misère sans avenir, est la condition sine qua non pour appliquer le programme, et que, par exemple, les nationalisations soient de véritables socialisations des moyens de production sous statut public et sous le contrôle et la gestion démocratiques des travailleurs et des travailleuses en lien avec la population afin de satisfaire à l’ensemble des besoins sociaux.

Par Yann Venier

Article paru dans L’Égalité n°235