Un mois à peine a suffi au gouvernement d’ultradroite pour lancer de grandes attaques sur les travailleurs chiliens et leurs familles. Les attaques systématiques contre la classe ouvrière ont commencé dès le premier jour.

Article paru le 13 avril sur socialistwolrd.net, le site de notre Internationale (Comité pour une Internationale Ouvrière)
En un mois seulement de gouvernement d’ultradroite et hommes d’affaires dirigé par José Kast, on a vu comme le gouvernement répète ses attaques sur les conditions de vie des travailleurs, des étudiants et des habitants.
Avec la montée brutale des prix du gaz et de l’essence, tous les prix montent, et notamment ceux de la nourriture consommée au quotidien par les familles. Le gouvernement a refusé d’utiliser le MEPCO, un mécanisme des différents gouvernements pour stabiliser les prix de l’essence. C’est donc la population qui est directement impactée par les augmentations. D’après le gouvernement, l’État doit réduire les coûts. Ils ont aussi utilisé l’excuse que l’État chilien est en banqueroute, ce que les économistes de droite, sociaux-démocrates et progressistes, rejettent.
D’un autre côté, on voit que l’augmentation des prix permet aux grandes entreprises de continuer à augmenter leurs profits. Le gouvernement veut baisser les taxes sur les secteurs les plus riches du pays (pour les 1 % les plus riches) et, de cette façon, augmenter les profits des grands groupes économiques. En d’autres termes, cela signifie qu’avec les politiques implémentées par le gouvernement, les riches vont devenir encore plus riches, et les pauvres encore plus pauvres.
Mais, non satisfaits de ces attaques sur les conditions de vie de la classe ouvrière, ils ont aussi pris d’autres mesures comme retirer 43 décrets environnementaux de la discussion au parlement, qui cherchent à empêcher la destruction de l’environnement par des entreprises de minage, pêche et gestion des forêts.
Dans le même temps, une série d’attaques est menée sur le terrain des droits humains. Sous l’ancien gouvernement de Boric, la commission du Plan de recherche a été créé dans le but de rechercher les détenus disparus sous la dictature de la droite et des Forces armées entre 1973 et 1990 dont les restes n’ont pas été retrouvés. Les principales personnes en charge du Plan de recherche ont déjà été renvoyées de leurs postes, et il est presque certain que plus rien ne sera fait à ce sujet.
Le retrait des lois sur la pêche actuellement discutées au parlement est un autre problème. Cela signifie que la loi Longueira, favorisant les grandes entreprises, est maintenue. C’est totalement corrompu : la législation a été adoptée au Congrès suite à des pots-de-vin à plusieurs parlementaires qui ont fini par approuver une loi distribuant la mer chilienne à sept familles. Cela a un impact dévastateur sur les petits pêcheurs, parmi lesquels il y a les Lafquenches (communauté mapuche côtière), qui seront aussi impactés par cette politique. Seules les grandes entreprises de pêche et d’élevage de saumon tirent profit de ces politiques.
Coupes budgétaires aux ministères
Le gouvernement va aussi appliquer 3 % de coupes budgétaires à tous les ministères. Cela signifie que les dépenses de santé seront réduites de plus de 517 milliards de pesos, dans un secteur qui opère déjà à sa limite. Les limitations et restrictions sur la santé affecteront plus de 15 millions de personnes. Dans l’éducation, c’est une coupe de 524 milliards de pesos. Cela rendra la situation dans l’éducation, où les ressources sont déjà très limitées, encore plus précaire.
Les coupes dans d’autres ministères suivent les mêmes objectifs : limiter le peu de droits sociaux que la plupart des secteurs opprimés de la société chilienne ont encore, comme la construction de logements sociaux. Les coupes signifient moins d’habitations pour la population dans son ensemble.
Le soutien au gouvernement a vite chuté. Le gouvernement de José Kast est passé de 58 % à 41 % d’approbation à peine, en seulement 4 semaines. Cela doit être à ce jour le premier gouvernement depuis 1990 à subir une telle érosion.
Nous pensions qu’après six mois environ, nous verrions une réaction contre le gouvernement d’ultradroite. Mais nous voyons déjà des mobilisations massives, comme celle du 22 mars pour la journée internationale de l’eau. Des milliers de personnes ont marché à travers le centre de Santiago, rue Alameda. Il y a aussi eu des mobilisations dans le Valparaíso et d’autres villes du Chili. Les marches organisées par les mouvements sociaux environnementaux visaient à protester contre le retrait des 43 décrets environnementaux par le gouvernement de Kast, et à alerter sur les risques concernant les écosystèmes et l’accès à l’eau.
Les élèves des lycées et universités ont aussi défilé dans Santiago le 26 mars, deux semaines après l’arrivée de José Kast au pouvoir. Les manifestations ont été appelées par ACES et Confech (organisations d’étudiants du secondaire et de l’Université). Elles rejetaient les coupes de 3 % dans l’éducation et les attaques sur la gratuité, qui sont un énorme recul pour le secteur.
Que devraient faire les travailleurs, étudiants et habitants face à ces attaques brutales sur nos conditions de vie ?
La classe ouvrière, à travers l’histoire, n’a qu’un moyen de défendre ses droits les plus fondamentaux, comme le droit à une vie digne – à travers des mouvements de masse. La grève générale a, historiquement, été un outil fondamental des luttes des travailleurs pour stopper les abus du patronat, pas seulement au Chili mais dans le monde entier.
Nous pensons qu’il est temps de préparer un plan de lutte. Ce n’est pas suffisant d’appeler à la grève générale, nous devons nous organiser localement en comités de lutte dans chaque communauté, sur chaque lieu de travail et d’étude. Ils doivent être formés dans chaque ville ou village, dans chaque commune, dans chaque région, dans chaque coin du pays, pour préparer une grève victorieuse et des débrayages, et pour forcer les employeurs et la droite à respecter nos droits les plus élémentaires.
Si les travailleurs ne peuvent organiser une lutte victorieuse, la droite et le patronat vont écraser tous nos droits et nous ramener au siècle dernier, voire plus loin.
La lutte pour un gouvernement des travailleurs et une société socialiste est plus actuelle que jamais dans l’histoire de l’humanité.
Socialisme ou barbarie, il n’y a pas d’autre alternative !
