L’élection du 6 septembre en Saxe-Anhalt a été remporté à 44 % par l’AfD (Alternative pour l’Allemagne). C’est une déflagration dans le monde politique pour certains, puisque c’est la première fois que l’extrême-droite pourrait diriger un Land (une région) en Allemagne depuis 1945. Mais en réalité ce succès électoral était prévisible.
La crise économique qui profite à l’AfD
La croissance économique allemande est quasiment au point mort, avec +0,3 % pour le dernier trimestre. Cela cause une diminution des profits pour les capitalistes, qui préfèrent fermer des usines et licencier massivement. C’est le cas chez Volkswagen, en perte de vitesse sur le marché de l’automobile mondial, et qui vient de supprimer de 50 000 emplois supplémentaires, afin d’atteindre 100 000 travailleurs licenciés d’ici 2030. Cela va encore aggraver le chômage, qui est déjà à 6,5 % officiellement dans le pays.
Cela explique aussi le fort score de l’AfD, en surfant sur le ras-le-bol des travailleurs contre les conditions de vie qui se détériorent, les coupes budgétaires, les licenciements et les prix qui augmentent, mais aussi sur la méfiance contre les précédents gouvernements qui ont tous appliqué des politiques pro-capitalistes.
Pour une lutte massive contre le racisme et le capitalisme !
Des manifestation de milliers de personnes ont déjà eu lieu juste après le succès de l’AfD. Par la suite, il faut construire une mobilisation de masse des travailleurs et des jeunes contre l’AfD, mais aussi contre tous les autres partis composant le gouvernement fédéral et leur politique capitaliste et raciste. Si des luttes et grèves massives pour l’augmentation des salaires, des services publics de qualité, la lutte contre les licenciements prennent de l’ampleur, et que le parti de gauche Die Linke et les syndicats y appellent et font campagne ensemble, l’influence de l’AfD reculera. Et la question de construire un véritable parti des travailleurs de masse avec un programme socialiste se posera.
Article paru dans L’Égalité n°236, par Elémiah

