La nomination début mars d’un ancien commandant des YPG au ministère syrien de la Défense, en charge de la région Est contrôlée par les Kurdes, a été présentée comme un signe d’ouverture qui masque mal une volonté de contrôle autoritaire. En réalité, elle s’inscrit dans une stratégie du gouvernement syrien : absorber les structures kurdes tout en neutralisant leur autonomie politique et militaire. L’intégration des combattants kurdes dans l’armée nationale se fait individuellement, sans maintien de leurs cadres, de leurs pratiques démocratiques internes ou de leur identité politique. De plus, Erdogan en Turquie fera tout pour affaiblir une possibilité d’État kurde dans la région.
Un enjeu régional

Les États-Unis, après avoir utilisé puis abandonné les Kurdes de Syrie à plusieurs reprises, semblent vouloir reproduire le même schéma en Iran. Dans le contexte de la guerre régionale, Trump voit dans les partis kurdes iraniens un potentiel relai local dans la guerre qu’il a lancée avec Netanyahu contre l’Iran. En réponse, l’Iran multiplie les frappes dites « préventives » contre les Kurdes en Irak.
L’avenir kurde ne se construira pas dans les couloirs des ministères occidentaux
L’histoire récente montre pourtant que les alliances avec les impérialistes ne débouchent jamais sur une véritable autodétermination. Les Kurdes de Syrie ont vu les promesses d’autonomie s’évaporer dès que les priorités américaines ont changé. Ceux d’Irak et d’Iran subissent tour à tour instrumentalisation, répression ou abandon selon les besoins du moment.
Face à ces trahisons répétées, une perspective se dessine : les aspirations nationales kurdes ne pourront se réaliser durablement que dans la lutte contre les capitalistes et les impérialistes, pour l’unité de travailleurs et des masses pauvres, pour une société socialiste. Les classes ouvrières, les masses pauvres arabes, kurdes, perses ou turques partagent des intérêts communs face aux régimes autoritaires régionaux comme aux puissances impérialistes. C’est seulement dans cette dynamique que peut émerger une véritable autodétermination.
Article publié dans L’Égalité n°233 (avril-mai 2026), par Leïla Messaoudi
