Jeunes et travailleurs, le 5 novembre et après, amplifions la lutte ! Dehors Macron, et les politiques pour les capitalistes avec !

La mobilisation massive, partie des lycéens, s’enracine. Elle réveille et encourage toutes les couches de la jeunesse et des travailleurs. Plus de 2 millions de manifestants ont défilé les samedis 17, 24 et 31 octobre : le potentiel est énorme ! La grève du 5 novembre peut ouvrir une nouvelle phase.

De plus en plus de jeunes et de travailleurs comprennent que seule une action de masse organisée permettra de gagner contre Macron et sa politique capitaliste. L’heure est à construire un mouvement de grève de masse !

Editorial du supplément spécial à L’Égalité 236

Depuis plus d’un mois, des centaines de milliers de jeunes sont en lutte, avec sérieux et détermination. La première mobilisation lycéenne, renforcée par une grève massive des personnels, a eu lieu dès le 31 août à Mayotte. Après les milliers de morts et les ravages du cyclone Chido fin 2024, Macron avait osé dire aux habitants que « si ce n’était pas la France, ils seraient 10 000 fois plus dans la merde ». Lycéens et travailleurs ont décidé de se lever ensemble contre l’inacceptable. Début septembre, lycéens et personnels ont aussi massivement fait grève en Guyane.

Une colère profonde

La colère qui bouillonnait depuis longtemps a fait sauter le couvercle. La mobilisation s’est étendue comme une traînée de poudre dans les lycées, portée par une forte exigence de justice, y compris parmi les jeunes moins défavorisés. Conditions d’étude, état des bâtiments, emplois du temps insupportables, tri permanent par le contrôle continu et Parcoursup : tout est remis en cause !

Les universités ont rapidement rejoint le mouvement, en solidarité avec les lycées et contre les coupes budgétaires. Toutes les universités publiques de France ont commencé la rentrée 2026 avec un budget déficitaire. Les attaques contre l’Éducation et les universités menées par les gouvernements successifs en sont directement responsables.

La situation sociale et économique, le chômage des jeunes à plus de 21 % et les injustices accumulées nourrissent cette colère. Depuis deux ans, la polarisation politique s’accentue, notamment dans la jeunesse, face à une société toujours plus injuste et à la guerre, en particulier depuis le début de l’offensive militaire et du génocide à Gaza par Netanyahou.

Racisme, les partis bourgeois et le RN unis pour diviser

Une partie grandissante de la jeunesse, notamment des quartiers populaires, ne supporte plus la répression et le racisme organisés par Macron : interventions policières systématiques, contrôles au faciès, meurtres réguliers, propagande anti-jeunes visant particulièrement les personnes noires, arabes, musulmanes ou supposées telles. Le rejet du RN est massif dans les manifestations. L’attentat raciste à Trappes, le vendredi 23 octobre, en a été une horrible illustration.

Les partis bourgeois — macronistes, droite et RN — utilisent le racisme et attisent la haine contre les musulmans pour empêcher les travailleurs et les jeunes de s’unir contre la politique de Macron. Le RN montre chaque jour davantage qu’il est au service des capitalistes, comme Macron : il refuse l’augmentation des salaires et les lois pour les droits des femmes et des enfants, et valide les attaques contre les chômeurs et les précaires.

Avec la lutte, de moins en moins de gens sont dupes et voient que le RN est pro-capitaliste, anti-pauvre et anti-travailleur. Depuis le début du mouvement, ces partis condamnent la lutte, les jeunes et les syndicats, révélant de quel côté ils sont : celui des capitalistes.

Le rejet d’une politique 100 % pro-capitaliste

Depuis dix ans, la politique de Macron n’a qu’un objectif : permettre aux très grands patrons et aux actionnaires de faire le plus de profits possible dans la crise capitaliste, en aggravant l’exploitation des travailleurs. Les ultra-riches se sont aussi considérablement enrichis grâce à des mesures fiscales qui participent au vol organisé des richesses produites par les travailleurs. Le RN est 100 % d’accord avec cette politique économique.

On travaille plus, avec moins de bras et toujours plus de pression ; le chômage et la précarité augmentent ; manger, se loger et se déplacer coûtent toujours plus cher. Nos cotisations sociales sont détournées et les taxes injustes financent davantage les multinationales et les « aides » au grand patronat que les services publics. Le mouvement est profondément politique : il exprime un rejet de la dictature des capitalistes sur la société et l’économie, incarnée par Macron.

La matraque…

Face à leur lutte déterminée, Macron n’a une nouvelle fois que la répression à opposer : des centaines de jeunes blessés ou mutilés par les armes de la police — une main arrachée à 14 ans, un œil perdu à 16 ans —, plus de 10 000 gardes à vue depuis fin septembre, couvre-feux et manifestations interdites en centre-ville. Macron prétend même décider qui est « légitime » à manifester !

