L’Iran, de par sa position centrale entre l’Europe et l’Asie et ses sols riches en ressources naturelles, a subi dès le début de l’ère capitaliste la convoitise des grandes puissances. Que ce soit sous la dictature de Palhavi, du Chah ou des Khomeini, la population subit à chaque fois une élite bourgeoise corrompue et vit dans la précarité. Le pays subit de nombreuses sanctions qui ont des répercussions lourdes sur la population. Et l’État réprime les mouvements de contestation dans la violence – seule réponse possible d’un monde capitaliste à bout de souffle.
Pourtant, la jeunesse et les travailleurs n’ont jamais cessé de lutter ; de nombreuses luttes de masse ont éclaté en Iran depuis les années 1980.
Une histoire de lutte de classes

Il y a eu des mobilisations régulières contre la corruption et les fraudes lors de chaque élection. En 2009, jeunes et étudiants sont descendus dans la rue contre les fraudes massives, et des couches de travailleurs ont rapidement rejoint ce « mouvement vert ». Les dernières élections de 2024, avec seulement 41 % de participation, ont été boycottées pour protester contre le régime. En 2024, un sondage a montré que 73 % de la population iranienne est pour séparer la religion de l’État, contre 31 % en 2015.
Des manifestations massives, surtout de jeunes, ont éclaté pour les droits des femmes en 2022-2023 après la mort de Mahsa Amini, tuée par la police des mœurs car elle avait son voile de travers. Malgré des milliers d’arrestations et des centaines de morts, le mouvement a duré plusieurs mois.
C’est la forte pauvreté qui a alimenté le dernier mouvement, le plus massif depuis la révolution. En 2025, les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté de 66 % ! Ce mouvement s’est étendu à toutes les régions d’Iran, notamment parmi les ouvriers. Fébrile, le régime agonisant a réprimé férocement, tuant au moins 30 000 personnes.
Pour une révolution socialiste
La répression des différents régimes, souvent avec le concours des grandes puissances mondiales, n’a jamais pu écraser la classe ouvrière et la jeunesse d’Iran.
Trump a voulu profiter de l’instabilité pour étendre la guerre dans la région et espère favoriser la mise en place d’un régime ami. Mais tout comme le régime actuel, l’impérialisme US est encore haï dans de larges couches de la population.
Le problème central est le vide politique du côté de la classe ouvrière. Ce sont les travailleurs, massivement en lutte, comme lors des grèves de 1978, qui peuvent en finir avec l’oppression capitaliste. Pour cela il leur faut un parti à eux, avec un programme socialiste pour un gouvernement ouvrier et les principaux secteurs de l’économie aux mains des travailleurs et de la population. Luttons pour une révolution socialiste en Iran et partout dans le monde !
Article publié dans L’Égalité n°233 (avril-mai 2026), par T.K.
