
Ce 12 mars, devant le site d’Orange à Albi, les techniciens et leurs représentants ont porté un message sans ambiguïté : Max-Intervention / FSM, c’est non !
Ancien fleuron du service public, privatisé en 2004 au nom de la concurrence et de la rentabilité, Orange illustre aujourd’hui les conséquences d’un choix politique : transformation d’un service essentiel en machine à profits. Depuis cette privatisation, les salariés subissent restructurations permanentes, suppressions de postes, intensification du travail et pression, tandis que les exigences financières des actionnaires dictent l’organisation quotidienne du travail.
Dans un marché dérégulé où la concurrence se fait au détriment des travailleurs — sous-traitance en cascade, précarité et contrats à bas coût — la direction d’Orange répond par une fuite en avant managériale. Surveillance accrue, objectifs irréalistes et déploiement d’outils d’intelligence artificielle servent désormais à contrôler davantage les techniciens tout en réduisant les effectifs. Produire plus, plus vite, avec moins de personnel : telle est la logique imposée.
Soutenus par la CGT, les techniciens grévistes dénoncent la Field Management Strategy (FSM) comme une nouvelle étape dans l’industrialisation et la déshumanisation de leur métier. Pour eux, il ne s’agit pas d’une simple réforme interne mais d’un symbole : celui d’un service public sacrifié sur l’autel du marché.
Leur mobilisation porte des revendications claires : embauches, formation, arrêt de la surveillance généralisée et reconnaissance du rôle essentiel des techniciens. Mais au-delà des revendications immédiates, c’est une question politique plus large qui est posée : peut-on garantir un service universel de qualité lorsque les infrastructures collectives sont soumises aux logiques du profit privé ?
À Albi, les grévistes rappellent que les télécommunications ne sont pas une marchandise comme une autre. Elles constituent un bien commun, construit par des générations de travailleurs et financé par la collectivité — et dont la privatisation continue aujourd’hui de faire payer le prix aux salariés comme aux usagers.