Dans les médias bourgeois, la propagande diabolise la mobilisation et la réduit aux dégradations et aux affrontements. Les destructions et les pillages restent très minoritaires. Cette violence est contre-productive : elle éloigne une partie des travailleurs et des jeunes, qui craignent la répression. Ce n’est ni une stratégie politique ni un moyen d’attaquer la classe dirigeante. Jamais un bourgeois n’a été effrayé par une vitre cassée. Une grève des employés, en revanche, s’en prend réellement aux capitalistes et à leurs profits. Le premier responsable de la violence et du pourrissement de la situation est le gouvernement lui-même.

… Et les miettes

Les annonces du gouvernement montrent son mépris pour les lycéens. Il promet 28 élèves par classe, alors qu’il en faudrait 20 au maximum. Pour Parcoursup, il annonce une « refonte » d’ici à 2028 — sans que cela veuille dire quoi que ce soit. Les syndicats étudiants revendiquent 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ; le gouvernement en annonce 15 000, après en avoir supprimé 12 700 en deux ans, sans préciser si elles seront dans le public ou le privé. Dans le même temps, il veut encore augmenter les frais à l’université. Chaque annonce poursuit le même objectif : faire en sorte que les jeunes soient payés le moins possible et exploités le plus tôt possible.

Les lycéens ont raison de poursuivre le mouvement, mais la pression augmente. Comment construire une lutte capable d’infliger une défaite majeure à Macron ? Le budget 2027 prévoit au moins 54 milliards de coupes dans les services publics, tout en donnant 6,5 milliards de plus à l’armée. Le gouvernement va passer en force, probablement par ordonnances, sans vote ni possibilité d’amendement par les députés.

Jeunes et travailleurs : unissons-nous ! Construisons un mouvement de grève de masse !

Il faut élargir la lutte à l’ensemble des jeunes et des travailleurs pour construire une grève de masse et battre Macron. Ce qui manque encore pour faire basculer le rapport de force, c’est l’entrée massive et organisée des travailleurs dans le combat. L’expérience montre que les gouvernements sont stoppés lorsque les travailleurs se mobilisent, s’organisent et font grève durablement.

Les sujets de lutte ne manquent pas : vie chère, conditions de travail, services publics… Les grèves pour les salaires, les conditions de travail ou contre les licenciements sont nombreuses, mais souvent isolées faute d’un véritable plan de lutte syndical. Le potentiel existe pour changer cela.

Les luttes contre le racisme et pour le climat ont aussi davantage d’écho et de potentiel grâce à cette révolte. Il s’agit, au fond, de la même lutte contre le système capitaliste et la loi du profit. Des revendications audacieuses peuvent unir largement et alimenter les débats dans les assemblées générales de grévistes :

  • Des moyens réels pour l’éducation : 20 élèves par classe au maximum, aucune sélection ni frais à l’université.
  • Une augmentation des salaires d’au moins 300 € pour tous, immédiatement ; aucun revenu inférieur à 1 800 €.
  • La baisse puis le blocage des prix et des loyers.
  • L’abrogation de la TVA, de la CSG et des taxes injustes ; un impôt fortement progressif.
  • La fin des coupes budgétaires et des embauches massives dans les services publics, selon les besoins établis démocratiquement par des comités élus de travailleurs et d’usagers.
  • L’arrêt des suppressions d’emplois et des privatisations ; zéro licenciement et zéro fermeture de site.
  • La nationalisation des plus grandes entreprises — énergie, distribution, commerce, transports — et du système bancaire, sous le contrôle et la gestion démocratiques des travailleurs, en lien avec la population.

12-13-14 novembre : pour 3 jours consécutifs de grève !

Une majorité de travailleurs soutient les revendications des lycéens, mais ne voit pas encore le rôle qu’elle peut jouer ni comment agir efficacement. La grève du 5 novembre est une grève commune à tous les secteurs : elle doit être un début, une première démonstration de force.

Trois jours de grève consécutifs, avec des manifestations massives les 12, 13 et 14 novembre, peuvent ouvrir une véritable lutte de masse contre Macron et les capitalistes. Ils permettront de faire monter le rapport de force, d’aller d’entreprise en entreprise et de multiplier les assemblées générales dans les lieux de travail, les lycées et les universités. Ces assemblées pourront débattre des suites de la mobilisation, et élaborer des revendications propres à chaque lieu de travail ainsi que des revendications communes aux travailleurs et à la jeunesse.

Cette organisation collective renforcera les liens entre secteurs public et privé, entre travailleurs et jeunes déjà mobilisés, et avec celles et ceux qui ne le sont pas encore. Il faut des assemblées générales communes, ouvertes à toutes et tous, avec des délégués élus par les assemblées des entreprises, lycées et universités en grève, et des coordinations locales et nationales.

Reconstruire des syndicats combatifs !

Depuis les mobilisations contre la casse des retraites en 2023, les attaques et les gouvernements se sont succédé sans résistance à la hauteur des enjeux. Les directions des confédérations syndicales n’ont rien proposé, ce qui a entrainé trois « années blanches » sans appel à la grève tous ensemble. Des travailleurs et syndicalistes combatifs s’y sont opposés en proposant de construire une lutte d’ensemble et de renforcer le camp des travailleurs.

