La progression vaseuse du RN aux municipales

Dès le 1er tour des municipales, les médias bourgeois parlaient de « percée historique » de l’extrême droite avec 24 mairies gagnées. On ne peut nier l’avancée : le RN a 62 communes au soir du second tour. On peut tout de même grandement la nuancer.

Le RN a fait 108 000 voix de moins qu’aux municipales de 2014, leur record historique (1 046 000 en 2014 contre 937 000 en 2026) malgré le triplement du nombre de mairies qu’ils dirigent. De plus, sur les 24 mairies obtenues au 1er tour, 12 étaient des réélections de sortants. Bardella s’en est vanté, disant qu’ils étaient de « bons gestionnaires ». Comme Louis Aliot à Perpignan, qui pour ne « pas faire de vague » n’y engage aucun projet, laisse pourrir les logements mais s’augmente de 17 % et s’offre 3 gardes du corps aux frais des habitants. Dommage pour les vagues, Aliot a été condamné à 18 mois de prison pour détournement de fonds publics en 2025.

Le RN gère ses villes comme un parti de droite traditionnel pour séduire un électorat bourgeois. La réélection des maires RN résulte en partie de l’effondrement électoral des partis traditionnels. Les politiques racistes, les attaques répétées sur les services publics menées par Macron accompagnent ce mouvement électoral, nourrissant le pourrissement social duquel l’extrême droite se nourrit.

C’est en luttant contre ces politiques, pour des services publics de qualité, pour des logements publics décents et l’abrogation des lois racistes, que nous pourrons faire reculer l’extrême droite.

Clément
Article publié dans L’Égalité n°233 (avril-mai 2026)