Zéro licenciement ! Mise en propriété publique des boites qui licencient !

Des plans de licenciement de dizaines, centaines, voire milliers de travailleurs sont annoncés tous les jours depuis plus de trois ans.

Les organisations syndicales, la CGT en tête, s’obstinent à courir, peine perdue, derrière des potentiels repreneurs. Cette stratégie n’est pas une solution car lorsque les capitalistes ont décidé de fermer une boîte, ils ne sont pas entravés par les tribunaux de commerce, comme à Polytechnil, Vencorex, Verrerie OI…

Les Fonderies de Bretagne (FDB) en sont un triste exemple : placées en liquidation judiciaire, la CGT fait de leur rachat par Europlasma sa plus grosse victoire en 2025. Le bilan, c’est qu’un an plus tard, les FDB sont de nouveau en liquidation judiciaire.

Ce schéma de collaboration de classe est de nouveau à l’ordre du jour avec Fibre Excellence, où Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a demandé au milliardaire Matthieu Pigasse de racheter l’entreprise !

Les nationalisations : une revendication centrale pour stopper les licenciements

Cette revendication est boudée par les organisations d’« extrême gauche » comme le NPA-R et Lutte Ouvrière qui vont jusqu’à s’y opposer en prenant pour exemple les deux votes de l’Assemblée Nationale pour la nationalisation d’Arcelor. C’est vrai que cette nationalisation n’a concrètement que peu de chances de voir le jour, car le Sénat et les capitalistes n’en veulent pas. Nous sommes d’accord aussi pour dire que les nationalisations d’entreprises par les gouvernements bourgeois se font pour préserver les profits des capitalistes : une fois remises à flot après restructuration, les entreprises nationalisées sont de nouveau privatisées, processus en cours à EDF et la SNCF.

Avoir une politique indépendante de classe, ce n’est pas courir derrière les capitalistes et l’État bourgeois, mais développer un programme transitoire qui permet aux travailleurs de se doter de l’objectif politique de les exproprier par une mise en propriété publique pour instaurer un contrôle démocratique par les travailleurs eux-mêmes.

Les organisations syndicales devraient organiser un plan de lutte pour la nationalisation et le contrôle ouvrier des boites qui licencient avec le mot d’ordre : zéro licenciements !

Il faudrait un premier appel à la grève des confédérations dès la rentrée pour stopper la casse des emplois, en appelant les travailleurs à s’organiser en AG à l’échelle locale, régionale et nationale, appeler les travailleurs des boites publiques et privées qui les environnent à les soutenir et élargir les revendications, pour l’augmentation des salaires, pour des services publics de qualité, du boulot et un toit pour tous.

Article paru dans L’Égalité n°235, par Mathieu