Espagne : quelle politique mène la coalition dirigée par le PSOE de Sanchez ?

L’Espagne adopte des réformes socio-économiques, pendant que d’autres pays comme la France appliquent des contre-réformes et des coupes budgétaires, et mène une économie de « guerre » contre la classe ouvrière.

L’Espagne fait un rattrapage

La politique de Sanchez affiche une réduction de la précarité, la promotion des contrats à durée déterminée et des augmentations de salaires. Une nouvelle loi de régularisation des sans-papiers, adoptée en 2024, a été mise en œuvre en janvier 2026.

Elle simplifie les procédures d’immigration, réduit les délais pour l’obtention des titres de séjour, et allonge la durée du visa de recherche d’emploi de 3 mois à 1 an. C’est une nécessité pour l’économie espagnole.

Tenter de réparer les pots cassés

La mesure qui a le plus fait parler d’elle est l’augmentation du salaire minimum, même si celui-ci reste largement insuffisant (1184 € bruts mensuels). La loi d’amnistie pour les indépendants catalans impliqués dans la crise de 2017 a aussi été une condition pour l’investiture de Pedro Sanchez.

Le gouvernement affiche également des positions en rupture avec ses prédécesseurs de droite, comme un soutien à la Palestine assumé, et une interdiction d’accéder aux bases militaires aux USA. Une nouvelle loi approuvée fin mars définitivement veut aussi faciliter les sociétés de HLM et l’économie sociale et solidaire. Après les dures années qui ont suivi la crise économique de 2007-2008, toutes ces mesures semblent aller dans le bon sens. Cette politique redonne un peu d’air dans l’économie.

Redresser l’économie : mais pour qui ?

Cependant, le modèle économique en place est bien libéral. Tout le système privilégie les groupes privés dans la santé, le transport, le logement… Et des grèves ont lieu par exemple dans le secteur de la Santé. Les objectifs répondent à ceux des capitalistes espagnols. Il s’agit de profiter d’une certaine dynamique, impulsée par l’injection dans l’économie d’argent par l’État.

Le groupe des parlementaires du PS et de Sumar acceptent d’être les gestionnaires du système. Cette politique peut, un temps, freiner la colère populaire qui est grande après des années de crise, les scandales de corruption et le dégoût de l’abandon de l’État devenu évident après les inondations meurtrières l’an dernier. Les travailleurs et la majorité de la population peuvent en bénéficier un temps.

Mais rien n’est acquis dans le capitalisme. Pour changer réellement les choses, il faut s’organiser et se battre pour un gouvernement des travailleurs qui prenne des mesures décisives contre l’exploitation capitaliste.

Article publié dans L’Égalité n°233 (avril-mai 2026)