
Les résultats du vote des adhérents du PCF le 6 septembre, montrent une situation plus contrastée que ne le laissent paraître les 72,06 % pour la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2027.
Ces 72,06 % constituent un recul par rapport à la consultation de 2022, lors de laquelle F. Roussel avait obtenu 82,32 % des voix. Mais avec un taux de participation de 64,09 %, un vote contre sa candidature de 22 % et 5,94 % d’abstention, le candidat de l’appareil n’a, en réalité, recueilli l’assentiment que de 45,9 % des adhérents du parti. On est très loin des scores historiques !
Un nombre croissant d’adhérents n’est pas d’accord avec la politique de la direction et l’a montré en votant contre. Une autre partie l’a signifié passivement en ne participant pas au vote. F. Roussel — premier artisan de cette politique à son profit — est donc minoritaire. Ce qui détermine la ligne de la direction du PCF n’est pas la défense des intérêts généraux de la classe ouvrière, mais la survie de l’appareil. Dans Le Manifeste du Parti communiste, Marx écrivait que les communistes « n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat » ; or, au PCF, le découplage entre les intérêts de la classe et ceux de l’appareil est total et, pour tout dire, ces derniers priment sur les premiers.
Pendant des décennies, le PCF s’est mis à la remorque du PS malgré sa politique antisociale, au point d’être entraîné par le fond par la social-démocratie reconvertie en parti bourgeois. Après avoir été satellisé par le PS, l’appareil du PCF se rebiffe en jouant la carte du sectarisme et refuse de l’être par La France insoumise (LFI), mouvement qui s’oppose à la politique de Macron et qui a le vent en poupe.
Le recul du PCF se traduit aussi dans le nombre d’adhérents, en baisse, passant de 69 227 en 2011 à 37 288 en 2026, soit une chute de 46,14 % des effectifs du parti. C’est peut-être bien le résultat de toute cette politique.
Article paru dans L’Égalité n°236 par Yann Venier
