Déclaration de la Gauche Révolutionnaire après le second tour des municipales

Une dynamique confirmée, une polarisation qui s’accentue

Le second tour des élections municipales confirme et amplifie les tendances observées au premier tour (lire notre déclaration) : une profonde colère sociale, un rejet massif des politiques d’austérité, et une polarisation politique qui s’enracine dans les quartiers populaires comme dans les anciennes villes ouvrières. Le dégoût de la politique des partis capitalistes traditionnels s’exprime dans une abstention record (hors Covid), à 43 % – 10 points de plus qu’en 2001.

Malgré les manœuvres du PS, des macronistes et de la droite, les listes de la France insoumise et les listes combatives ont progressé entre les deux tours, parfois de manière spectaculaire. Dans plusieurs villes, là où les listes LFI se sont maintenues, elles ont gagné des voix, montrant qu’un ancrage populaire existe et peut se renforcer dès qu’une alternative claire est présente. À Marseille, la FI s’est maintenue au 2nd tour dans 4 secteurs et y a obtenu près de 2 200 voix en plus. Les listes insoumises remportent des centaines de conseillers municipaux et 8 villes : St-Denis/Pierrefitte et La Courneuve (93), Roubaix (59), Vénissieux, Saint-Fons et Vaulx-en-Velin (69), Creil (60) ainsi que Le Tampon (974).

Cette progression montre que la colère sociale cherche un débouché politique clair, indépendant du PS et de la « gauche » qui accepte ou défend le capitalisme.

Le PS : un parti toujours plus ouvertement aligné sur les intérêts de la bourgeoisie

Le second tour a mis en lumière un phénomène significatif : le vote bourgeois pour le PS dans plusieurs grandes villes, notamment à Lille. La bourgeoisie a voté PS… parce qu’elle a senti la menace FI sur cette grosse ville.

Le PS a confirmé qu’il n’est plus vraiment perçu un rempart contre le RN, ni ne se distingue trop de la droite, même localement. À Marseille, son coup de force pour empêcher la présence de LFI au conseil municipal en est l’illustration la plus brutale. Le PS a préféré affaiblir l’opposition populaire et anti-austérité plutôt que de construire un front réel contre l’extrême droite.

De 850 listes aux municipales de 2008, le PS n’en a présenté que 85 cette année, ayant dû se planquer dans des listes de pseudo-union de la gauche dans de nombreuses villes. Ces élections confirment que pour la majorité des jeunes et des travailleurs, le PS n’est plus un parti du camp des travailleurs, mais un gestionnaire loyal des intérêts des classes dominantes, prêt à toutes les manœuvres pour conserver ses positions. Eux et leurs alliés en payent le prix dans les urnes. Entre 2008 et aujourd’hui, PS-PCF-Verts-etc. ont perdu 15 000 sièges.

Le RN : un danger réel, qui ne peut être battu que par la mobilisation

Le RN progresse dans plusieurs villes, mais son implantation reste fragile dans les grandes métropoles. Le RN aussi a largement manigancé, avec des bouts de LR ou d’autres groupes de droite, pour placer ses billes et arriver aux affaires. En fait, il a eu 108 000 voix de moins qu’en 2014 sur ses listes propres. Là ils ont été réélus, c’est parce que leurs élus sont devenus des barons locaux – au même titre que la droite. Pas un seul d’entre eux ne représente une opposition à la politique de Macron.

Là où il a menacé réellement de prendre des villes, comme à Marseille, seule la mobilisation des travailleurs et des jeunes, des organisations du mouvement ouvrier peut mettre un terme à la menace du RN, pas les arrangements électoraux du PS. Si des fusions techniques peuvent être un outil pour empêcher leur élection, elles ne constituent en rien une réponse politique.

Le RN ne sera vraiment battu que par une mobilisation des habitants, des travailleurs et des jeunes, axée sur des revendications sociales concrètes.

LFI : percées, ancrage et responsabilités

Les résultats du second tour confirment que LFI devient la force politique centrale dans de nombreuses villes populaires, y compris dans les villes de l’ancienne « ceinture rouge ». La conquête de villes comme Saint-Denis, la progression à Marseille dans les secteurs où la liste s’est maintenue ; les 593 sièges gagnés dans les conseils municipaux montrent une dynamique profonde.

Cette dynamique pose une question stratégique : quelle force politique peut réellement porter les aspirations sociales qui s’expriment ?

Avoir des programmes électoraux c’est bien, surtout quand ils se posent en alternative face à la fausse gauche qui mène les coupes sociales dans les villes et sert la soupe à Macron-Lecornu à l’Assemblée nationale. Maintenant, pour stopper la politique du gouvernement et du patronat, il nous faut un parti politique à nous, les travailleurs, les jeunes… où on puisse militer, discuter : comment construire la riposte face à Macron, qu’est-ce qu’on défend dans nos syndicats pour qu’ils engagent la bataille, quelle société à la place du capitalisme et sa dictature du profit pour satisfaire les besoins…

LFI devra démontrer, dans les villes qu’elle dirige et là où elle est fortement implantée, qu’elle peut mener des politiques anti-austérité, en rupture avec les logiques de gestion pour les capitalistes. Le premier budget municipal sera un test décisif !

Avec la Gauche Révolutionnaire : construire une force de lutte contre Macron et le capitalisme

Partout, des travailleurs, des jeunes, des syndicalistes ont suivi avec attention ces élections et veulent discuter de la suite. Décidons Petit-Quevilly, la liste populaire et insoumise avec Leïla Messaoudi de la Gauche Révolutionnaire, a plus que doublé ses voix et obtenu trois élu·es combatif·ves. Portée par un collectif qui a milité depuis 2020 sur la ville, la campagne claire, sociale, combative, indépendante du PS, a pu convaincre plus largement parmi les habitants et les travailleurs. Et la campagne a montré que pour une partie significative, ils sont disponibles pour se regrouper, lutter et gagner des mesures qui leur sont favorables.

Le collectif Décidons Petit-Quevilly a donc installé une certaine implantation, comme doivent le faire toutes les forces militantes qui veulent en finir avec les politiques qui font l’austérité et la crise pour nous, et les profits pour les capitalistes.

Ce qu’il faut maintenant : organisation et mobilisation !

Les tensions sociales, les colères dans les quartiers, les risques d’explosions sociales montrent que la situation est instable et peut basculer rapidement. La dernière année du mandat Macron doit être une année de luttes.

Nous appelons :

  • À s’organiser dans les quartiers, les lieux de travail, les établissements scolaires.
  • À organiser un réseau d’élu·es combatif·ves contre les coupes budgétaires.
  • À soutenir les municipalités combatives et mettre la pression sur celles qui hésitent, avec les habitantes, toutes les forces combatives du mouvement ouvrier et les jeunes mobilisés.
  • À renforcer la Gauche Révolutionnaire, à militer avec nous pour construire une organisation politique révolutionnaire, internationaliste, qui lutte pour le socialisme contre le capitalisme.

Rejoignez-nous !

C’est le moment de s’organiser, de discuter, de rejoindre la Gauche Révolutionnaire pour préparer les luttes à venir et construire le parti de masse pour le socialisme dont les travailleurs et les jeunes ont besoin. Contactez-nous au +33781327589 (tel / SMS / Whatsapp / Telegram / Signal) ou par mail : contact@gaucherevolutionnaire.fr