Les incendies dévastateurs de cet été nous ont appris deux choses. Premièrement, les effets du dérèglement climatique sont violents, intenses et imprévisibles (leur développement et leurs effets dépassent parfois les prédictions). Secondement, les capitalistes sont incapables de gérer correctement cette situation, voire ils nous enlèvent les moyens de l’affronter. On l’a bien vu, les pompiers manquent cruellement de moyens, que ce soit en termes de matériel ou d’effectifs. Cette situation les met en danger et a certainement contribué au bilan catastrophique de cet été : 4 pompiers morts et près d’un millier de blessés !
Les incendies de 2022 en Gironde auraient dû servir de leçon. Mais non, la politique d’austérité de Macron et de ses gouvernements, coupe toujours plus dans les services publics (-53 millions d’ € de budget pour la sécurité civile) ce qui n’a pas permis d’acheter les deux Canadairs prévus, entre autres.
Exploiter la nature à tout prix
La gestion des biens communs (forêts, eau, etc.) est également gangrenée par cette logique du profit des capitalistes, qui, de la même manière qu’elle exploite la force de travail, exploite également chaque ressource naturelle qui lui est utile. La privation de l’eau par les agro-capitalistes et leurs méga-bassines (eau qui s’évapore d’ailleurs à cause des fortes chaleurs…), la poursuite de la monoculture du pin (extrêmement inflammable) vouée à l’industrie, ainsi qu’une mauvaise gestion de l’entretien des forêts, constituent des éléments augmentant les risques qu’une telle catastrophe se développe. Et avec les canicules à répétition, les forêts deviennent de véritables poudrières.
Écologie et lutte des classes
Ce sont donc les agriculteurs, les travailleurs et les bénévoles qui ont dû faire face à ce désastre, aux côtés des pompiers en sous-effectif. Sans parler des habitants du Porge qui ont vu leur maison brûlée, parce que des consignes auraient été données de privilégier les villas du Cap Ferret. Nous soutenons leurs luttes. La crise climatique est en effet une lutte des classes, dont les travailleurs, les travailleuses et la jeunesse doivent s’emparer. Il s’agit de mettre un terme aux politiques bourgeoises qui détruisent la nature et nous laissent nous débrouiller avec les moyens du bord.
Luttons pour :
- Une prise en charge de la reconstruction des habitations et l’indemnisation complète des travailleurs‑euses n’ayant pas pu se rendre sur leur lieu de travail
- Des casernes en nombre suffisant, plus de professionnels (sapeurs-pompiers, agents des filières techniques et administratives) et la révision du statut des volontaires.
- Contre les coupes budgétaires et pour de réels services publics (protection civile mais aussi gestion de l’eau, entretien des forêts, etc.) sous la gestion et le contrôle des travailleurs
- Pour la fin du système capitaliste et de son mode de production qui mettent en danger notre santé, notre vie et notre futur.
Article paru dans L’Égalité n°236, par Eliott

