Directions syndicales : pourquoi ils ne font rien ?

Alors que nous avions connu deux « années blanches » en termes de luttes interprofessionnelles, la classe ouvrière a cherché, à nouveau, les chemins de la lutte avec la date de mobilisation du 10 septembre. Pour une première, ce fut un succès. La date avait été boudée par les directions confédérales, mais reprise en charge par des équipes syndicales combatives.

En appelant à une journée de grève le 18 septembre, les directions syndicales espéraient concurrencer le 10 septembre. En même temps, elles concédaient une nouvelle date de grève. Mais clairement, les directions syndicales y sont allées à reculons, n’impulsant aucune dynamique crédible pour mobiliser, sans revendications qui s’attaquent frontalement aux intérêts des capitalistes.

Dès lors, les dates suivantes, le 2 octobre et plus encore en décembre, furent des véritables échecs, à contretemps du rythme de la lutte des classes.

Le pacte de stabilité avec le gouvernement

Cette attitude des directions syndicales, qui en a étonné plus d’un, montre qu’elles ont fait le choix de la stabilité, plutôt que le risque de mobilisations et journées de grèves non contrôlées. Cela a été davantage mis en lumière quand les directions confédérales, de la CGT ou de la CFDT, ont déclaré qu’elles n’étaient pas là pour faire tomber le gouvernement : il valait mieux avoir un interlocuteur pour négocier.

Les syndicats devraient être les outils de base de défense des intérêts des travailleur-ses. Mais, comme toujours, les directions syndicales confédérales se sont donc positionnées en intermédiaire nécessaire entre les représentants politiques du capital et la classe ouvrière. Un rouage de l’ordre politique bourgeois cherchant à concilier les intérêts de la classe ouvrière avec ceux de la bourgeoisie. C’est de ce rôle d’intermédiaire obligatoire, que découlent des petits privilèges, et la bureaucratie. On voit que cela détermine, en ce moment, en premier, leur orientation syndicale.

Mais au-delà de ça, les directions syndicales ont de la méfiance envers les travailleurs et les travailleuses. Elles passent leur temps à dire qu’ils ne seraient pas prêts (pas assez organisés, pas assez formés, pas assez conscients de leurs propres intérêts et des moyens pour les défendre, etc.). En réalité, elles nourrissent ce manque de conscience de classe car elles n’ont pas de programme marxiste à proposer pour lutter contre les capitalistes et tout ça tourne en rond. Ils acceptent donc d’être des co-gestionnaires du système, ce qui induit une orientation de collaboration de classe avec Macron et les patrons.

À rebours de cette orientation, les militants syndicaux de la Gauche Révolutionnaire luttent pour des syndicats de combat contre le capital, pour faire du slogan, bien connu à la CGT : pour « un syndicalisme de lutte, de classe et de masse », une réalité.

Article paru dans l’Égalité n°232, par Yann Venier