Primaire écologiste : EELV, un PS en vert ?

Les primaires écologistes se déroulent pour désigner le ou la candidat-e des Verts fin septembre. Au programme, 5 candidats dans un « Pôle Ecologiste » fondé par Europe Ecologie Les Verts (EELV).

E. Piolle, D. Batho, Y. Jadot, S. Rousseau et J.-M. Governatori, à Poitiers le 20 août 2021

Des candidats à géométrie variable

Le plus connu est Yannick Jadot. En 2017, il s’était retiré pour Hamon le candidat du PS. En 2019, il se disait prêt à des alliances avec la droite aux municipales, voulant dépasser les clivages gauche/droite et lors des universités d’été du MEDEF 2020, il a défendu le « capitalisme européen ». Delphine Batho, se présente comme une internationaliste et écologiste de gauche est une ancienne cadre du PS et ministre de Hollande, elle prône une décroissance radicale, sans dire comment les travailleurs auront encore un emploi. Elle est très réactionnaire sur les questions d’ordre et a participé à la manif des policiers en mai 2021.

Leur programme est donc loin d’être révolutionnaire. Eric Piolle, le maire de Grenoble et Sandrine Rousseau, se disent respectivement engagés pour les travailleurs, et pour les luttes sociales et féministes. Ils sont davantage la caution démocratique et sociale. Présents à l’université d’été de la France Insoumise, ils refusent de s’allier ou de se retirer face à Mélenchon, tout en essayant d’y grappiller des voix. Une force de gauche dite « radicale » serait trop pour eux. Le dernier candidat : Jean-Marc Governatori se présente « d’extrême -centre » (si, si !) et veut rassembler de la droite à la gauche modérées. Il a une fortune venant de son entreprise d’ameublement, qui n’avait d’ailleurs aucun engagement écologiste. Un peu loin de l’écologie, des travailleurs et du social, non ?

Démocratie à 2 €

Les 120 000 inscrits cette année auront payé 2 € et signé une charte pour désigner le gagnant. Certains pensent sincèrement que la primaire va permettre de choisir le meilleur candidat écolo, mais rien que le fait de faire payer et que n’importe qui puisse voter, en passant par internet, annule la possibilité de vrais débats sur le programme. Avec les primaires, les voix des militants ne comptent pas et finalement pas de débat chez les militants sur le programme, sur les points présentés ou savoir qui doit être candidat ou s’il ne serait pas mieux de s’allier, etc.

Au final, tant sur la méthode que sur le fond, cette primaire écologiste ne permet pas aujourd’hui d’avoir un vrai programme radical, démocratique et écologiste face à Macron et pour défendre l’environnement. Beaucoup se prétendent de gauche et finiront par s’allier avec le PS. Les militants et travailleurs n’ont rien à y gagner car cette écologie reste bien ancrée dans le capitalisme en laissant tout le pouvoir aux grandes entreprises et en faisant des mesures d’apparat.

Par Lucie Mendes, article paru dans l’Egalité n°206