Les directions syndicales ne font toujours rien !? Billet d’humeur

Ça fait longtemps que les directions syndicales sont aux abonnés absents : elles laissent passer toutes les attaques de Macron.

Leur inaction a permis à Lecornu de s’entendre avec le PS sur le décalage de la réforme des retraites en échange d’un budget d’austérité 2026 regroupant plusieurs dizaines de milliards d’euros de coupes dans les services publics.

En décembre, le vote du budget de la Sécurité Sociale était déjà une destruction acharnée des hôpitaux et une régression globale de la prise en charge des frais de santé, avec l’abstention d’EELV, le vote pour du PS et le tout avec l’aval des directions syndicales.

Au cours des dernières élections, les directions syndicales ont appelé de leurs vœux les travailleurs à aller voter. La CGT proposait même dix mesures programmatiques aux candidats des élections municipales tout en martelant qu’aucune voix ne devait aller à l’extrême droite. La quasi-totalité des dix mesures laissaient les mains libres au privé pour gérer les services publics de proximité. Un programme plutôt calé pour être porté par l’union des gauches, au moins en parole. Pourtant entre les deux tours, la CGT a appelé la droite à ne pas s’allier avec l’extrême droite au nom de « l’arc républicain ». Cette attitude est la négation du principe même de la lutte des classes.

Des directions toujours sans perspectives

Après une année quasi-blanche en termes de mobilisation interprofessionnelle, et dans « la suite » du 8 mars, les directions syndicales n’ont comme perspectives à proposer que le 1er mai pour faire une démonstration et aimeraient attendre que l’été arrive tranquillement pour sortir la crème solaire !
Pour autant, les grèves des travailleurs recommencent à avoir de la visibilité. Cette poussée fiévreuse pour s’opposer aux conditions objectives de destruction de la qualité de vie et de travail peut contraindre le calendrier des bureaucrates. Il faut organiser un courant combatif dans les structures syndicales car l’objectif des directions est d‘étouffer la combativité des travailleurs comme elles ont stoppé « Bloquons tout ! ».

Un appel à la grève interprofessionnelle de 24h pour imposer le blocage des prix sur les produits de 1ère nécessité dont l’énergie, l’échelle mobile des salaires pour compenser l’inflation, la mise en propriété publique sans indemnisation des boites qui licencient est au centre des enjeux de la crise qui s’étend dans cette nouvelle période. Le socialisme est l’unique choix possible face à la barbarie du capital qui s’étend à travers le globe.

Article publié dans L’Égalité n°233 (avril-mai 2026), par Mathieu