Violences faites aux femmes : loi intégrale ? Mais pas trop…

Derrière les grandes déclarations sur la lutte contre les violences, les coupes budgétaires n’ont jamais cessé. En juin 2026, la Fondation des Femmes publiait un bilan. Il manquait 31,6 millions d’euros pour permettre aux associations de poursuivre leurs actions, soit 45 % des ressources nécessaires. Aujourd’hui, l’hypocrisie et les mensonges de Macron ne passent plus. Après l’affaire Lyhanna, des mobilisations s’organisent les lundis soirs à l’appel des d’associations de défense des droits des femmes et de ceux des enfants.

Une proposition de « loi intégrale », portée par des députés PS et une partie des députés macronistes, est discutée cet automne à l’Assemblée. Que peut-on en attendre ? Que revendiquer pour lutter efficacement contre les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes ?

Loi « intégrale » de 3 milliards dans un budget d’austérité ?

Nous ne sommes pas naïfs : le budget prévoit 28 milliards de coupes dans les services publics ! Où sont les 3 milliards promis pour les femmes et les enfants ? Depuis quelques semaines, sentant l’entourloupe, les associations demandent une loi intégrale mais avec un budget intégral !

Cependant, des points de la proposition de loi questionnent. Certaines mesures portées par les associations et la CGT sont reprises dans le texte, mais celles qui nécessitent d’investir dans les services publics en sont absentes car la droite et les macronistes ne les signeraient pas. Et sur le plan judiciaire, entre la première version et celle du 11 août, l’article supprimant les cours criminelles départementales a disparu. Leur suppression est une revendication historique des associations de défense des victimes, qui refusent qu’elles se substituent aux cours d’assises pour juger les crimes, notamment les viols. L’aide sociale à l’enfance, pourtant dans un état de dégradation majeur, n’est pas évoquée non plus.

Politique de Macron qu’il faut combattre ensemble !

Rien ne garantit que cette loi sera accompagnée d’un budget ni qu’elle ne deviendra pas une loi fourre-tout, voir de compromission, sans moyens pour défendre réellement les victimes.
Comment imposer nos droits ? Les associations et les syndicats de travailleur-ses devraient appeler et mobiliser pour que la revendication immédiate de 3 milliards pour les services publics et les associations soit partie intégrante d’un plan de lutte et de la journée de grève du 29 septembre ! Stop aux budgets d’austérité ! Des services publics à la hauteur des besoins !

Article paru dans L’Égalité n°236, par Leïla Messaoudi