Or, la lutte actuelle révèle la nécessité de s’organiser. Avec les milliers de travailleurs qui soutiennent et rejoignent le mouvement, et les débats politiques qu’il suscite, la possibilité existe de reconstruire de véritables syndicats combatifs, outils de lutte contre l’exploitation capitaliste et l’idéologie dominante, y compris en leur sein.

Dehors ce pouvoir capitaliste !

Macron est un aventurier politique au service exclusif des grands capitalistes. Il n’a que le mépris et l’autoritarisme à opposer. Il préférerait mettre la moitié des lycéens et des syndicalistes en garde à vue et gouverner par ordonnance plutôt que de lâcher autre chose que des miettes ou de partir prématurément. C’est pourquoi il agite la menace de l’état d’urgence. Mais, comme le dit Mike Tyson : « Tout le monde a un plan… jusqu’au premier coup dans la figure » !

Nous sommes des millions en lutte, parce que nous n’en pouvons plus de la politique de Macron, mais aussi parce que le mouvement exprime, chez les jeunes et les travailleurs qui le soutiennent, l’exigence d’une politique au service de nos intérêts et de nos besoins. Cette exigence se heurte au système capitaliste, fondé sur l’exploitation de la grande majorité au profit d’une minorité et incapable de satisfaire les besoins de la population.

Jeunes et travailleurs, infligeons une défaite politique et mettons KO ce pouvoir !

Un mouvement de grève massif et déterminé peut faire reculer un gouvernement, même aussi dur que celui de Macron et sa clique capitaliste. Le camp des jeunes et des travailleurs doit être plus solide politiquement et aussi organisé que le pouvoir. Il nous faut une perspective : que mettre à la place de Macron, et quel pouvoir au service de qui ? L’organisation politique des travailleurs et des jeunes est centrale.

Dans le mouvement, parmi les jeunes et dans les quartiers populaires, le soutien à Mélenchon et à la France insoumise est considérable. LFI apparaît comme la première force qui soutient et construit le mouvement, résiste depuis dix ans à la politique de Macron et dénonce les ravages du capitalisme. La vague insoumise aux municipales de mars dernier et la situation internationale nourrissent l’idée d’un changement de pouvoir, à six mois de la présidentielle.

Dans cette situation, une grève massive peut faire émerger une voix politique indépendante des partis de la bourgeoisie : la droite, le RN et les macronistes, mais aussi le PS de Hollande et Glucksmann, qui sert lui aussi les intérêts de la bourgeoisie. Une majorité de ceux qui luttent sait qu’il est nécessaire d’appeler à voter et à faire campagne pour LFI face aux capitalistes et à leurs partis. Mais elle sait aussi que cela ne suffira pas : c’est pourquoi elle est entrée en lutte.

Nous avons besoin d’un outil politique solide pour nous organiser

L’appel à s’organiser dans le mouvement et dans les semaines à venir est crucial. Il doit être porté plus fermement et plus collectivement. Un véritable parti devrait mobiliser dans la rue et devant les entreprises, aider les travailleurs et les jeunes à rejoindre la lutte et les préparer au combat politique autour d’un programme combatif, en rupture avec le capitalisme.

Nous avons besoin d’un vrai parti pour lutter contre Macron, les capitalistes et le RN. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon devraient impulser et lancer un tel parti, réunissant travailleurs et jeunes qui veulent en finir avec le capitalisme, insoumis, militants communistes et syndicalistes combatifs, et jeunes en lutte. Rassemblés autour d’un programme de rupture avec le capitalisme et pour une société socialiste, nous serions bien plus forts pour résister aux attaques des capitalistes et contre-attaquer.

La perspective d’un gouvernement au service des travailleurs

Il nous faut un gouvernement aussi déterminé à défendre les intérêts des travailleurs, des jeunes et de la majorité de la population que Macron et Le Pen le sont à défendre la dictature des capitalistes et des ultra-riches. Un tel gouvernement des travailleurs devrait émaner des forces qui luttent aujourd’hui contre Macron, le RN et les capitalistes : d’abord avec des représentants élus des luttes des jeunes et des syndicalistes combatifs mais de nos organisations comme la France insoumise, et de militants communistes.

Pour en finir avec le capitalisme, luttons pour le socialisme !

Il y en a assez de la dictature de l’exploitation, des inégalités, du racisme, de l’oppression des femmes, de la guerre et la destruction de l’environnement. C’est le capitalisme qui entraîne tout ça et ce n’est qu’une véritable révolution socialiste de masse, dirigée par les travailleurs, qui pourra le renverser, en France et partout dans le monde. La Gauche Révolutionnaire, avec notre organisation internationale (le Comité pour une Internationale Ouvrière) construit le mouvement actuel, tout en luttant pour des syndicats combatifs et pour construire un parti de masse des travailleurs et des jeunes – tout en défendant notre programme pour une telle révolution, qui mette en place une société où l’ensemble des moyens de production sont nationalisés, en propriété publique et démocratique, qui fonctionne selon les besoins non plus pour faire des profits : cette société c’est le socialisme.

Rejoignez-nous pour mener ce combat avec nous ! Pour discuter et avoir plus d’informations, contactez-nous au 07.81.32.75.89 ou à contact@gaucherevolutionnaire.fr !